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L'atmosphère terrestre vue depuis la Station spatiale internationale

Le poids du ciel

5 min
À retrouver dans l'émission

La nomination de Nicolas Hulot à la tête d’un ministère de la transition écologique et solidaire suscite beaucoup d’espoirs et quelques interrogations…

L'atmosphère terrestre vue depuis la Station spatiale internationale
L'atmosphère terrestre vue depuis la Station spatiale internationale Crédits : NASA - AFP

C’est ce que soulignent Rémi Barroux et Simon Roger dans Le Monde.fr. « Bien accueilli et très attendu », le leader écologiste réussit même le tour de force de réconcilier, autour de sa personne, partisans et opposants au projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes qui affichent leur satisfaction, pour des raisons évidemment différentes. Le premier chantier du ministre sera la mise en œuvre de l’accord de Paris sur le climat. Pour Pascal Canfin, directeur général France du WWF et ancien ministre, « Dès le G7 fin mai, Nicolas Hulot va accompagner le président de la République dans la construction d’un leadership français en matière d’action climatique. Avec son expérience de la COP21, il a toute la légitimité pour le faire. » Le climat, les météores et le vaste ciel, c’est l’objet de la dernière livraison de la revue Reliefs. On peut y apprendre que les mesures du taux d’ozone atmosphérique montrent que le ciel est en train de se régénérer, grâce notamment aux effets du « protocole de Montréal », il y a trente ans, qui a proscrit l’usage de nombreux produits chimiques nocifs pour la couche d’ozone. C’est que, disait Bernard Noël, « Le ciel commence à ras de terre », et Hervé Le Treut rappelle que l’atmosphère est vitale car « nous la respirons, elle devient une partie même de notre corps et nous ne pouvons survivre plus de quelques minutes sans elle ». C’est une couche très fine, concentrée dans 20 kms d’altitude, autant dire une « pelure d’oignon », comparée aux dimensions de la planète, mais « bien visible sur les photographies prises depuis des ballons », une « couche blanche qui ceinture la Terre ». Pourquoi le ciel est bleu – demande le climatologue ? C’est lié à la nature de la lumière, constitué de photons dotés d’une longueur d’onde, dont la plus visible par notre œil est le bleu. Cette interaction harmonieuse entre notre pouvoir de perception visuelle et le rayonnement électromagnétique de la lumière explique non seulement le bleu du ciel, mais aussi celui des océans et des grands glaciers. Hervé Le Treut y insiste : « L’atmosphère constitue un bien commun essentiel que nous devons apprendre à protéger collectivement » car « elle régule le climat, fournit des ressources énergétiques solaires ou éoliennes, nous protège de rayonnements nocifs, permet la photosynthèse, propage les ondes électromagnétiques les plus diverses. » Nuages et pluie, régime global des vents qui font circuler l’air en quelques jours entre les différents points du globe, dans l’interaction avec les océans, les grands glaciers, les sols continentaux et la biosphère : c’est la vraie vie qu’il s’agit pour nous désormais de préserver sous le soleil. Ce que Jean Giono appelait déjà « le poids du ciel » en l’opposant à l’inconséquence, la légèreté de la fuite en avant du monde de la technique.

Le soleil, justement, qui est la cause du phénomène sidérant de l’arc-en-ciel

Dans un livre publié chez CNRS Éditions sous le titre Les Mots du ciel, Daniel Kunth revient sur la fascination que le météore a toujours exercée. « Dans la mythologie grecque il est le chemin entre ciel et terre créé par Iris, la messagère des dieux », et on en retrouve la trace dans le terme espagnol « arco iris ». Pour l’astronome, « l’arc-en-ciel résulte de la dispersion de la lumière du soleil par des gouttes de pluie » et il illustre à merveille le spectre de son rayonnement électromagnétique, de l’ultraviolet à l’infrarouge, soit le somptueux jeu de miroir entre la terre et le ciel. Que traduit si bien le terme firmament, qui « nous vient du latin firmamentum, l’appui, le soutien. Il fallait bien inventer cette fermeté pour éviter que la voûte céleste, sertie d’étoiles, ne tombe sur nos têtes ». Les étoiles, qui guident les marins et inspirent les poètes, sont en réalité le plus souvent des planètes, comme l’étoile du berger qui désigne la planète Vénus. Sinon, selon la définition des astronomes, elles sont d’immenses masses de gaz en équilibre, qui rayonnent dans l’espace l’énergie produite en leur cœur par des réactions de fusion nucléaire. Les étoiles filantes, propices au désir et qui tombent en pluie entre le 10 et le 15 août, sont en fait des débris laissés par une comète, qui traversent la haute atmosphère à des vitesses de plus de 200 fois celle d’une balle de fusil et se volatilisent en laissant une longue trace incandescente. Les scientifiques parlent de météoroïdes… Mieux vaut oublier le terme avant de prononcer des vœux.

Et peut-être alors se tourner vers la naissance des étoiles ?

Pas sûr… Nuages moléculaires de gaz qui se contractent et se fragmentent, effondrement gravitationnel, jets de matière qui peuvent atteindre une année-lumière de longueur, le phénomène a des allures d’apocalypse. Carnets de science, la revue du CNRS, fait le récit d’une expédition en haute altitude vers la nébuleuse d’Orion, pour observer au télescope le mystère de sa formation. C’est pareil : des jets, des disques protoplanétaires, des bulles de plasma, des vents d’étoiles… Pourvu que le ciel ne nous tombe pas sur la tête !

Par Jacques Munier

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