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Gaspard Gantzer, conseiller communication

La politique autrement

5 min
À retrouver dans l'émission

Les conseillers de l’Élysée : il y a ceux qui sont recasés, ceux qui sont recalés et ceux qui sont cassés…

Gaspard Gantzer, conseiller communication
Gaspard Gantzer, conseiller communication Crédits : Thomas Padilla - Maxppp

En témoigne un parlementaire convié aux apéritifs organisés au Palais, à propos du président « normal » : « Il écoute, mais n’entend pas. » François Hollande voit beaucoup de monde mais ne semble plus réceptif à la rumeur qui en sourd. Jean-Marc Vittori le relevait hier dans Les Échos à propos de la loi Travail : « les chercheurs ont beaucoup travaillé sur les meilleurs moyens de faire adopter des réformes économiques. Les gouvernants français connaissent fort bien leurs travaux : ils appliquent toutes leurs leçons. Mais à l’envers. » Cela vaut pour le calendrier comme pour la méthode. « Beaucoup de réformes majeures réussissent dans les quinze premiers mois qui suivent les élections, quand la légitimité du pouvoir est la plus élevée ». Ici notre président semble avoir confondu l’état de grâce et l’état d’urgence. Et que dire d’une loi censée prôner le dialogue social, si vite imposée au 49-3 ? Autour de François Hollande il y a semble-t-il beaucoup de communicants. Mais font-ils la différence entre la com’ et la communication politique ? Dans les pages idées de Libération la sociologue Héloïse Nez fait le récit pittoresque d’une rencontre à l’Élysée, le 3 mai à 20h, entre des conseillers et quelques chercheurs en sciences sociales pour une réunion de travail sur la « démocratie ». Question : « peut-on faire un lien entre la fin des idéologies et la crise de la démocratie ? Comme si le néolibéralisme, auquel se sont ralliés les socialistes, n’était pas une idéologie » opine par devers elle l’observatrice participante. Les sherpas s’enquièrent aussi de quelque nouveauté du moment « qu’ils pourraient proposer au président en termes de démocratie participative pour la dernière année de son mandat ». Commentaire de la spécialiste du mouvement des Indignés en Espagne : « Cette requête a de quoi déconcerter, vu les renoncements successifs de l’exécutif depuis quatre ans, entre état d’urgence, déchéance de la nationalité et passage en force des lois les plus contestées sur les enjeux économiques et sociaux. » Démocratie directe, droit de vote des étrangers – au programme du PS depuis 1981 – tirage au sort des sénateurs, les propositions fusent et sur ce dernier point « les yeux s’écarquillent »… « À plusieurs reprises, le plus proche conseiller de Hollande nous dit, grand sourire, son plaisir de «prendre l’air» avec ces échanges, alors qu’il passe la journée enfermé dans son bureau. Il se prête aussi à quelques confessions, comme ce «vous voyez, on galère» en conclusion de la réunion. Ou le récit de leur rencontre récente avec un spécialiste du droit du travail, suite à la contestation contre la loi El Khomri : «On en a pris plein la gueule, on aurait dû aller le voir avant».

Dont acte… Héloïse Nez a publié aux éditions Les Petits matins un livre sur le mouvement espagnol Podemos et elle suggère quelques pistes supplémentaires

À propos du déficit de représentation du peuple par ses élus, constamment dénoncé de part et d’autre des Pyrénées, elle souligne qu’il « ne s’agit pas d’abandonner le principe de représentation, mais de l’articuler avec des formes d’implication directe des citoyens dans la décision ». Par ailleurs, « les élus de Podemos s’engagent à ne pas gagner plus de trois salaires minimums, le SMIC étant de 655,20 euros brut mensuels en Espagne. Cette mesure, peu incitative pour faire carrière en politique, l’est par contre pour augmenter le salaire minimum! »

Si Nuit Debout n’a pas la même ampleur que le 15M de la Puerta del Sol à Madrid, ce mouvement exprime aussi l’aspiration à faire de la politique autrement

Un collectif de chercheurs a réalisé une enquête sur ses participants place de la République. On peut en lire une synthèse dans les pages débats du Monde. Les résultats contredisent certaines idées reçues, notamment sur l'entre-soi supposé du mouvement. Si la majorité des présents est bien diplômée du supérieur (61 %) - le quart seulement dans la population française - l'image se brouille à y regarder de plus près : le taux de chômage est de 20 % parmi les participants, soit le double de la moyenne nationale ; et on compte 16 % d'ouvriers parmi les actifs – trois fois plus qu'à Paris, et autant que dans l'Ile-de-France prise dans son ensemble ». 10 % seulement des enquêtés sont des quasi-permanents. Parmi eux, les mondes professionnels associés au numérique et les ouvriers sont surreprésentés. « 22 % ont déjà cotisé à un syndicat. Les engagements citoyens ou associatifs sont également très représentés : plus de la moitié en a eu un ou plusieurs (aide aux réfugiés, aux sans-papiers, maraudes, associations de parents, de quartier, défense de l'environnement, soutien scolaire, festivals, cafés associatifs, etc.) » Enfin si les Parisiens sont nombreux, provenant essentiellement des quartiers de l’Est de la capitale, 37 % des participants vient de la banlieue.

Par Jacques Munier

Gaspard Gantzer : le marionnettiste de l'Élysée ( FIGAROVOX)

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