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Rentrée des classes au camp de réfugiés syriens d'al Rahma (Liban)

Syria...

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Les pourparlers de paix sur la Syrie ont pu reprendre hier à Genève après le retour de la délégation du gouvernement syrien.

Rentrée des classes au camp de réfugiés syriens d'al Rahma (Liban)
Rentrée des classes au camp de réfugiés syriens d'al Rahma (Liban) Crédits : R. Al Safadi - AFP

Laquelle s’était absentée plus d’une semaine non sans avoir traîné les pieds dans un premier temps. Conforté dans ses positions par ses parrains iraniens et russes, le régime de Bachar Al-Assad se prête de mauvaise grâce à ce qu’il semble considérer comme une formalité déplaisante. Peut-être aussi que la menace d’une mise en cause pour crimes de guerre par le Tribunal pénal international explique ces réticences. Ou encore la question brûlante des dizaines de milliers de disparus. Outre que l’attaque au gaz sarin de la population civile et celle d’un convoi humanitaire vers Alep sont désormais parfaitement documentées, les témoignages s’accumulent pour dénoncer, après la torture, l’usage systématique du viol dans les prisons syriennes. La guerre atroce qui a fait plus de 5 millions de réfugiés, soit près d’un quart de la population, attend son improbable dénouement et son règlement par la justice internationale. Mais comme un vol de colombes, le récit des exilés qui n’ont pas été engloutis par la Méditerranée apporte son lot de consolations à l’observateur attentif et impuissant. La dernière livraison de la revue Gibraltar publie le reportage au long cours de Claire Billet et Olivier Jobard – le photographe – qui ont suivi la petite famille d’Ahmed et Jihane depuis leur arrivée en zodiac surchargé sur l’île grecque de Kos jusqu’à leur intégration réussie en Suède, au pays de la neige, du silence des forêts et des longues nuits hivernales. Leur périple accidenté, sur la route où ils se sont fait arnaquer à toutes les étapes, puis dépouiller par des passeurs hongrois, a abouti après de longs mois à travers la Grèce, la Macédoine, la Serbie, la Hongrie, la Slovaquie, la République tchèque, l’Allemagne, le Danemark, au pays des runes et de Strindberg, où « ils ont été pris dans les limbes de l’attente », avec « les souvenirs douloureux se mêlant aux incertitudes de l’avenir dans un pays à l’opposé du leur ». Leur route est aussi marquée de nombreuses pierres blanches : l’assistance des militants humanitaires en Grèce ou la solidarité des autres réfugiés, qui formaient dans l’exil un microcosme de la mosaïque syrienne : chrétiens, alaouites, sunnites et même Palestiniens… Aujourd’hui, « le couple s’oppose sur le récit de la mémoire. Jihane a décidé de mettre le passé de côté, refusant la nostalgie ». Quand Ahmad lui parle d’un retour au pays, elle ne peut s’empêcher de rire : « Comment y retourner alors que nos enfants ne connaissent rien de la Syrie ? » En Suède la famille s’est agrandie. Jihane a accouché d’un troisième enfant : la petite Sarah, suédoise d’origine syrienne…

https://www.facebook.com/act4hope/videos/1930161960335115/

Notes d’espoir, ce gamin qui joue du saxophone est l’un des réfugiés syriens du camp libanais de Bar Elias que Fawaz Baker, ex-directeur du conservatoire d’Alep, a rassemblés au sein de l’école de musique Action for Hope. Oud, bouzouk, chant vocal, percussions, accordéon : « Au début, j’ai eu des gamins incapables de se concentrer – admet-il – Mais la musique m’a rapidement permis de capter leur attention et les a détourné pour quelques heures de leurs problèmes. Surtout des rapports de force qu’ils subissent en permanence. » Pour Les Inrockuptibles, Francis Dordor est allé les écouter au bord de la plaine de la Bekaa, à une heure et demi de Beyrouth. Avec les meilleurs d’entre ses élèves, Fawaz Baker prévoit même de faire un disque. Mais le plus important dans le chaos permanent où vivent ces enfants c’est, pour ce merveilleux pédagogue de l’urgence, de « réinstaller un certain silence. Pas un silence de mort. Non, celui qui est comme la page blanche sur laquelle naît la musique. »

Par Jacques Munier

Chroniques

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