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"Lui", caricature de Mussolini, "L'âne", 1924

Y'a-t-il de bons dictateurs?

3 min
À retrouver dans l'émission

Francesco Filippi dans son ouvrage "Y a-t-il de bons dictateurs ? Mussolini une amnésie historique", démonte les mythes d'un fascisme italien que certains qualifierait de "bienveillant". Un ouvrage qui s'adresse au grand public , un manuel d'historien qui lutte contre la réécriture de l'Histoire.

"Lui", caricature de Mussolini, "L'âne", 1924
"Lui", caricature de Mussolini, "L'âne", 1924 Crédits : Gabriele Galantara

Faire un sort aux fake news historiques c’est la tâche que s’est attribué Francesco Filippi contre les réhabilitations douteuses de Mussolini. « Mussolini a aussi fait de bonnes choses », c’est le titre du bestseller de Francesco Filippi en Italie, rebaptisé « Y a-t-il de bons dictateurs ? Mussolini une amnésie historique » dans sa traduction française, qui paraît cette semaine. Si le titre original est sarcastique, l’intention de l’auteur ne l’est pas, qui a pour ambition de mettre à disposition d’un large public les données historiques nécessaires à démonter les mythes fondateurs d’un fascisme bienfaiteur, d’un Mussolini « bon » dictateur, poussé aux extrêmes par Hitler. Autrement dit, la vulgate qui insinue que, comparé au nazisme et au stalinisme, le fascisme, c’était pas si terrible !  

Francesco Filippi reprend les acceptions courantes sur le fascisme italien que la recherche universitaire a malmenées sans parvenir à être entendue du public. L'historien y rappelle que si les lois raciales ne sont promulguées qu’en 1938, elles sont l’aboutissement d’une politique de plus longue date et que non, les Italiens ne doivent ni leurs pensions de retraite ni l'invention des HLM à l’esprit social de Mussolini.  

Il faut rappeler pour bien comprendre la nécessité de cette ouvrages le déluge de falsifications sur l’héritage de la période fasciste qui se sont abattues dans la sphère publique en Italie et notamment lors des élections européennes de l’année dernière et les reprises pas toujours subtiles de citations ou de références de Matteo Salvini directement au Duce. Sans défendre un programme fasciste la stature de grand homme semblait devoir passer par ses habits. Un descendant de la famille Jules César Mussolini, si si, on reconnaîtra le goût pour l’antique de la famille ne s’est d’ailleurs pas encombré de condamnations sans appel lorsque les médias l’interrogeaient sur l’héritage politique de son aïeul.  

Filippi a conçu son ouvrage comme un manuel d’auto-défense destiné à tous ceux qui pourraient se trouver à court d’arguments. Pour ceux qui se trouve un peu à court d’arguments lors des dîners entre amis pour contribuer à « empêcher d’empoisonner la mémoire, et, à travers elle, la perception du présent ». Car Mussolini est une figure bien pratique pour décrire un passé moins sombre que dit et proposer au pessimisme ambiant une histoire falsifiée mais rassurante. C’est dans l’édification d’émotions réconfortantes que la victoire de ces rumeurs historiques gagne leur amplitude et leur force de frappe. Rappelons de concert avec Francesco Filippi, que sa politique a contribué à la mort massive d’Italiens, logés en HLM flambants neufs ou pas. Y a-t-il de bons dictateurs ? Mussolini, une amnésie historique, une arme de combat pour « éviter que le passé ne se transforme en futur ». 

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