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E. Macron à l'ONU, 19/09/17

Un monde incertain

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Le conseiller à la sécurité intérieure de Donald Trump s’en prend violemment au Hezbollah.

E. Macron à l'ONU, 19/09/17
E. Macron à l'ONU, 19/09/17 Crédits : Lucas Jackson - Reuters

Dans une tribune publiée par Le Monde, Tom Bossert rappelle que depuis vingt ans les Etats-Unis considèrent la milice libanaise comme une organisation terroriste. Mais à travers la dénonciation du « Parti de Dieu », c’est l’Iran et son expansionnisme au Moyen-Orient qui est directement visé, alors que selon la presse américaine, « Donald Trump pourrait refuser de certifier au Congrès cette semaine que l'accord nucléaire conclu avec l'Iran est conforme aux intérêts de la sécurité nationale des Etats-Unis ». Dans La Croix, Dominique de Villepin semble lui répondre en opposant que l’ « On ne peut pas à la fois rechercher une solution avec la Corée du Nord, en adressant un message fort à ce pays sur l’importance de répondre aux exigences en matière de prolifération de la communauté internationale, et balayer d’un revers de main l’accord avec l’Iran. » Alors même que « l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), reconnaît que le gouvernement iranien satisfait à ses engagements. Le tout en empilant les sujets de négociation, l’un sur la stratégie d’influence des Iraniens au Moyen-Orient et l’autre sur la politique dans le domaine de développement des missiles en Iran ». L’ancien ministre des Affaires étrangères, qui dit redouter une crise « majeure » de prolifération nucléaire, plaide pour un monde multipolaire et rejoint en cela la doctrine développée par le président français à New York devant l’Assemblée générale des Nations Unies le 19 septembre dernier. « Emmanuel Macron est le seul aujourd'hui parmi les membres permanents du Conseil de sécurité à pouvoir ainsi évoquer au-delà même du multilatéralisme les enjeux d'une gouvernance globale centrée sur le social et le développement », s'enthousiasmait alors Bertrand Badie, cité par Marc Sémo dans Le Monde. « Devant les représentants des 193 Etats membres de l'ONU, le président français s'est posé "en porte-voix des oubliés", à l'opposé de l'approche "unilatéraliste" de M. Trump et de son "Amérique d'abord" ». De fait, pour Dominique Moïsi « Il y a une place à prendre face à Trump pour incarner, y compris par défaut, la rationalité démocratique et libérale de l'Occident » et Marc Sémo ajoute : « Angela Merkel est affaiblie. Le Brexit focalise la politique britannique. M. Macron est aujourd'hui, parmi les dirigeants des grands pays européens, le seul à même de jouer un rôle actif dans l'arène internationale alors que la politique étrangère américaine reste imprévisible. » Même s’il a reconnu à New York que « le multilatéralisme peine à faire face aux défis de la prolifération nucléaire », comme dans le cas de la Corée du Nord.

Et visiblement les Etats-Unis sont plutôt sur la ligne « si vis pacem para bellum », si tu veux la paix, prépare la guerre

À peu près comme la Russie dans son étranger proche : Ukraine, Crimée, Moldavie ou Géorgie. Sur le site du Figaro, Philippe Gélie se demande en effet si Donald Trump ne serait pas en train de préparer les États-Unis à la guerre. Il rappelle que le Sénat américain vient d'adopter un budget en « hausse spectaculaire de près de 100 milliards de dollars par rapport à 2016. Pourquoi ce renforcement, alors que les dépenses militaires des États-Unis sont déjà supérieures à celles des quinze autres plus grandes armées du monde combinées ? » Le correspondant du quotidien à Washington estime que « Les tensions actuelles entre Washington et la Corée du Nord rendent plausible l'hypothèse d'un conflit dévastateur dans les prochains mois. Car le président ne semble pas croire à la diplomatie ». Résultat des courses : l'accord nucléaire remis en cause, « l'Administration Trump prévoit aussi de s'opposer plus agressivement à l'Iran, notamment à ses transferts de fonds et ses livraisons d'armes aux houthistes du Yémen et au Hezbollah libanais ». La Chine et la Russie sont perçues comme des menaces en mer de Chine, en Europe de l'Est et au Proche-Orient. « De la tribune de l'ONU, le président y a ajouté Cuba et le Venezuela ». Un général en retraite, Barry McCaffrey, précise : « Nous devons avoir une capacité de combat qui soit prise au sérieux par les Russes et les Nord-Coréens, entre autres, comme étant apte et déterminée à les confronter dans une bataille sur terre, sur mer et dans les airs. » Prenant le contrepied des règles d'engagement et des consignes de prudence édictées par l’administration Obama, « Trump, lui, semble privilégier le vieil adage: «La force fait le droit». En contrepoint de la remilitarisation, son Administration veut réduire le budget de la diplomatie et de l'aide humanitaire américaines de 25 %, à 37,6 milliards de dollars - moins de 5,5 % du budget des armées. La raison du plus fort «déguisée en doctrine», résume la Harvard Political Review. » A signaler l’ouvrage très éclairant de Laurence Louër : Sunnites et chiites Histoire politique d’une discorde (Seuil) Qui étudie le différend entre les deux branches de l’islam sous l’angle de la politique et à travers l’histoire en montrant comment les controverses théologiques sur la question de la succession du prophète ont pu être activées ou au contraire désactivées en fonction du contexte politique, et ce jusqu’à nos jours.

Par Jacques Munier

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