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Le désenchantement démocratique

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Dans Le Monde, un sondage révèle l’ampleur de la crise de confiance des Français à l’égard de la politique

Les résultats de cette enquête Ipsos-Sopra Steria sont comparés à ceux d’une enquête similaire réalisée en 2014 et comme le montre Jean-Baptiste de Montvalon, ils confirment « à quel point l'insatisfaction des Français sur le fonctionnement de notre système démocratique est non seulement massive, mais croissante. Plus des trois quarts des sondés (77 %) pensent que notre démocratie fonctionne " de moins en moins bien ", soit 14 points de plus qu'en 2014 ». Le plus alarmant c’est que « ce diagnostic s'accompagne d'un moindre attachement au régime démocratique : 68 % (moins 8 points par rapport à 2014) estiment qu'il est irremplaçable ». Et « quasiment un tiers des sondés (32 %, 8 points) est d'un avis contraire, trouvant que d'autres systèmes politiques peuvent être aussi bons que la démocratie ». La question reste en l’air : quels autres régimes peuvent bien avoir à l’esprit ceux qui, notamment parmi les cadres et les employés, ont le plus fortement progressé dans cette opinion ? En fait, tous n'ont pas la même conception de la démocratie, ni les mêmes attentes à son égard. Au-delà du constat assez largement partagé de la corruption des élus et l’inanité du processus électoral qui n’aboutit à aucun changement réel, « les sympathisants du Front de gauche et, dans une nettement moindre mesure, ceux du PS, donnent une dimension sociale à leur appréciation ». Les inégalités et la pauvreté sont les premières raisons citées, alors qu’à droite on évoque d’abord l’insécurité, et l’existence de zones de non-droit. Un autre clivage apparaît quant aux responsables désignés du « mal français » : si dans l’ensemble partis politiques, syndicats et médias forment dans cet ordre le tiercé perdant, à gauche les chefs d’entreprise sont fréquemment cités, à droite ce sont plutôt les syndicats et les associations. Et « les sympathisants du FN manifestent une aversion particulière pour les médias et les intellectuels ».

Dans Les Échos Grégoire Poussielgue s’inquiète de l’avenir du Parti socialiste

« Un parti coupé en deux – le dernier Congrès de Poitiers a donné 30 % des voix aux frondeurs – et tout laisse à penser qu’il ne réussira pas à recoller les morceaux » prévient-il dans les pages idées&débats. Non seulement moribond, mais surtout isolé et cerné sur sa gauche par Mélenchon, en son propre sein, et sur sa droite par l’aventure Macron, il risque bien après les législatives « de devoir abandonner le rôle de principal parti d’opposition au Front national ». Le spécialiste de la gauche Gérard Grunberg résume ainsi la descente aux enfers : « Le cycle d’Epinay sera sans doute clos après les prochaines élections, et le double risque que court le PS est d’une part de ne plus pouvoir faire d’alliance sur sa gauche et d’autre part de ne plus être assez puissant pour demeurer un parti de gouvernement ». Mais le journaliste au service France du quotidien économique relève que « Le problème du PS s’inscrit aussi dans une problématique plus large, celle de l’avenir de la social-démocratie en Europe ». En crise dans de nombreux pays, comme l’Angleterre ou l’Espagne quand elle n’est pas en ruines comme en Grèce, elle est menacée par l’émergence d’un populisme à droite comme à gauche. « Le PS est un avant-poste de la crise de la démocratie », résume Gilles Finchelstein, le directeur de la Fondation Jean Jaurès.

Noël approche et le Conseil d’État doit rendre demain sa décision concernant les crèches dans les bâtiments publics

Cultuelle ou culturelle, la crèche de Noël s’apprête à nous faire le feuilleton politique de cette fin d’année. « Après le voile de l’été, nous voilà habillés pour l’hiver avec les langes de la crèche » note Jean Rouaud dans L’Humanité. « Toujours ce même esprit qui, comme le sparadrap du capitaine Haddock, adhère à tout corps, voilé ou non. » La décision des Sages est très attendue, compte tenu de la vivacité du débat sur la laïcité, notamment depuis leur choix d’autoriser le burkini sur les plages cet été. Le 21 octobre, le rapporteur public avait recommandé d'autoriser les crèches dans les bâtiments publics sous certaines conditions – caractère temporaire et culturel de l'exposition, absence de prosélytisme religieux – estimant que « face à un fait religieux qui suscite aujourd'hui de fortes crispations, le Conseil d'État devait privilégier une « lecture ouverte » de la loi de 1905 ». Commentaire de l’écrivain iconoclaste : « si on y croit, c’est cultuel, si on n’y croit pas, à nous la hotte du Père Noël, c’est culturel ». Plus prosaïque encore cette observation où pointe la dérision d’une menace à peine voilée : « Cultuel ou culturel, ça revient pour eux à jouer à plouf-plouf entre guerre de religion ou guerre civile. »

Par Jacques Munier

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