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Destructions à Palmyre

L’hégémonie culturelle islamiste

5 min
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« Ce que nous cherchons à combattre, c’est une idéologie, pas une religion » a déclaré le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin au journal Libération. Et c’est la progression de l’islamisme dans notre société qui est visée.

Destructions à Palmyre
Destructions à Palmyre Crédits : Getty

Le ministre souligne que « les musulmans de France, dans leur grande majorité (…) sont les premiers concernés par la dérive idéologique de l’islam radical », qui les cible au premier chef. L’hebdomadaire Le 1 est consacré à cette question. Olivier Roy insiste sur le fait « qu’il n’y a pas de lien automatique entre l’augmentation du fondamentalisme religieux et la violence terroriste ». Il estime que « plus une société se sécularise, plus les religions sont fondamentalistes. Puisque le citoyen moyen cesse d’être croyant et qu’il ne comprend même plus la culture religieuse, ceux qui veulent du religieux vont du coup vers le plus radical ». Mais on peut aussi considérer que ceux qui font monter les enchères de la part bénite exercent sur la majorité de musulmans qui vivent leur foi en paix une forte pression. Et aujourd’hui, ce sont aussi les signaux faibles de cette progression hégémonique de l’islamisme qui nous sont devenus intolérables du fait de la violence qu’ils peuvent déchaîner. À l’école, à l’hôpital, aussi bien chez certains soignants que certains patients qui refusent de soigner ou être soignés par des personnes de l’autre sexe, et même dans le monde du sport, ces signaux nous apparaissent désormais comme des sémaphores. Nicolas Ksiss-Martov, journaliste au magazine So Foot, en témoigne. Il évoque un rapport du Service central du renseignement territorial (SCRT), en 2015, qui pointait un péril dans les clubs de foot amateur, listant pêle-mêle une équipe de Perpignan « qui prie sur la pelouse devant des arbitres médusés », des éducateurs « fichés S » faisant du prosélytisme, des clubs « où l’on ne parle qu’arabe », ceux ou l’on refuse la mixité. À cet égard, Patrick Karam (LR), inspecteur Jeunesse et sport qui a récemment publié Le Livre noir du sport, estime que « Tout comme il existe une interdiction pour les délinquants sexuels d’exercer certaines fonctions dans un club pour protéger les mineurs, il est impératif que soit mise en place par la loi une interdiction similaire pour les radicalisés islamistes ». Cela dit, ajoute Nicolas Ksiss-Martov, « Au vu de la force de son implantation dans les milieux populaires et dans des quartiers souvent abandonnés, ces clubs représentent des lieux d’intégration quand la plupart des services publics (Éducation nationale, police…) sont souvent rejetés. » Et le nombre de ces dérives reste faible au regard des millions de licencié·e·s concerné·e·s. Le président de l’ES Vitry, grand club omnisports de cette cité emblématique de la banlieue ouvrière, décrivait ainsi la situation en voyant les barbes pousser : « Au club, on a affaire à des musulmans pratiquants, pas à des gens radicaux ». Et Pierre Ferracci, Président du Paris Football Club souligne que « nos clubs restent des lieux uniques de rassemblement sur des valeurs communes »

Nihilisme djihadiste

Dans Le Monde, trois intellectuels démocrates et laïques syriens et libanais – Yassin Al-Haj Saleh, Ziad Majed et Farouk Mardam-Bey –signent une tribune sur la crise de l’islam.

Le nihilisme djihadiste prospère quand se ferment les systèmes politiques dans les pays à majorité musulmane, quand leur destin leur échappe. Si la religion, selon le jeune Marx, est l’âme d’un monde sans âme, elle est, en « terre d’islam », la politique d’un monde sans politique. 

Mais les auteurs rappellent le rôle des démocraties occidentales depuis « l’invasion américaine de l’Irak sous des prétextes fallacieux » qui « a offert au djihadisme ambulant un terrain fertile » dans un pays « déjà ravagé par le despotisme de Saddam Hussein et ses interminables guerres. A quoi s’est ajoutée, depuis 2011, la destruction de la société syrienne par le régime de Bachar Al-Assad et ses protecteurs iranien et russe. Et c’est sur les décombres de ces deux pays, l’Irak et la Syrie, que Daech a fondé son internationale du crime. » Avant cela, les Américains avaient fomenté en Afghanistan la sale guerre du djihadisme contre l’occupation soviétique, « en connivence avec les services pakistanais et avec l’apport en dollars et en prosélytisme wahhabite de l’Arabie saoudite ». L’écrivain afghan Atiq Rahimi, exilé en France, et dont chaque attentat ravive les cauchemars de la terreur noire des talibans, confirme dans Le 1.

Le djihadisme prospère dans les zones de misère, dans les marges des sociétés, y compris dans les pays occidentaux. Les vautours sont toujours attirés par la désolation, l’injustice et le malheur ; ils secourent puis ils intimident et suscitent la peur.

Et de citer Nietzsche, Ainsi parlait Zarathoustra 

Les dieux sont morts. Oui, ils sont morts de rire en entendant l’un d’eux dire qu’il était le seul !

Par Jacques Munier

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