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Au Salon de la revue

5 min
À retrouver dans l'émission

C’est le Salon de la revue à Paris ce weekend, et France Culture est partenaire de la manifestation.

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Cette 27e édition rassemblera à nouveau sous la Halle des Blancs-Manteaux différentes générations – dont les plus récentes – de ces publications indépendantes qui « échappent à la loi du seul marché, au tourniquet des nouveautés, à l’éclat de l’instant, au ressassement de l’événement », nous rappelle l’éditorial de l’association Ent’revuesqui organise le Salon, et qui édite également La revue des revues, dévolue à l’histoire et la critique des revues. Dans sa dernière livraison, on  peut lire le témoignage d’Arno Bertina : « Les revues font naître en moi un désir de communauté. » L’écrivain, membre du collectif de la revue Inculte, revient sur les parcours erratiques et féconds qui l’ont promené de la NRF à Ligne de risque, celle-ci avec notamment Yannick Haenel, aujourd’hui prix Médicis, et dont « le ton bagarreur » l’interpelle « – j’ai envie de mordre ». Dans ces années qui précédaient la parution de son premier roman, les revues – dit-il « inventent mon appétit, elles donnent une forme à l’énergie, et un calendrier, elles lui donnent un rythme. » Évoquant l’aventure collective d’Inculte, qui « va s’inventer au fil des publications alors que dès le début le ton est là (le mélange des registres, les curiosités tous azimuts, un certain humour potache qui ne veut pas rien dire sur le plan de la politique de la littérature », il esquisse « la forme immatérielle d’une revue » je cite : « l’amitié ou la curiosité et la circulation. Se rendre perméable. Si le sommaire est une collection (de textes) ça ne fait qu’un collier de nouilles et ça ne marche pas. Il faut qu’ils s’écrivent ensemble, ces textes, d’une façon ou d’une autre, dans la proximité électrisante des textes qu’on sait s’écrire au même moment pour les mêmes pages. Durant vingt numéros Inculte sera bien ça. » Dans ce registre, le site d’Ent’revues propose un bouquet d’expressions imagées sur la fraicheur et la beauté des commencements littéraire sous la rubrique Éloge : Jean Jaurès, interpellé avec un numéro du Mercure de France sous le bras : « Vous lisez donc les jeunes revues ? » Réponse : « Si on ne lisait pas les jeunes, à quoi bon vieillir ? » Pour l’écrivain et traducteur Jean-Yves Masson, « les revues sont ainsi un bon moyen d’approcher le fait littéraire à sa source, quand il n’a pas encore pris la forme d’un livre et qu’il est encore incertain de son sort. » Jean Paulhan – faut-il le rappeler, l’indémodable directeur de la NRF – « Les livres trompent : la littérature y semble un événement bien accompli une fois pour toutes. Mais dans les revues on la voit qui se forme et s’invente, entre mille dangers. » Et Pierre Vidal-Naquet les voit « comme des communautés, de pensée (…) à la fois des laboratoires et des observatoires ; des ateliers et des tremplins ».

En plus des revues littéraires, les revues d’idées sont également présentes au Salon des Blancs-Manteaux

Et elles jouent un rôle essentiel dans la recherche. C’est Jean-Christophe Bailly qui ouvre les débats, dès ce soir à 20H30, il dialogue avec Jean-Baptiste Para, le directeur de la revue Europe. L’animateur des Cahiers de l’École de Blois, l’école de la nature et du paysage, raconte son cheminement dans les revues, et ses fréquents passages, de L’animal à Hippocampe en passant par Vacarme. Vacarme, présente au Salon et dont la dernière livraison porte sur l’engagement et l’action au niveau local. « Voir loin, faire ici », voilà qui résume les différentes contributions au dossier. « Une énergie joyeuse habite ceux qui décrivent ce qu’ils ont contribué à changer récemment tout près d’eux. Parce qu’ils ont l’impression d’être au cœur des choses, que leur engagement se traduit par des résultats concrets ». Cet engagement s’articule autour de la notion de « communs », que développent Gaëlle Krikorian et Fred Sultan : transport, logement, gestion de l’eau, accès à la culture : « un commun n’est pas un bien, mais plutôt l’association d’une ressource, d’une communauté, et des modalités de gouvernement collectif de la ressource ». Et le plus important n’est pas seulement « les leçons tirées de la gestion des ressources naturelles réalisées à une échelle locale, mais les formes de relations, de communication, de travail et de décision en jeu ». A signaler le texte de Barbara Glowczewski sur les luttes décoloniales aborigènes. L’anthropologue montre comment les aborigènes, en Nouvelle-Zélande et en Australie parviennent à reconfigurer les rapports à la terre. 

La question du numérique se pose et s’impose : cette forme d’édition se développe dans le monde des revues

C’est d’ailleurs l’objet de l’un des nombreux débats de cette 27e édition du Salon de la revue : demain à 14H30 les équipes de Hippocampe, Diakritik et En attendant Nadeau - ce beau surgeon de la Quinzaine littéraire - discutent des avantages comparés du web et du papier pour la critique littéraire. Avec Johan Faerber, Pierre Benetti, Gwilherm Perthuis, débat animé par Véronique Brocard...

À retrouver au 27e Salon de la revue

Halle des Blancs-Manteaux
48, rue Vieille-du-Temple
75004 Paris

Par Jacques Munier

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