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Noël malgré tout

3 min
À retrouver dans l'émission

Durant toute cette semaine de Noël , Emilie Chaudet remplace Jacques Munier. ..

En ce matin, de Noël, les différentes tribunes de nos journaux portent un regard particulier sur les festivités de Noël. Aurons-nous le cœur à la fête après les carnages qui ont marqué ce noir vendredi 13 novembre ?

La question est posée par Jean-Marc Pitte dans les pages du Figaro . Assurément oui, nous devons même fêter ce jour plus que de coutume pour le président de la mission française du patrimoine et des cultures alimentaires. Une manière encore une fois aujourd’hui de refuser la terreur et la tristesse. Un refus partagé à travers le monde, même si les moyens de mettre en œuvre ce refus ne sont pas les mêmes pour tous. Dans la Croix, Le patriarche de Babylone des chaldéens, Louis Raphaël 1er Sako, appelle le monde à ne pas oublier, en ce jour, la communauté des chrétiens d’Irak. « Cette année, ils vont célébrer Noël dans des conditions déplorables » note l’ecclésiastique qui rappelle que Daech occupe toujours la ville Mossoul depuis un an et demi et que 120 000 personnes ont été chassés de la région en raison de leur appartenance religieuse. "Une situation d’autant plus triste, note-t-il, que selon les écrits religieux, notamment le livre des Prophète et de la Table, considèrent les chrétiens comme étant les plus proches d’eux en affection" , soulignant alors l’aberration de l’idéologie dévoyée de Daech. Le patriarche qui conclut sa tribune par une déclaration de résistance, « nous ne cèderons pas face à l’injustice ». La fête est plus que jamais ces jours ci un symbole de résistance, un de plus.

Qui dit festivités de Noël, dit aussi rassemblement, ou obligations de famille (c’est selon)

La famille en question, dans plusieurs revues en cette période de fêtes. Dans l’Obs , la sociologue Irène Théry déplore que le politique ne se soit pas plus emparé des mutations de la famillle, "tétanisé" dit-elle par un collectif de la Manif pour tous, pas vraiment représentatif de la France, mais très mobilisée. En fait, avant même le débat sur le mariage pour tous et la GPA, la sociologue note que faute de cadre défini par les statistiques, les sciences humaines, la politique, voire la sémantique, nous avons tardé en France, à nommer les choses et à les étudier. Alors que dans les années 80, le mot « stepfamily » aux Etats-Unis a aidé à la prise de conscience des mutations de la famille. Un retard que l’on paye encore selon la sociologue, selon qui les familles d’aujourd’hui ont dû se réinventer toute seules. ‘Il faut être dans l’idée de l’ajout, plutôt que dans celle de l’alterité et de la rivalité, heureux, dit-elle d’inventer les nouvelles formes d’une hospitalité familiale, mais toujours avec le risque d’être renvoyé, sans crier gare à l’illégitimité la plus brutale » . Un constat que rejoint celui de la sociologue et ethnologue Martine Segalen, dans la revue Sciences humaines, selon qui je la cite « particulièrement en temps de crise, de nombreuses familles demandent des repères normatifs. "

Et pour finir on reste en famille, mais d'un tout autre type. C’est un très beau texte de Cyril Béghin publié dans les Cahiers du cinéma intitulé "l’acteur qui nous accompagne". Le critique y décrit des binômes cinéaste-acteur comme des petites cellules familiales, plus encore que comme des couples de travail. Par exemple, le réalisateur taïwanais Tsai Ming Liang et son acteur fétiche Lee Kang Shen qui incarne les premiers rôles de tous ses films depuis plus de 25 ans. Ils ont acheté une maison ensemble dans la jungle qui sert de décors au prochain film du cinéaste... qui dit de son acteur, qu’il est pour lui, comme un fils, une mère, ou "une tumeur incrustée sous la peau". "Nous avons besoin des acteurs lorsqu’ils ne se contentent pas de leur rôle" écrit Cyril Béghin. Un peu effectivement comme un membre de n’importe quelle famille.

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