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Les GAFA en ligne de mire

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Après l’accord européen, la semaine dernière, sur la directive réformant le droit d’auteur à l’ère numérique, les députés britanniques viennent de rendre leurs conclusions sur le rôle de Facebook dans la désinformation lors de la campagne du Brexit.

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Et elles sont sévères, comme le souligne Le Monde.fr : la commission parlementaire chargée d’enquêter sur le scandale Cambridge Analytica et les tentatives d’influence étrangères sur le vote du Brexit estime dans son rapport rendu hier que « Les entreprises comme Facebook ne devraient pas être autorisées à se comporter comme des “gangsters du numérique” ». Au cours des dix-huit mois d’enquête « Les députés ont passé au crible les différentes évolutions, à la fois des outils de Facebook et de ses règles d’utilisation, qui ont, selon eux, facilité la collecte d’informations personnelles par des tiers et leur utilisation par des entreprises comme Cambridge Analytica et des pays comme la Russie à des fins de propagande électorale. » Ils ont directement incriminé la gouvernance de l’entreprise et Mark Zuckerberg en personne pour n’avoir pas pris la mesure de la fuite de données, dans un premier temps vendues à la société spécialisée dans l’analyse de données à grande échelle et le conseil en communication – entendre la manipulation de l’opinion – et dont Donald Trump avait utilisé les services lors de la campagne présidentielle américaine. Dans les mêmes conditions, d’ailleurs : un quiz développé par un universitaire anglais, « présenté comme un simple exercice académique, alors que celui-ci absorbait les données non seulement des participants, mais aussi de leurs « amis » Facebook ». Ces pratiques de partage des données sont aussi dans le collimateur du régulateur américain des communications, la FTC, qui doit annoncer le résultat de sa propre enquête. Selon le Washington Post, elle pourrait valoir à Facebook une amende de plusieurs milliards de dollars. « Très loin des 500 000 euros d’amende auxquels l’entreprise a été condamnée au Royaume-Uni et qu’elle conteste. » 

Grandes manœuvres

Apple cherche à tourner la page du luxe, indique Romain Gueugneau dans Les Echos, qui voit dans le départ annoncé de la grande patronne de la distribution, venue de la mode, un tournant stratégique de la marque à la pomme. Avec les boutiques clinquantes des Champs Élysées ou de la Ve avenue à New York, « à Hong Kong et dans tous les quartiers chics de la planète », elle lui avait donné un nouvel élan mais le marché des mobiles à 1000 euros a trouvé ses limites. Désormais Apple mise plutôt sur la fourniture de services et de contenus à ses innombrables clients captifs, amenés à consommer toujours plus de logiciels et de services affiliés à la marque. Dans les mêmes pages idées & débats du quotidien économique, Rémy Demichelis observe les progrès de l’intelligence artificielle dans l’examen et le tri des CV par les DRH. Une manière de contourner le recrutement à l’origine sociale censée éviter les biais. Pourtant un logiciel d’Amazon s’est avéré discriminant envers les femmes. « Le sexe n’était pas pris en compte mais les ingénieurs ont découvert que les hommes avaient davantage tendance à utiliser le mot exécuter, ce qui a constitué un avantage pour eux. » Quoiqu’il en soit, l’algorithme ne fonctionne pas tout seul : pour l’entraîner il y faut des dizaines de collaborateurs qui ont d’abord entré des réponses avant qu’il ne continue d’apprendre avec celles des candidats. 

Algorithmes et robots

C’est le fonctionnement bifide de l’intelligence artificielle : un peu d’algorithme, beaucoup d’humain, comme le montre l’enquête de Sophian Fanen pour le site d’information Les Jours. Le journaliste a intégré la plateforme de microtravail d’Amazon qui met en relation des entreprises et des internautes-travailleurs éparpillés à travers la planète. Pour exécuter des tâches répétitives et sous-payées, notamment de saisie (de tickets de caisse, d’adresses sur des cartes de visite…) ou de questionnaires divers, pour établir des bases de données normées et vérifiées. « La bonne donnée au bon endroit et toutes les cases dûment remplies pour permettre au code informatique qui fait tourner une IA de trouver son chemin. » Des tâches qui ne demandent « pas de compétences, mais du sens commun, car c’est ce qui manque aujourd’hui à l’intelligence artificielle. Alexandre Laumonier publie aux éditions Zones sensibles, sous le sobre titre de 4 – le chiffre – la chronique ironique de l’accélération des marchés financiers après  avoir fait, dans ses deux précédents ouvrages, le récit des mutations technologiques du capitalisme. Ulysse Baratin l’a lu pour le site En attendant Nadeau (En avant-première sur Mediapart) L’histoire se déroule à partir des Moëres, en Belgique, non loin de Dunkerque, là où s’implantent des pylônes qui permettront de gagner la microseconde d’avance dans le « trading à haute fréquence ». Et dans cette succession d’innovations se périmant les unes les autres, il nous invite à voir « une métaphore de notre monde. Les flux vont au plus vite et, comme par contamination, les infrastructures se périment au cours de l’obsolescence la plus frénétique ».

Par Jacques Munier

Chroniques

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