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Le Journal des idées

Par Jacques Munier
du lundi au vendredi, à 6h40

Chronique des Matins de France Culture, présentée du lundi au vendredi par Jacques Munier.

Alors que les épreuves nationales de "l’internat" ont commencé lundi pour les étudiants en médecine, on déplore une grave crise des vocations en psychiatrie.

En 2019, 17?% des places d’internes en psychiatrie sont restées vacantes, 11?% en 2020. "Dans les hôpitaux de Dijon et sa périphérie, seulement cinq places d’internes en psychiatrie sur les quinze ouvertes ont été pourvues" signale Alice Raybaud dans Le Monde. À l’approche des Assises de la santé mentale, les professionnels s’interrogent. Occupant une place à part dans le système hospitalier, "la psychiatrie est peu valorisée par rapport à d’autres spécialités de haute technicité, jugées plus nobles", observe Isabelle Secret-Bobolakis, secrétaire générale de la Fédération française de psychiatrie. * Nos soins se tiennent la plupart du temps sur du long cours : c’est moins spectaculaire qu’un plateau de chirurgie. Préjugés découlant "du regard que la société porte sur la santé mentale, encore stigmatisée, et sur son soin", image surannée restée au stade du “Vol au-dessus d’un nid de coucou”, le film de Milos Forman sur l’hôpital psychiatrique, deux tiers des externes pensent en outre que cette voie les coupe de la médecine conventionnelle. "C’est un stéréotype très partagé, alors que le bagage somatique est absolument nécessaire et qu’on le met en pratique", souligne Marine Gilsanz, présidente de l’Association française des étudiants en psychiatrie (Affep). Mais c’est surtout l’image d’une spécialité sous-dotée, voire sinistrée, qui décourage les futures recrues.  Les rapports se succèdent pour alerter sur des services en souffrance, où les soignants courent après les lits disponibles - plus de 30 000 ont été supprimés en service psychiatrique entre 1993 et 2018, estime Emmanuel Vigneron, professeur d’aménagement du territoire et de géographie de la santé. Résultat : une charge de travail accrue pour ceux qui restent et un allongement des délais d’attente pour les patients. En cette période de pandémie, qui a vu les demandes de soins psychiatriques exploser, les centres médico-psychologiques sont sous extrême tension. Nombreux sont ceux qui pensent que c’est l’occasion à saisir pour revaloriser la discipline. D’autant qu’en amont, c’est le manque criant d’enseignants qui coince. Plusieurs pistes sont au programme des prochaines Assises de la santé mentale, en septembre. Les étudiants attendent des actions pour redorer le blason de leur discipline, comme en matière de recherche, autour de la neurobiologie notamment. Matthew Cobb, professeur de biologie à l’université de Manchester, a retracé l’histoire de la connaissance du cerveau, depuis Hippocrate ou Galien, dans Une brève histoire du cerveau, de l’âme au neurone (Dunod). Il évoque dans L’Obs l’avancée considérable réalisée avec la localisation des fonctions cérébrales. Mais aujourd’hui encore, "elle n’explique pas grand-chose. Comme l’a dit Vernon Mountcastle, l’un des pionniers des neurosciences : où n’est pas comment. L’analogie trompeuse avec l’ordinateur a encore renforcé cette approche, mais nos pensées se forment en lien avec l’émotion et avec l’ensemble de notre corps." Car le cerveau n’est ni un ordinateur ni un simple réseau neuronal, mais aussi une glande qui sécrète toutes sortes de molécules : protéines, hormones, neurotransmetteurs... C’est pourquoi les recherches sur le cerveau n’ont toujours pas permis de soigner les troubles psychiques, malgré des avancées dans la pharmacologie : "ni la dépression ni les taux de suicide n’ont connu d’amélioration. Les troubles de l’humeur, de l’anxiété sont des questions très complexes, ils sont déclenchés par divers facteurs dont certains peuvent être améliorés par les traitements, d’autres non". Si l’on connaît bien l’effet des drogues sur le cerveau on ignore encore comment agissent les antidépresseurs. "Laisseriez-vous une intelligence artificielle devenir votre psy??" demande le New York Times, relayé par Courrier international. Une nouvelle application de chatbo

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