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Olivia Colman, The Crown - Saison 3

La famille royale d’Angleterre, une espèce menacée ?

4 min
À retrouver dans l'émission

Payer ses factures une couronne sur la tête... ou le douloureux apprentissage médiatique de la famille royale d’Angleterre

Olivia Colman, The Crown - Saison 3
Olivia Colman, The Crown - Saison 3 Crédits : Netflix

Alors que le prince Andrew n’en finit plus de se dépêtrer de l’affaire Epstein - après son interview calamiteuse qui a laissé le public atterré et la famille royale avec - cette semaine est aussi marquée par le lancement de la 3e saison de The Crown, LA série biographique consacrée à Elizabeth II, grand-mère du prince. Difficile de nourrir l’arc dramatique alors qu’Elizabeth se mure progressivement dans une apathie qui peine à saisir les soubresauts du monde. Les scénaristes changent donc d’héroïne, c’est le régime monarchique itself qui campe le personnage central de cette 3e saison car la royauté est en péril !  Dans le 4e épisode, on découvre les balbutiements douloureux de l’apprentissage médiatique de la famille royale.

Le dérapage médiatique de Philippe, duc d’Édimbourg

En 1969, le duc d'Édimbourg se plaint lors d’une interview donnée à la télévision américaine des fins de mois difficiles de la famille royale. Car c’est terrible, la reine n’a pas été augmentée depuis quinze ans…. En pleine crise économique, la bourde ne passe pas inaperçue et provoque un débat enfiévré sur l’utilité de la famille royale et le bien-fondé de financer une institution anachronique coupée des réalités sociales du pays. Pour réparer son dérapage, Philippe, grand défenseur de la modernité et pourvu d’une absence totale de conscience sociale, se lance dans une campagne médiatique afin de redorer l’image de la Couronne aux yeux des Britanniques et lance le tournage d’un documentaire afin d’aller chercher leur indulgence en leur montrant une famille ordinaire, royale mais laborieuse, un bon investissement pour la nation. Noël en famille - mais au château de Windsor - le barbecue du dimanche - mais à Balmoral : l’entreprise était périlleuse. On pouffe de rire, encouragé par l’acidité coutumière de la sœur indigne de la reine, la princesse Margareth.

Le documentaire bat des records d’audience mais échoue en revanche à démontrer la normalité d'une famille royale et déclenche une pluie de quolibets. Elizabeth retrouve dès lors l’attitude qu’elle ne lâchera plus : celle d'une statue de sel vêtue de pastel.

Pour la monarchie britannique, un baptême du feu télévisuel cuisant

Mais cela n’a pas pour autant aidé les Républicains, qui ont pris conscience de la portée de ce nouveau divertissement, des recettes du documentaire animalier consacrées à la vie d’une famille rythmée par des rituels obsolètes. On en a repris pour au moins une ou deux décennies de monarchie, et bien plus encore !

Sur ordre de la Reine, le documentaire est rangé dans un tiroir et les attachés de presse comprennent la leçon : ils contrôleront désormais avec acuité l’image de la famille royale. Car une fois passé cet épisode comique, cette 3e saison de The Crown évite entre les sujets qui pourraient fâcher :  rien sur le conflit irlandais en ébullition dans ces années 1960 et 70 - on concède seulement un épisode sur les revendications  du Pays de Galles mais le Prince Charles parvient à dépasser les clivages politiques en faisant fondre le cœur des sujets les plus récalcitrants. Si la monarchie a été en péril, elle est sauvée - pour quelques temps au moins - sur Netflix. 

Anaïs Kien

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