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Le premier jour

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Et d’abord, quelques conseils pour se prémunir contre la « macronmania » qui se répand dans la presse et les médias.

Daniel Schneidermann, qui a vu le documentaire de Yann L’Henoret diffusé sur TF1, en convient : « comment ne pas succomber à la sympathie pour ce jeune homme, qui "se marre" en visionnant les images où on le voit recevoir un œuf "sur la tronche" au Salon de l’agriculture, qui obtempère quand son épouse lui interdit le chocolat, et qui brave les consignes de ses gardes du corps pour aller à la rencontre de manifestants ? ». Mais depuis qu’il a été élu, puis désormais investi, « Emmanuel Macron, maintenant, c’est le pouvoir. Et tout pouvoir ne peut que chercher à imposer une légende, un roman, il va raconter une histoire. Image dont il importe, aujourd’hui comme hier, pour sa survie intellectuelle, et tout simplement pour la démocratie, de se mettre à distance ». Le chroniqueur ès médias des pages idées de Libération recommande notamment d’ouvrir l’œil sur les « hors-champ » du film… « Le discours prématurément triomphaliste, et l’épisode de La Rotonde, on attend de voir comment le réalisateur va s’en sortir. On attend : et puis rien. La Rotonde passe comme une lettre à la poste. » Même mise hors-champ des « notes discordantes » dans les JT : « pas un mot sur le caillou Bayrou dans la chaussure du nouveau président », rien non plus sur « les premières rebuffades précoces venues d’Allemagne et de Bruxelles, alors que c’est la seule chose qui va compter ». Car, de ce point de vue, l’état de grâce aura été de courte durée. En opposant une fin de non-recevoir aux propositions de réforme de la zone euro du nouveau président français, « le gouvernement allemand met à jour ses contradictions et cause du tort à l’Europe tout entière – Allemagne y compris » estime Marcel Fratzscher dans Les Echos. « Plutôt que de se murer dans le refus, Berlin devrait prendre l’initiative et faire des propositions à ses voisins. Ne pas s’attaquer maintenant et de manière décidée à réformer l’Europe pourrait être fatal à celle-ci » ajoute l’économiste allemand. Lequel dénonce notamment « les réactions allemandes catégoriques, et pour certaines outrancières, à la proposition du nouveau président français d’instaurer un budget et un ministre des Finances de la zone euro », au lieu de « développer un concept qui marie les idées françaises et les visions » de la chancelière allemande. Car un tel ministre des Finances européen « pourrait disposer d’un budget, qui servirait au financement de projets d’intérêt commun comme des investissements, mais il pourrait aussi être le gardien des règles budgétaires et s’assurer de la mise en application des réformes au niveau national, plus efficacement que les structures actuelles ».

Wolfgang Schäuble, l’intraitable ministre allemand des Finances, « peut rêver d’une promotion », s’amuse l’hebdomadaire Die Zeit

Courrier international consacre 14 pages spéciales aux analyses de la presse étrangère. Dans la Süddeutsche Zeitung, Daniel Brössler et Alexander Mühlauer relèvent que le président de la Commission européenne, contrevenant aux règles tacites de neutralité politique, a pris son téléphone au soir du 1er tour pour féliciter Emmanuel Macron. C’est que « de son point de vue, l’avenir de Bruxelles s’est joué lors de l’élection française ». Mais les journalistes soulignent aussi que pour beaucoup, les idées de Macron sont trop hardies : en particulier la proposition selon laquelle, avant même le respect des règles fiscales « l’octroi de moyens financiers soit associé à l’imposition et à la politique sociale ». Ou l’idée d’une consultation dans tous les pays de l’Union, permettant « d’établir une feuille de route qui aboutirait à un plan quinquennal pour l’Europe ».

C’est pourquoi la rencontré prévue aujourd’hui avec Angela Merkel s’annonce décisive

« Lui président, son premier appel serait pour Angela Merkel » rappelle Florence Autret dans La Tribune. La rencontre est en effet cruciale pour le nouveau président, et comme le souligne la correspondante de l’hebdomadaire à Bruxelles, elle est à double tranchant. Car Emmanuel Macron, pour obtenir la confiance et l’appui de l’Allemagne dans ses projets européens, a annoncé qu’il commencerait par donner des gages « en faisant des réformes sérieuses ». Il a donc « des raisons de redouter d’aller à Berlin affublé de ce qui ne manquera pas d’être présenté par certains en France comme la promesse d’une politique d’austérité. Une posture délicate pour le président de la République dans le climat d’euroscepticisme ambiant, alors qu’on ignore à quoi pourrait ressembler sa majorité de gouvernement à l’Assemblée nationale. » L’hebdomadaire Le un souligne la difficulté « À quoi tiendra la réussite de Macron ? demande Éric Fottorino. À sa capacité de « métamorphose », risque l’ancien Premier ministre Dominique de Villepin. Alors que la bataille des législatives se prépare, le président élu doit résoudre à sa manière une quadrature du cercle : comment ne pas être seul et ne dépendre de personne ? Comment tendre les mains sans se les lier ? Comment, en somme, rester libre et se montrer solide » ?

Par Jacques Munier

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