LE DIRECT
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.

La voie européenne

5 min
À retrouver dans l'émission

Face au Brexit, aux attaques de Trump et à l’agressivité de Poutine, nombreux sont ceux qui en appellent à la consolidation de l’Europe.

Pascal Lamy constate dans Le Point que si le bilan de la mondialisation est contrasté, l’interdépendance économique des nations a évité des conflits. L’ancien commissaire européen et ex-directeur général de l’OMC en veut pour preuve la superposition « des cartes de l’OMC, qui traitent des échanges commerciaux, et celles du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés, qui montrent les zones où sont localisés les conflits. Ces deux cartes se répondent parfaitement : les zones de conflit apparaissent dans les endroits le plus à l’écart des flux économiques transnationaux. » En resserrant la focale, il plaide pour une intégration accrue de l’Europe mais reconnaît que le récit, « le narratif sur lequel reposait le projet européen est obsolète. Il n’alimente plus cette formidable entreprise conclue après la guerre et contre les guerres. » Pour autant, dans le monde qui vient, les européens doivent être en mesure d’écrire leur chapitre et réaffirmer leur projet et surtout leurs valeurs : « Nous n’avons pas à en être honteux, ce sont celles dont ce monde en crise a besoin. » Encore faut-il y réhabiliter la politique. C’est ce que pensent trois économistes dans une tribune du Monde. Yanis Varoufakis, Ulf Clerwall et Thomas Porcher estiment que « la gauche française doit s'allier pour l'avenir de l'Europe » de manière à « mettre un terme aux politiques d'austérité et empêcher l'extrême droite de briser le projet européen ». Ils plaident pour une candidature unique de la gauche « à l'élection présidentielle pour espérer l'emporter et amorcer ce changement ». Car celle-ci « sera décisive pour l'avenir de l'Europe. En fonction du résultat, trois choix s'offrent à la France : une validation de la dynamique d’austérité; une sortie brutale de l'Union européenne, sous la forme d'un " Frexit " ; ou un nouveau projet européen, prenant idéalement la forme d'un " new deal " institutionnel, social et écologique ». Selon eux, la « deuxième puissance de la zone euro, a les moyens de faire bouger les lignes et de faire primer l'urgence sociale et écologique sur les règles budgétaires strictes de la Commission. Surtout si elle propose à d'autres pays – notamment la Grèce, l'Italie, l'Espagne et le Portugal – de la rejoindre dans ce nouveau projet ». Citoyens européens, indignez-vous ! lance à point nommé Boris Grésillon dans L’Humanité. Puisque les lobbies « sont désormais les seuls interlocuteurs des politiques européens, pourquoi ne pas ne pas créer un lobby des citoyens européens à Bruxelles, loin de tout populisme ? » suggère le géographe, qui estime que l’Europe est restée muette « face à l’annexion de la Crimée par la Russie, ainsi que la partition de fait de l’Ukraine » ou « le règlement du conflit syrien dans le sang par les trois dictateur Bachar Al Assad, Vladimir Poutine et Recep Tayyip Erdogan ».

« Et si les attaques de Trump réveillaient l’Europe ? » se demande Gabriel Grésillon dans Les Echos.

Pour le président américain, L’Union européenne n’est qu’un « club qui ne manquera pas de se déliter et qui sert les intérêts de l’Allemagne ». Son conseiller au commerce estime que celle-ci profite « d’un euro largement sous-évalué pour exploiter ses partenaires ». Sur l’avenir de la zone euro, Ted Malloch, le probable futur ambassadeur des Etats-Unis à Bruxelles, « verrait bien la monnaie unique disparaître d’ici dix-huit mois. Et il envisage avec entrain un job à Bruxelles : « J’ai déjà eu des postes diplomatiques dans le passé qui m’ont permis d’aider à abattre l’Union soviétique. Alors peut-être qu’une autre Union a aussi besoin d’être domptée. »

Dans ces pages idées & débats du quotidien économique Eric Le Boucher dénonce la proposition du Front national de revenir au franc

Marine Le Pen veut soi-disant « rendre la parole au peuple ». Mais sur l’euro, le peuple français est pour à 68 %. « L’euro est une monnaie enfin stable, qui assure la valeur du patrimoine et de l’épargne des Français. Que pèserait aujourd’hui le petit franc face au gros dollar de Trump ? » Pourtant, si l’euro reste populaire, l’Europe est devenue impopulaire. « Nous nous sommes mis dans le piège souverainiste – observe l’éditorialiste : le statu quo est « intenable » et il faut plus que jamais relancer l’intégration », ce qu’empêche le climat eurosceptique. Dans Le Figaro, Jean-Pierre Robin évoque l’une des conséquences de la campagne présidentielle : la montée des taux sur les emprunts d’État français à 10 ans, qui « tient à la quasi-certitude de voir Marine Le Pen au second tour de la présidentielle, et peut-être à l’Élysée au soir du 6 mai. C’est l’obsession des milieux financiers anglo-saxons depuis la victoire de Donald Trump. Jamais deux sans trois votes populistes, après le Brexit et Trump. » À noter que c’est déjà la fin de la lune de miel entre Trump et les marchés, même sur ce front pourtant peu hostile, « l’inconsistance » de sa politique économique et sa délicatesse d’éléphant font peur.

Par Jacques Munier

L'équipe
Production
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......