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Du spirituel dans l'art...

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... et dans la peinture en particulier " La chronique de Philippe Lançon dans Charlie Hebdo

Art Basel, juin 2015
Art Basel, juin 2015 Crédits : Arnd Wiegmann - Reuters

Le rescapé, gravement blessé, de la tuerie de janvier postait de New York, après les massacres de novembre : « l’insouciance est dans l’immédiat un rêve effacé », même s’il parvient à nous faire découvrir aujourd’hui la rétrospective Franck Stella au Whitney Museum, un créateur de formes géométriques aux couleurs puissantes qui s’est ensuite tourné vers les théories du chaos, et dont les œuvres alors « s’arrondissent, se tordent, changent de matière, passent en trois dimensions ». L’écrivain et critique revient sur la nuit du 13 novembre avec le sentiment d’avoir revécu, sous perfusion d’internet, de continuer à vivre les événements sanglants du début de l’année. Au SMS de sa chirurgienne, plongée dans l’urgence et qui se réjouit de le savoir loin, puis, constatant que « ça se calme » se demande « Jusqu’à quand ? » Philippe Lançon répond « Jusqu’à la prochaine fois ». « Et je n’avais même pas l’impression de faire de l’humour noir – ajoute-t-il. C’est pourtant bien l’humour noir. Face à des terrorismes parfumés à la bigoterie de pacotille. » La définition d’André Breton lui revient alors en mémoire : « une révolte supérieure de l’esprit et l’ennemi mortel de la sentimentalité »… Mais l’exercice, pourtant salutaire, n’a rien d’évident en l’occurrence, comme le montre l’enquête menée auprès des humoristes par Gilles Médioni dans L’Express . Tous évoquent la difficulté à déclencher ce rire « de résistance » aujourd’hui, malgré son effet thérapeutique, aussi bien pour les spectateurs que pour eux. Mathieu Madénian, qui fait partie de l’équipe de Charlie mais qui avait séché la conférence de rédaction du 7 janvier confie : « seul, je cafarde. Mon plaisir de jouer est égoïste, j’ai besoin d’être entouré ». Lui qui lâchait à la rentrée devant son public « Chaque fois que je trouve une blague, 12 copains meurent » il ne parle plus de Charlie et n’aborde pas le 13 novembre. Sophia Aram, qui compare les candidates au djihad à « des dindes qui veulent faire du bénévolat dans une rôtisserie » reconnaît que « les vannes avaient du mal à venir ». Elie Semoun annonce d’entrée de scène « J’ai un sketch sur un djihadiste. Je le garde ou je le fais sauter ? » après que l’hôtesse qui demande d’éteindre les portables ait également signalé au public les sorties de secours. Stéphane Guillon, qui a envie de voir grandir ses enfants, assure qu’il ne dira rien sur le Prophète, « mais l’air de rien… »

Autre scène : retour sur l’histoire et la légende du Bataclan dans Les Inrockuptibles

Carole Boinet a revisité cette mémoire en compagnie des acteurs ou des témoins des grands moments. Bayon, l’ex-plume rock de Libé, se souvient du concert mythique du Velvet Underground réconcilié, Lou Reed, John Cale et Nico célébrant en 1972 leurs retrouvailles après trois ans d’absence. Ou le fabuleux live de Bashung – qui habitait juste en face dans les années 80 – enregistré pour l’éternité. Jarvis Cocker, le chanteur de Pulp, a joué trois fois au Bataclan. Après le massacre, il est revenu hanter le quartier. « Je regardais les gens reprendre leur vie, et je me sentais proche d’eux. Je sentais le lien qui nous unissait et qu’on oublie de temps à autre. » Tous les fans de musique ont un moment de leur petite histoire personnelle lié à cette salle.

Dans le même numéro des Inrocks Nelly Kaprièlian salue la parution en France de la biographie d’Andy Warhol (Globe) par un entretien avec son auteur Victor Bockris

Cette figure de l’underground new-yorkais, collaborateur de la Factory et au magazine créé par Warhol – Interview – était sans doute le mieux placé pour l’écrire. Celui que le New York Times avait appelé « le baromètre de l’Amérique » dans un article sur la philosophie d’Andy Warhol s’y révèle, à l’opposé de son image publique « monosyllabique, impénétrable », « la personne la plus sensible, drôle, vivante » qu’il ait connue. « Andy faisait de l’art pour ne pas être seul, en attirant toujours les gens dans ses projets » ajoute-t-il avant de rappeler sa formule qui annonçait bien des aspects de notre modernité médiatique et réticulaire : « dans le futur, tout le monde sera célèbre pendant quinze minutes ». À consommer avec modération…

Jacques Munier

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