LE DIRECT

D'autres analyses sur la crise politique et sociale française

3 min
À retrouver dans l'émission

Durant toute cette semaine de Noël , Emilie Chaudet remplace Jacques Munier. ..

Une semaine après le second tour des élections régionales, un peu plus d’un mois après le choc des attentats du 13 novembre, nos quotidiens continuent à interroger le pourquoi d’un malaise français qui n’en finit pas de grandir…

Les tribunes de nos journaux retournent le problème dans tous les sens, et l’on a l’impression de relire pas mal de mot, d’opinions similaires depuis une semaine, ou deux, sur le pourquoi de la montée des extrémismes,et autour d’une certaine idées de la mise en garde. La mise en garde notamment quant à la division et au chaos politique et social que les attentats du 13 novembre dernier auraient voulu amorcer ou creuser c'est selon. Mise en garde contre les dérives d'un état d'urgence précipité. Cela commence avec le constat de Bertrand Badie, dans les pages du journal la Croix , " la panne française paraît étrange, écrit-il, le gouvernement et la formation qui le compose se figent dans la reproduction d’un modèle sans identité », et le chercheur en relations internationales conclut sa tribune par cette nécessité "urgente " pour la gauche, de "réexaminer ce que suppose le social aujourd’hui, les formes nouvelles et larges d’exclusion, de marginalisation, de stigmatisation ». Même constat dans Libération , de la part de Mathieu de Nanteuil, Isabelle Ferreras et Mohamed Nachi, trois universitaires belges, pour qui l’entreprise meurtrière menée par le groupe Etat Islamique « entend déstabiliser des pans entier de notre tissu social et de notre culture politique. Mais elle nous conduit aussi à nous interroger sur ce que signifie vivre en démocratie ».Une réflexion sur la vie en démocratie et sur l’enjeu que représente aujourd’hui, la jeunesse. Cette jeunesse qui a voté en nombre pour le Front National, plus de 30% des 18-34 ans selon un sondage Ipsos réalisé après le premier tour des élections régionales, cette jeunesse qui représente aussi la cible privilégiée du groupe Etat islamique. C’est donc elle aujourd’hui qu’il faut récupérer, écrivent encore Mathieu de Nanteuil, Isabelle Ferreiras et Mohamed Nachi, dans Libération : « S’il y a des forces aunir, disent-ils, entre la France et la Belgique, ce ne sont pas seulement les services de renseignement. Ce sont aussi les moyens mis au service des jeunes générations, reléguées dans les bas- fonds de nos sociétés démocratiques, qui s’obstinent a ne pas fournir de perspective digne de la promesse qui les porte. »Et c’est étrange de constater à quel point ces diagnostics sont clairs et souvent unianime, mais que ces constats sont souvent accompagnées de solutions trop peu concrètes, trop cantonnées au seul discours démocratique.

Et pendant ce temps, puisque ces issues sont ci difficiles à cerner, d’autres tribunes se concentrent sur le mal qui nous entoure. Comme le cinéaste Jonathan Nossiter qui parle de Daeshwood dans les pages du Monde et de la réalisation étonnante des vidéos de meurtres perpétrés par le groupe terroriste. Une esthétique de western ou film de genre, « outrancière » selon le terme du réalisateur, qui vise "le même public que Tarantino et ses confrères du cinéma et des jeux vidéos, des ados, des post ado qui vont être aspirés par la légitimisation vidéo-ludique de la violence ."Et c’est sans doute face à ces deux prédateurs d’une jeunesse et d’une société livrée à ses propres peurs et erreurs, que le mensuel Books a jugé bon de publier un article du sociologue allemand Jonas Helbig, paru initialement dans le quotidien Die Zeit , sur l’opportunisme en politique. Petit éloge de la girouette c’est le nom de l’article en question. L’opportuniste y est ici assimilé à un "criminel occasionnel (...) qui navigue en profitant du vent que font les autres" , selon l’écrivain italien Alessandro Manzoni cité dans cet article. "L’histoire de l’opportunisme écrit Jonas Helbign, débouche sur une question qui, dans un monde complexe, devient toujours plus pressante et exclut les réponses simples : celle de la juste mesure ." Ou comment rappeler que partout où la pensée se retrouve fragilisée, la menace du dogmatisme apparaît, et c'est aussi valable, surtout valable, en ce qui concerne la sphère politique.

L'équipe
Production
Avec la collaboration de

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......