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2017 année politique

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Dans la perspective 2017 l’implication citoyenne en politique s’intensifie

Des Zèbres d’Alexandre Jardin à la transition de Claude Posternak, en passant par LaPrimaire.org ou Nuit Debout, jamais autant de mouvements issus de la société civile ne se sont mis en marche, comme le souligne la revue We Demain, qui a rencontré « les promoteurs du printemps citoyen souhaité par une majorité de Français ». Qu’ils visent l’Élysée, l’Assemblée ou simplement une participation accrue à la politique grâce au numérique, ils ont en commun leur indépendance à l’égard des grands partis et leur opposition au FN. « Pour résoudre concrètement les problèmes des Français ils ont des solutions plein les cartons » assure Clément Pétreault à propos du mouvement Bleu Blanc Zèbre : l’ADN, par exemple, l’Agence du don en nature, qui « collecte des objets invendus auprès des grandes entreprises pour les redistribuer gratuitement à travers un réseau d’associations qui luttent contre l’exclusion », ou les « comptes Nickel » que les interdits bancaires peuvent ouvrir chez un buraliste. Alexandre Jardin en VRP des bons tuyaux auprès des laissés-pour-compte, mais aussi la boîte à outils de La transition : baisse des charges salariales des PME, contrat de travail unique et création d’emplois non délocalisables, ou encore la démocratie participative instaurée par la plateforme Change.org, avec ses 650 pétitions à avoir dépassé les 10 000 signatures, dont celle contre la loi Travail qui a fédéré 1,3 millions de signataires : toutes ces initiatives laissent en effet prévoir une montée en puissance de l’engagement citoyen et manifestent un réel désir d’avenir, comme le résume Ludivine Bantigny dans les pages Débats&Controverses de L’Humanité. L’historienne garde un œil dans le rétroviseur en évoquant le livre de Samuel Hayat sur l’insurrection de 1848 – Quand la République était révolutionnaire – où deux conceptions se sont opposées : la République modérée, qui se résume dans l’élection au suffrage « universel » moins les femmes, et la République démocratique et sociale, celle des ouvriers, des simples citoyens, « qui n’a de sens que si elle permet au peuple de participer directement aux affaires publiques, de garder le contrôle sur ses représentants et d’assurer l’émancipation des travailleurs ». S’il est vrai que l’abstention reflète la progression de la « désaffiliation sociale », comme le rappelle le politologue Rémi Lefèvre, les logiques sourdes d’«évitement du politique» étudiées par la sociologue américaine Nina Eliasoph ne semblent plus condamnées désormais à rester dans l’angle mort de la vie démocratique.

Dans Le Monde, un collectif de 300 chercheurs en sciences humaines et sociales de tous les pays signe un Manifeste pour le progrès social

Ils vont rédiger un rapport sur l'état des connaissances et des solutions, à l'attention de dirigeants politiques et à l’intention « d'opinions publiques tétanisés par la montée des périls ». Je cite le diagnostic : « Les mouvements protestataires qui secouent les élites dans les pays développés (Occupy, Indignados, Nuit debout) ou renversent les dictatures dans les pays émergents (printemps arabes) buttent sur la difficulté de trouver des idées porteuses et rassembleuses, et de former des structures organisées autour de programmes charpentés. » Au cours des vingt dernières années, des collectifs d'experts ont dressé « un état des lieux des connaissances scientifiques sur plusieurs sujets de préoccupation pour le futur de notre planète ». Eux sont les premiers à s’attaquer au défi du progrès social. Ils ont entrepris de mettre à profit les avancées de la connaissance sur « les vertus et limites de l'économie de marché, ou celles de l'intervention publique » au croisement de l'économie, de la science politique, de l'anthropologie et de la sociologie. Mettre l’ensemble considérable de ces données sur « les déterminants des inégalités ainsi que leurs possibles remèdes » au service du débat public est leur ambition affichée, pour faire en sorte que les avancées scientifiques et techniques, qui « n'apportent pas mécaniquement un progrès social, politique et moral » bénéficient davantage à tous.

On revient dans l’hexagone, dans l’hebdomadaire Le un Michel Onfray défend la CGT

C’est le « retour du peuple », selon lui, et Michel Rocard évoque l’histoire de la Confédération dans ce N° consacré à la France qui craque. Et à Charlie Hebdo on célèbre avec Gilles Finchelstein les vertus du clivage gauche-droite, qui laisse le plus de liberté au citoyen : « pas d’assignation sociologique, vous pouvez être un cadre et voter à gauche, être ouvrier et voter à droite ». Avec une coalition, la liberté de vote est réduite, et la seule alternative revient aux marges populistes, notamment au Front national. Le dirigeant de la fondation Jean Jaurès défend l’idée que pour redonner de la vigueur à ce clivage, il faut rendre au débat sur l’égalité la place désormais squattée par la question de l’identité.

Par Jacques Munier

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