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Elections en Espagne

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Albert Rivera, Pedro Sanchez, Pablo Iglesias
Albert Rivera, Pedro Sanchez, Pablo Iglesias Crédits : par Juan Medina - Reuters

Vues depuis l’hexagone, les élections générales en Espagne ont un point commun avec nos Régionales : la fin annoncée du bipartisme.

Car deux jeunes formations disputent le terrain aux partis qui ont gouverné le pays en alternance jusqu’à présent, le Parti populaire de l’actuel premier ministre et le PSOE, qui devraient perdre un tiers de leurs électeurs par rapport à 2011, estime l’envoyé spécial de L’Express : « à eux deux ils pourraient recueillir moins d’un suffrage sur deux ». Au centre le parti d’Albert Rivera, crédité de 20% des suffrages, une formation créée dans un restaurant de Barcelone par une poignée d’intellectuels de gauche antinationalistes : Ciudadanos, Citoyens. Son jeune leader de 36 est l’homme le plus populaire du pays, il sait parfaitement jouer des médias, c’est lui qui en 2006, pour les élections au Parlement de Catalogne n’avait pas hésité à poser nu sur ses affiches pour illustrer le slogan : seules comptent les personnes ! Libéral et social, Ciudadanos n’hésite pas à s’allier sur sa droite avec le PP, ou sur sa gauche avec le PSOE, qui n’a jamais été aussi faible, dans les régions autonomes. Le scénario le plus probable c’est que Rajoy se maintienne au pouvoir, grâce à l’électorat rural et que pour gouverner il obtienne le soutien du parti d’Albert Rivera. « Ciudadanos n’est qu’un faux-nez du PP, sa face liftée –accuse-t-on au siège de Podemos, la jeune formation rivale à gauche – Ils vont finir par s’entendre. Après le 20 décembre les masques tomberont. Rivera a été lancé comme une savonnette par un groupe de banquiers catalans effrayés par la montée en puissance des nationalistes. Ils avaient besoin d’un parti pro-européen et anti-indépendantiste. Ils l’ont fabriqué » peut-on lire dans L’Obs .

Et dans les pages idées de Libération le chercheur Manuel Cervera Marzal évoque l’autre jeune formation en lice : Podemos

Née au début 2014 à l’initiative d’un petit groupe d’intellectuels d’extrême gauche dans la continuité du mouvement des Indignés, dirigé par Pablo Iglesias, ils est crédité de 14% des suffrages. Dimanche, les citoyens seront appelés à élire leurs députés qui, dans la foulée, éliront à la majorité simple le nouveau chef du gouvernement. « En se présentant comme un parti «ni de gauche ni de droite», Podemos espère fédérer toutes les victimes des cures d’austérité que l’Espagne subit depuis huit ans sous les assauts répétés du Parti populaire de Mariano Rajoy et du Parti socialiste de José Luis Zapatero – résume l’universitaire - La stratégie de Podemos est connue: rogner sur sa base idéologique afin d’élargir sa base électorale. Refusant de se positionner à gauche de l’échiquier politique, les représentants de Podemos préfèrent prendre partie pour «le peuple» contre «la caste», pour «les citoyens» contre «les élites» et pour « les gens ordinaires» contre «les politiciens et les banquiers ».

Pour Gaëlle Lucas, la correspondante à Madrid des Échos , La réforme du marché du travail est au cœur de la campagne du scrutin

Adoptée début 2012 « alors que le taux de chômage était supérieur à 22 % et que le spectre d’un sauvetage à la grecque étirait son ombre sur le pays » elle a adopté la recette classique : flexibiliser le marché du travail, pour booster la compétitivité et donc, à terme, créer de l’emploi. S’il est vrai que le chômage recule, le bilan est mitigé. Comme le constate la journaliste « Actuellement, plus de 90 % des emplois créés sont à durée déterminée et les contrats à temps partiel augmentent. 60 % de ces derniers sont imposés aux salariés contre leur volonté, d’après les syndicats. » Et cette situation a créé en Espagne une nouvelle catégorie de personnes désignées par le terme de « précariat », qui décrit cette classe des travailleurs pauvres, toujours plus nombreux dans le pays. « Une chose est sûre : la réforme ne laisse personne indifférent. Le PSOE et Podemos promettent de revenir sur le texte s’ils arrivent au pouvoir. Ciudadanos veut le réformer et faire adopter le contrat unique. La Commission européenne réclame, elle, un approfondissement du texte pour réduire la prégnance des CDD. »

Jacques Munier

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