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C'est la rentrée

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La rentrée scolaire est régulièrement l’occasion de repenser les questions liées à l’éducation, aux ratés de l’ascenseur social, aux contenus des programmes et aux méthodes d’enseignement. Dans le quotidien La Croix un professeur de philosophie – Bruno Jay – prend du champ pour analyser la crise des vocations chez les enseignants, qu’il diagnostique comme une crise de la transmission. Cette année encore de nombreux postes aux concours de recrutement n’ont pas été pourvus et pas dans des disciplines périphériques : lettres et mathématiques… Une démotivation qui donne à réfléchir « car – je cite – transmettre des valeurs qui œuvrent à la construction d’un monde authentiquement humain et les connaissances qui permettent l’émergence d’un sujet émancipé – les missions de l’école depuis Condorcet – ça n’est quand même pas rien ». Eh bien ça ne fait plus rêver parce que c’est la transmission elle-même qui pose problème. Nous avons changé de paradigme. Pendant des siècles et dans l’horizon du progrès les générations des parents étaient perçues comme pourvoyeuses d’un bien-être constamment augmenté. « Aujourd’hui – je cite – faillite du paradigme de l’ancêtre défricheur, remplacé par celui de l’ancêtre pilleur irresponsable. » Nous léguons à nos enfants « un monde davantage détérioré », pollué, endetté… La génération du no future globalisé ne peut plus se considérer « comme débitrice – je cite – tant est fort, chez elle, le sentiment que c’est la génération qui l’a précédée qui est en dette vis à vis d’elle. Et du coup elle ne peut plus vouloir hériter. »

Dans les pages Idées du journal Libération, deux sociologues évoquent avec Cécile Daumas l’enquête qu’elles ont menée en milieu scolaire sur l’apprentissage de la lecture, une question cruciale pour le parcours ultérieur des élèves. Dans leur livre qui vient de paraître aux éditions du Seuil – Réapprendre à lire - Sandrine Garcia et Anne-Claudine Oller, montrent que des méthodes dites progressistes, pourtant inspirées par de nobles objectifs (autonomie du jeune lecteur, sens du texte, contenu littéraire) accentuent les clivages sociaux au lieu de les diminuer. « Nous considérons – affirment-elles - qu’il y a une instrumentalisation politique de la question de l’apprentissage de la lecture. Nous avons observé, à partir de données empiriques, que l’enseignement explicite est une chose, certes, favorable aux élèves en lecture mais qu’il ne fait pas tout : il faut aussi renforcer l’appropriation de la lecture par un travail spécifique d’entraînement, d’autant plus nécessaire que les élèves sont moins avancés. » Au-delà du débat classique sur les méthodes globale ou syllabique – classées l’une à gauche et l’autre à droite - ces sociologues ont observé que la méthode dite aujourd’hui « explicite » au lieu de syllabique ne suffit pas mais que les pédagogies dites progressistes basées sur des principes comme le « projet de lecteur », la « construction du sujet », le « système langue » ne conviennent pas aux élèves les moins avancés. « Ces méthodes – je cite - mises en avant dans la formation des enseignants, sont élaborées à partir de raisonnements logiques et théoriques issus de la linguistique ou de la «didactique de la littérature»: elles ne sont pas assez centrées sur l’apprentissage progressif de la lecture. Elles mettent ainsi en échec des élèves désavantagés socialement et culturellement. » Et d’insister sur le rôle des parents dans l’initiation à la lecture.

Le rôle des parents, c’est précisément l’objet du dossier proposé par l’hebdomadaire Le un ?

Oui, la publication d’Eric Fottorino a varié les approches. Parents et professeurs se sont longtemps regardés en chiens de faïence mais Claude Lelièvre revient sur l’histoire de leur intégration progressive dans l’école. Véronique Maumusson évoque aux Etats-Unis l’importance de l’investissement parental et Geneviève Brisac apporte le témoignage amusé de sa première rentrée comme « parendélève », « au masculin et en un seul mot », « une espèce bizarre : les sauvages engagées. Les solitaires responsables… Nous nous sentions étrangères et militantes pourtant. Un peu timides, un peu casse-pieds. »

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