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Protéger l’environnement extra-terrestre, une histoire de guerre froide

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Comment, les États conçoivent-ils leur droit vis-à-vis de l'espace ? Les ressources extra-terrestres sont-elles la propriété de tous, de quelques-uns, de personne ? Autant de questions sur lesquelles les terriens se sont récemment penchés, ont statué, se sont accordés. Oui mais ...

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fStop Images - Caspar Benson Crédits : Getty

Le 27 janvier 1967, l’Union soviétique, les États-Unis et le Royaume-Uni se réunissent sous l’égide des Nations Unies pour signer un accord de cohabitation pacifique dans l’espace, joliment intitulé en français : Traité sur les principes régissant les activités des États en matière d'exploration et d'utilisation de l'espace extra-atmosphérique, y compris la Lune et les autres corps céleste.  

En pleine guerre du Vietnam, qui avait nettement tendu les relations Est-Ouest, que s’était-il passé ? Il ne s’agissait pas d’une crise de sagesse aigüe mais de protéger un espace d’incertitude. A peine cinq ans après la crise des missiles de Cuba, au cours de laquelle on avait été à deux doigts d’une nouvelle guerre mondiale et cette fois pleinement nucléaire, si la prochaine tension des relations internationale prenait une dimension interplanétaire, le téléphone rouge ne suffirait plus à rompre l’escalade.  

L’humanité envisage depuis peu de pouvoir se déployer dans l’espace extra-terrestre et l’on craint qu’elle y emporte avec elle ses mauvaises habitudes à l’échelle atmosphérique.  

Les juristes se livrent alors à un exercice de prévision des possibles à venir sur les usages du ciel lointain. Les négociations se passent parfaitement bien, au plus grand étonnement de toutes les parties en présence. Pas facile pour les États signataires de prendre la mesure de ce à quoi ils renoncent, même si les possibilités sont grandes, on n’en connait pas encore toute l’envergure, et la science-fiction, qui imagine des pique-niques sur Mars et des vacances sur Vénus, a probablement ses limites. Mais la course est déclarée dans la conquête de l’espace et les Soviétiques comme les États-uniens craignent de se faire doubler et de se voir interdire ces nouveaux horizons. Lorsqu’Armstrong mettra le pied sur la Lune il ne pourra donc pas la déclarer zone d’influence américaine.  

Les experts des Nations unies déclarent que le statut de la Lune revient à un concept légal de res nullius, qui signifie que personne ne peut se l’approprier. Pas de souveraineté envisageable donc sur les planètes voisines de la terre mais une responsabilité collective affirmée : si les missions d’observation sont encouragées, la construction de bases militaires et de fortifications est interdite et il faut faire le ménage après son passage : le traité impose que les machines et le matériel utilisés ne se transforme pas en poubelles spatiales.  

La vigilance aussi est prescrite pour éviter la contamination entre la terre et les environnements spatiaux afin d’éviter les pandémies extra-terrestres et l’éventuelle éradication des martiens comme décrite dans La guerre des mondes d’H.G. Wells. Dans cet espace pacifique libre d’accès, les astronautes sont considérés comme les ambassadeurs de l’humanité, et sont à ce titre protégés. S’il arrivait que l’un d’eux tombe dans un jardin étranger, il faudrait rendre l’astronaute et son vaisseau égarés à ses propriétaires sans discuter.  

Depuis la fin de la guerre froide le Traité de l’espace est considéré comme un frein à l’exploitation industrielle et, en novembre 2015, une loi américaine, le SPACE Act, a rompu unilatéralement l’accord de 1967 pour autoriser l’exploitation commerciale des ressources de l'espace.  

Retour à la case départ sur la conscience environnementale extraterrestre. 

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