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A l'assaut sous les gaz ! - de la série La Guerre

L’art et la politique

5 min
À retrouver dans l'émission

L’artiste chinois Deng Yufeng utilise l’art pour aborder des sujets sensibles comme les multiples atteintes à la vie privée et la vidéosurveillance massive.

A l'assaut sous les gaz ! - de la série La Guerre
A l'assaut sous les gaz ! - de la série La Guerre Crédits : Otto Dix - Maxppp

La Chine compte 18 des 20 villes les plus équipées au monde et concentre sur son territoire plus de la moitié des caméras de surveillance en service sur la planète. Il y aurait dans l’ensemble du pays près d’une caméra pour deux habitants, rapporte le South China Morning Post, le grand quotidien de Hong Kong - relayé par Courrier international. C’est ce journal qui raconte comment Deng Yufeng a dégotté la rue de Pékin où il a imaginé son parcours comme une performance avec un groupe de volontaires recrutés sur internet, pour jouer à éviter les caméras de surveillance. Et ça ne s’invente pas : cette rue s’appelle la rue du bonheur - Xingfu Dajie. 

L’artiste a passé deux mois à faire de la reconnaissance, photographiant la rue sous toutes les coutures, mesurant sa largeur, repérant l’emplacement de chaque caméra. Au total, il en a dénombré près de 90 sur à peine un kilomètre.

Et la petite troupe s’est lancée un beau jour d’automne ensoleillé sur le parcours préalablement cartographié en 3D, en slalomant entre les angles morts des prunelles de Big Brother. 

Au grand étonnement de l’artiste, certains participants sont venus avec leurs enfants. Ils voulaient leur montrer “quelque chose qu’ils ne pourraient pas apprendre à l’école”.

Le régime syrien n’a cessé d’instrumentaliser le riche patrimoine antique et médiéval du pays pour sa propagande, même pendant la guerre. Palmyre notamment, avec la figure de la reine Zénobie, est utilisé « pour écrire un récit officiel qui ferait de la Syrie multiculturelle une sorte de phare de la civilisation au Moyen-Orient », souligne Charles Personnaz, directeur de l’Institut national du patrimoine. Aujourd’hui, le régime fait appel à la communauté internationale pour restaurer les sites comme Palmyre, en partie détruit et pillé par l’organisation État islamique, tout en passant sous silence les destructions dont il est lui-même responsable, par le pilonnage systématique, durant de longs mois, des vieilles villes de Homs ou d’Alep - avec son magnifique souk médiéval, transformé en ruine fumante. Dans Le Journal des Arts, Olympe Lemut analyse « l’inconfortable position française » qui se refuse à participer à la reconstruction tant qu’il n’y aura pas de transition politique effective, alors que le régime pourrait se voir traduit en justice pour crimes de guerre - tortures, massacres de civils, armes chimiques. Or il y a une longue et ancienne tradition archéologique française sur le sol syrien, et aujourd’hui notre pays finance des projets par le biais de structures non gouvernementales ou privées, comme la fondation Aliph, qui intervient dans la zone sous contrôle de la coalition arabo-kurde, alliée des pays occidentaux, par exemple à Raqqa pour la réhabilitation du Musée archéologique, pillé par l’EI quand il en avait fait sa capitale. Et la start-up française Iconem travaille à des projets de numérisation et de modélisation 3D sur plusieurs sites dans des zones tenues par le régime, avec des centres de recherche français. En l’absence d’une ligne politique européenne, d’autres pays interviennent sur le patrimoine syrien. Entre l’urgence de la reconstruction patrimoniale et le bénéfice qu’en retire un régime criminel, la marge est étroite pour la France.

La Liberté au Panthéon

C’est le titre de l’exposition qui s’y tient autour des funérailles nationales de Victor Hugo et son entrée dans le temple laïc en 1885, avec des archives inédites, des peintures, sculptures et dessins. L’occasion pour Isabelle Manca de faire dans le magazine L’Œil  le portrait de ce « musée » méconnu où l’histoire a déposé un étonnant patchwork d’œuvres, depuis Houdon (la statue de Voltaire), ou Puvis de Chavannes - l’ensemble de peintures murales dédiés à sainte Geneviève - jusqu’à Anselm Kieffer : six sculptures et deux tableaux monumentaux consacrés à la Grande Guerre. Le Panthéon renoue ainsi avec la commande publique un siècle après la IIIe République. Mélange des genres et des époques, des esprits... « Qui se souvient que le fameux penseur de Rodin fut inauguré ici ? » Devenu un emblème gênant pour le pouvoir comme point de ralliement des manifestations syndicales, il est transféré en 1922 dans le musée du sculpteur. Et pendant la Restauration, alors que le culte est rétabli dans une partie du monument, certains réclament que l’on exfiltre des figures controversées comme Voltaire. Louis XVIII s’y oppose en ces termes : « Laissez-le donc. Il est bien assez puni d’avoir à entendre la messe deux fois par jour. »

Par Jacques Munier

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