LE DIRECT
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.

Quelques raisons d’espérer

4 min
À retrouver dans l'émission

Les pages idées de nos quotidiens donnent çà et là quelques raisons d’espérer

À commencer par le grand entretien de Pierre Rosanvallon dans L’Humanité . Car la lame de fond provoquée par les attentats de Paris a créé selon lui les conditions favorables à un véritable changement, même si elle a creusé un clivage latent dans notre société. Car s’il y a bien eu « une communauté d’indignation et de compassion », il faut aussi « faire communauté socialement », et là s’opposent « deux définitions concurrentes et exclusives du vivre ensemble » : « l’une repose sur le projet d’une homogénéité d’exclusion, celle que Barrès a théorisée en 1893 dans son livre Contre les étrangers . De l’autre côté, le projet d’une intégration et d’une solidarité positive » celle que le professeur au Collège de France a appelé « la société des égaux ». L’égalité est ici à la fois politique et sociale. Sur son versant politique Pierre Rosanvallon observe que s’il est vrai que chaque voix compte à égalité, toutes les voix ne s’expriment pas et « la majorité électorale laisse donc beaucoup de monde de côté ». Recréer les conditions d’une démocratie représentative, trouver les voies « pour exprimer autrement la volonté générale » permettrait de dégager les solutions au problème des inégalités sociales qui se sont aggravées depuis vingt ans. L’historien et sociologue plaide pour une « démocratie d’exercice ». « Les partis politiques, en dépit de tous leurs défauts, avaient autrefois une capacité de représentation sociale. Ce n’est plus le cas aujourd’hui – affirme-t-il. » Pour y remédier il faut selon lui inventer de « nouvelles institutions de contrôle, d’organisation de la délibération publique et de gestion de la transparence politique » de manière à « garantir que les gouvernants sont au service de l’intérêt général ». La corruption étant la plus grande menace en démocratie, celle qui fait que les citoyens ne croient plus en rien, c’est par là qu’il faut commencer. « L’action du gouvernement doit être encadrée par des pratiques – ajoute Rosanvallon – comme la reddition de comptes ou l’évaluation, et doit s’appuyer sur des règles comme la transparence, la lisibilité, le parler-vrai, l’implication et l’association des citoyens ». Ces fonctions de contrôle et de délibération étaient à l’origine dévolues au Parlement « mais elles n’ont été que très imparfaitement mises en œuvre et le sont encore moins aujourd’hui, d’autant plus que le Parlement s’intègre dorénavant à l’exécutif ». Conclusion : « Nous avons besoin d’une nouvelle génération de corps intermédiaires politiques qui soient, pour le XXIème siècle ce que les partis politiques ont été au XXème. Il faut aussi développer des organes d’implication citoyenne à l’image des jurys populaires tirés au sort. » Un grand entretien accordé à Pierre Chaillan, à retrouver dans les pages Débats & controverses de L’Humanité.

Un autre motif d’espoir nous est donné par l’analyse de la situation de l’Etat islamique dans le journal Le Monde , en pages Débats

« En Syrie, le " califat " est voué à l'échec pour des raisons économiques – résume Roman-Oliver Foy - Le mouvement djihadiste contrôle le bassin de l'Euphrate syrien, un espace limité en ressources et éloigné des grands centres urbains. » Or « La plupart des experts considèrent que le pétrole des champs de Deir ez-Zor devrait être épuisé entre 2015 et 2020, et que la production actuelle ne peut dépasser 35 000 barils par jour. » Par ailleurs, le chercheur à l’Institut français du Proche-Orient observe que « lorsqu'en 2011, des manifestations contre le régime syrien étaient lancées un peu partout dans le pays, pratiquement aucune n'avait lieu dans une grande partie du bassin de l'Euphrate, ce qui signifie que la population n'était pas en rupture avec le régime. » Et d’ajouter que « Dans les années 2000, les pratiques religieuses de ces musulmans sunnites n'étaient pas conservatrices, le port du niqab étant exceptionnel : elles étaient donc radicalement différentes de celles imposées désormais par l'organisation Etat islamique. Si cette organisation n'est pas capable d'offrir une certaine sécurité matérielle aux habitants et de s'imposer ainsi autrement que par la force – conclut Roman-Olivier Foy - il est probable que la population locale finisse par marquer une rupture avec la formation djihadiste et adopte des actes de résistance quotidienne qui gênent les défenseurs du " califat " dans sa stratégie de territorialisation. »

L'équipe
Production
Avec la collaboration de
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......