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Antarctique, îles Orcades du Sud

Les glaciers, châteaux d’eau de la planète

5 min
À retrouver dans l'émission

Le réchauffement climatique menace les icebergs et les glaciers. Ils sont les témoins directs de l’état de santé de notre environnement.

Antarctique, îles Orcades du Sud
Antarctique, îles Orcades du Sud Crédits : Getty

Les glaciologues veillent, auscultent, et constituent les archives du climat. L’opérationIce Memory a entamé une campagne d’archivage d’une vingtaine de glaciers à travers le monde et un site est projeté en Antarctique pour conserver les carottes de glace par - 54°C. Libération consacre une série d’entretiens conduits par Catherine Calvet et Thibaut Sardier à cette aventure scientifique. Dans le troisième épisode, le géochimiste, glaciologue et paléoclimatologue Jérôme Chappellaz, à l’origine du projet Ice Memory, explique que les premiers carottages de glace ont été effectués dans les années 1980 à Vostok, en Antarctique, sur une profondeur de 2 083 mètres et « contenaient des glaces vieilles de plus de 400 000 ans » qui « ont permis d’analyser à la fois la période chaude que nous vivons depuis 12 000 ans, la glaciation qui la précédait, ainsi que la précédente période chaude et la précédente glaciation ». Aujourd’hui, dernier épisode de la série Feu la glace ?, avec Lydie Lescarmontier, glaciologue et océanographe. Elle a navigué à bord de l’Astrolabe en Antarctique, jusqu’à la base de recherche française Dumont-d’Urville en Terre Adélie. Elle fait le récit de son exploration dans un livre à paraître en février chez Flammarion : La voix des pôles. Sa mission : étudier le glacier Mertz, une vaste plateforme de glace qui « vêle », c’est-à-dire qui libère un iceberg tous les 70 ans en moyenne. « Et il a justement vêlé en février 2010 un iceberg monumental : 80 km de long par 35 km de large ». Elle aussi observe les effets du réchauffement, même s’ils sont moins perceptibles qu’en Arctique.

Pour la période 2006-2015, on estime à 280 milliards de tonnes le volume de glace perdu au Groenland chaque année, contre 155 milliards en Antarctique, alors que cette calotte contient presque 10 fois plus de glace. 

Et elle évoque l’inquiétude des scientifiques : « la possibilité de passer des sortes de seuils qui entraîneraient un emballement du système de fonctionnement de la calotte antarctique et la disparition de grandes quantités de glace très rapidement et de façon irréversible ».

Dans l’œil de la cryosphère

En dehors des pôles, les glaciers représentent 2% des terres émergées. Dans la revue L’Alpe, Caroline Audibert fait le point sur la cryosphère terrestre. Elle évoque la belle diversité de ces organismes monumentaux : le glacier du Rhône et ses teintes rouges - « les roches ferrugineuses infusant dans les glaces » -, « le Gorner et ses bédières, des torrents sous-glaciaires qui serpentent et plissent le grand corps de glace argenté », ou encore « le glacier de Corbassière aux grandes combes lisses et bleues »... De leur vie majestueuse et secrète émane toute une série de bruits sourds et variés, une « musicalité galactique, sidérale, ponctuée de craquements, d’ondulations et de singulières déflagrations ». Boris Jollivet les a captés avec toute une batterie de micros et d’hydrophones. Écoutez ça, le chant des glaces...

https://www.youtube.com/watch?v=utIij4kaXsk

« Quand le soleil arrive sur la glace - commente l’audionaturaliste - la rupture thermique est violente et la glace peut se fendre sur 200 mètres, ce qui produit de longues tirades mélodiques. Le soir, quand le soleil se couche, la glace se resserre, ça produit des fissures plus sèches et on entend des impacts, des détonations à plus d’un kilomètre. » Les chercheurs s’intéressent aussi à la vie sismique des glaciers : « frottements sur la roche mère, ouvertures et fermetures de crevasses, poussées, compressions, écoulements... » L’eau y est très présente, la fonte des glaces creusant des « moulins » qui alimentent des rivières souterraines qui font ensuite résurgence pour s’écouler jusqu’à nous. Mais aujourd’hui, la vie des glaciers s’est ralentie, conséquence d’une diminution rapide de leur masse. Le dernier rapport du GIEC signale « un changement du volume et du rythme saisonnier de l’écoulement et des ressources en eau dans les bassins hydrographiques alimentés par les glaciers ». Ceux du Groenland et de l’Antarctique représentent 70% du stock d’eau douce de la planète.

Par Jacques Munier

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