LE DIRECT
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.

Politique et psychanalyse

5 min
À retrouver dans l'émission

« Les gens n’ont pas été trompés, ils ont désiré un chef »

Elisabeth Roudinesco avait observé « un désir inconscient de fascisme en France ». Aujourd’hui elle revient sur le personnage de Donald Trump.

Infantilisme, narcissisme malveillant, propension dictatoriale au népotisme, obsession de son anatomie, le répertoire des pathologies est crûment analysé dans les pages débats de L’Obs. « Trump est dans le culte fou d’une Amérique qui n’existe pas ». Le Muslim Ban en serait le symptôme le plus flagrant, qui oppose le déni à ce « pur pays d’immigration ». On pense à cette terrible formule citée par l’écrivain Robert Littell dans sa tribune d’hier dans Le Monde : le déni enveloppé de ressentiment au sein d’une colère aveuglante. Ce n’est pas la première fois qu’un malade mental, inculte et egocentrique, est à la tête de ce grand pays, mais cette fois-ci des psychiatres américains sont sortis de la réserve que leur impose le code de déontologie pour réclamer une expertise psychiatrique, voire un test de QI. Outrepassant la « règle Goldwater » qui interdit de faire des diagnostics sur les personnalités publiques, le professeur John D. Gartner, de l’université Johns-Hopkins, a lancé une pétition pour demander la destitution du président en appelant « les psychiatres à poser des diagnostics à partir des éléments les plus manifestes de sa personnalité ». Parmi ceux-ci un rapport trouble à la famille, constamment présente dès qu’il apparaît en public ou donne une interview, avec sa femme mutique comme une image de mode, et la confusion des genres lorsqu’il appelle les Américains à acheter les vêtements commercialisés par sa fille, ou encore « ce fils Barron, qui est incapable de se tenir sans grimacer ou bâiller durant son investiture ». En comparaison, relève Elisabeth Roudinesco, « le petit John Kennedy n’a que 3 ans à l’enterrement de son père, et il est magnifique ! »

On passe de l’autre côté du monde pour suivre une expérience culturelle inédite : l’introduction de la psychanalyse en Chine

Pendant plusieurs années, Pascale Hassoun a conduit des séminaires pour former des psychanalystes chinois, et elle raconte cette difficile acculturation de la science viennoise du XIXe siècle dans l’Empire du milieu. « Un dragon sur le divan », publié chez Érès, rend compte de cette patiente et finalement fructueuse transmission, avec les inévitables malentendus qu’elle a généré à ses débuts au niveau de la théorie et de la traduction des concepts fondamentaux. La psychanalyste des enfants au pays de l’enfant unique évoque notamment les insurmontables problèmes de traduction, lors d’une conférence où l’interprète, formée au français commercial, s’est égarée dans les parages sémantiques de la transaction pour traduire la notion d’objet transitionnel. Pas de salut en vue lorsqu’on est convenu d’adopter le registre poétique plutôt que technique. Passer d’une rive à l’autre, pour désigner le passage de l’enfant au monde extérieur à l’aide de l’objet transitionnel impliquait une nébuleuse de significations culturelles de nature à disperser l’auditoire. Compte tenu de la diversité ethnique de cette grande nation, les psychanalystes se sont d’ailleurs aussi fait ethnologues. C’est le cas de Wang Li, l’une des apprenties de Pascale Hassoun, partie dans le Yunnan étudier les mœurs et coutumes de mariage des Mosuo. Là, un petit garçon mutique et frigorifié de moins de quatre ans lui est amené par sa mère et sa grand-mère. Le récit de sa cure et de son ouverture progressive au monde est à la fois touchant et éclairant. « À partir de simples mots, nous avons offert des sourires doux. » Une naissance difficile d’une mère ayant eu elle-même des problèmes à sa venue au monde, avait nimbé sa croissance d’une atmosphère étouffante d’inquiétude. Le petit Shengsheng s’éveilla petit à petit à raison d’une double séance hebdomadaire qui s’achevait sur une chanson. La parole revint, et même le rire, à l’occasion d’une chute comique de l’enfant imitant le chat. « Nous avons créé ces regards, ces sons et ces paroles comme pour tisser une couverture douce pour cet enfant, nourrisson gelé » explique la psychanalyste chinoise, qui a parfaitement intégré la fonction de l’objet transitionnel en temps de détresse.

La Revue de l’enfance et de l’adolescence consacre sa dernière livraison à la parole de l’enfant

Parfois l’inconscient parle comme un enfant, une parole inachevée. Et comme le rappelle Arlette Pellée, avant de parler, l’enfant est parlé. C’est avec ce passé que sa naissance comme sujet adviendra. Avant cela une communication non-verbale peut s’instaurer, même dans le contexte difficile de la pouponnière, car l’enfant a besoin d’une relation individuante pour se développer. Chloé Aujard raconte cette expérience auprès d’enfants qui arrivent en pouponnière en état de souffrance. Elle montre l’intensité de l’écoute qui est alors mobilisée. C’est l’observation attentive qui est alors requise comme un outil de soin.

Par Jacques Munier

L'équipe
Production
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......