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Élections en Catalogne

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Les Catalans se sont rendus aux urnes. Mais, au vu des premiers résultats, qui pourrait prédire la composition du futur gouvernement ?

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Barcelone Crédits : Tetsu Joko - AFP

D’autant que l’avance des indépendantistes ne va pas régler le problème d’une société profondément divisée et que les les trois principaux partis indépendantistes sont partis aux urnes divisés, ce qui augure de difficiles négociations pour la formation du prochain gouvernement autonome. Courrier international cite le quotidien catalan La Vanguardia, qui évoque “une législature d’attente, en supposant qu’un président puisse être élu et former un gouvernement”. Sandrine Morel, l’envoyée spéciale du Monde à Barcelone, estime qu’à l’heure qu’il est, « Il est impossible de savoir ce qui va se passer car la possibilité de former un gouvernement n’est pas garantie. En effet, les deux principaux partis indépendantistes se présentent séparément et l’ancien président, Carles Puigdemont, en exil, n’est pas disposé, a priori, à permettre l’investiture de son rival Oriol Junqueras, de la Gauche républicaine – en prison préventive – si celui-ci en sortait. » Ludovic Lamant, de Mediapart évoque des observateurs qui pronostiquent déjà la répétition du scrutin début 2018, en raison des vetos croisés de différentes formations. Parmi les sept principaux partis en lice, la seule coalition qui cherche à s’extraire de la politique des « blocs » – pour ou contre l’indépendance – sont la liste soutenue par la maire de Barcelone, Ada Colau, et le chef de Podemos, Pablo Iglesias. En principe, c’est Inés Arrimadas, du parti Ciudadanos, partisan de l’unité espagnole, arrivée en tête, qui devrait prendre la tête des négociations. On peut rappeler qu’aux élections régionales de 2015, le bloc indépendantiste avait remporté 48 % des voix, contre 38 % pour ses adversaires. « Chacun des deux blocs pourrait perdre ou gagner quelques points. Mais ces mouvements resteront modestes, pronostiquait Jordi Muñoz. Par contre, il pourrait y avoir de vrais changements dans les rapports de force internes à chaque bloc. » Cela pourrait s’avérer particulièrement net au sein du bloc unioniste, où Ciudadanos a livré bataille avec le Parti Socialiste catalan, pour remporter les voix de la grande ceinture de Barcelone, autrefois acquise aux socialistes.

On le voit bien : les coalitions seront difficiles à bâtir

Si l’on prend en compte les vetos posés par les uns et les autres, le nombre de coalitions possibles est limité. L’avance des indépendantistes permet d’envisager deux options. Il y a le scénario défendu par Pablo Iglesias et ses alliés, autour de la liste Catalogne en commun : une tripartite PSC – Catalogne en commun – ERC, la gauche républicaine, qui mêlerait donc des partis de gauche pro et anti indépendance. Pour l’eurodéputé Ernest Urtasun, l’une des figures de Catalogne en commun, « Construire un gouvernement transversal (avec des pro et des anti indépendantistes) est la seule possibilité d’éviter un gouvernement de la moitié du pays contre l’autre. Et la seule option pour y parvenir, ce serait un exécutif avec l’ERC, le PSC et nous ». Un scénario qui s’annonce toutefois difficile à mettre en place, en raison du soutien du PSC à l’article 155 qui a placé la Catalogne sous tutelle – une position inadmissible pour l’ERC. "L’autre option, qualifiée d’« opération Borgen » par la presse catalane (en référence à cette série télévisée danoise où un parti centriste, arrivé loin le jour de l’élection, finit par gouverner le pays en raison des veto croisés des partis vainqueurs) : un gouvernement pris en charge par le socialiste Miquel Iceta, qui intégrerait Ciudadanos et Catalogne en commun, sans le PP de mariano Rajoy. Option incertaine, vu l’allergie à Ciudadanos observée dans les rangs des comunes, les partisans de la maire de Barcelone Ada Colau."

En attendant de connaître le détail des résultats, on peut dire que : plus le PSC, l’ERC et Catalogne en commun auront obtenu des scores solides, plus il sera aisé de sortir de l’impasse politique. À l’inverse, plus Ciudadanos et Ensemble pour la Catalogne, la liste de Puigdemont, sortiront renforcés du scrutin, plus ils risquent d’insister sur la « politique des blocs » et d'empêcher une logique plus « transversale », par-delà les blocs. L’avenir le dira, qui se présente en ordre dispersé…

Dans Le Monde, William Genieys cite l'écrivain Manuel Vazquez Montalban, " père " du célèbre détective barcelonais Pepe Carvalho, qui rappelle que les relations entre la Catalogne et Madrid sont " sensément insanes - " folles " - mais très saines ". Aujourd'hui, il semblerait qu'elles soient devenues malsaines ! La faute à qui ?

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