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Sociétés multiculturelles

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C’est encore la France qui était visée à Ouagadougou. Dans les pages Forum de La Croix Pascal Boniface s’interroge sur notre image dans le monde musulman

Même s’il faut rappeler que la capitale du Burkina Faso est un« point d’appui permanent » de l’opération militaire française Barkhane destinée à combattre les menées djihadistes au Sahel, le directeur de l’Iris (Institut de relations internationales et stratégiques) estime plus généralement que cette image n’a cessé de se dégrader alors que notre pays disposait d’un « immense crédit ». « Comment est-on passé du statut de Nation la plus admirée dans le monde musulman à celle de pays présenté comme islamophobe ? » demande-t-il. Remontant le fil de notre politique étrangère jusqu’à Jacques Chirac, qui se range derrière Washington, « affecté par l’assassinat de Rafic Hariri, et affaibli sur la scène politique intérieure » et qui infléchit la ligne diplomatique que Sarkozy ne fera qu’accentuer – avec notamment le retrait du dossier israélo-palestinien – Pascal Boniface pointe surtout nos débats de politique intérieure, « des débats faisant des jeunes filles portant un foulard parties d’un complot contre la République, à une présentation de la laïcité comme antinomique de la foi musulmane ». « Polémistes et essayistes très présents dans les médias ont une vision de la laïcité qui oppose les religions et diabolise avant tout l’islam, alors que les chercheurs en sciences sociales tentent de faire valoir que dans l’esprit du législateur de 1905, celle-ci était avant toute une loi de liberté – rappelle-t-il avant d’ajouter que les difficultés à admettre dans le débat public le terme d’islamophobie accentuent le trouble, le refus du terme s’apparentant à un déni du problème ».

Dans Les Echos Philippe d’Iribarne examine les conditions de la cohabitation dans les sociétés multiculturelles

À « ceux qui célèbrent la vision idéale d’une société plurielle comme à ceux qui s’en effraient » il tend le miroir de celles qui ont une longue expérience en la matière : l’ancien empire turc, l’empire austro-hongrois, l’ex-Yougoslavie, les Etats-Unis, le Brésil, le Liban, l’Afrique du Sud, Israël, l’Inde. Soit des manières très diverses d’organiser la pluralité des appartenances, des cultures, des religions, des ethnies, mais « des traits suffisamment communs pour qu’on puisse penser qu’ils font partie des structures pérennes des sociétés plurielles » et qui apparaissent d’autant plus nettement qu’on les compare avec des sociétés plus homogènes comme le Japon ou ce qu’ont été pendant longtemps les sociétés d’Europe du Nord. « Un premier enseignement, à destination des inquiets, est que ces sociétés arrivent à assurer entre les communautés qui les composent une coexistence suffisamment acceptable pour pouvoir subsister dans la durée. Mais un autre enseignement, à destination des optimistes, est que cette coexistence n’est pas idyllique » résume le spécialiste de l’influence des cultures sur les organisations. Car – je cite « une manière essentielle de coexister quand on est différent est de mener des existences largement séparées ». Une équation à trois inconnues, donc : « le degré d’accueil à l’égard de populations marquées par des cultures très différentes ; la force de l’incitation à se fondre dans la population qui les accueille ; le degré de séparation dans de multiples domaines (logement, école, etc.) entre les groupes concernés ». Le débat reste ouvert sur les options pour chacun de ces points, sans oublier qu’ils sont liés. « Nous ne cesserons sans doute pas d’être accueillants. Nous pouvons admettre que chacun cultive sa singularité. Mais nous devrons accepter que notre société soit ségréguée, inégalitaire et violente » conclut sans espoir Philippe d’Iribarne.

Russell Banks
Russell Banks Crédits : Larry D. Moore

Dans un grand entretien accordé à L’Obs , Russell Banks fait le bilan des années Obama et livre ses pronostics pour la prochaine présidentielle

Si les Républicains parviennent à choisir « une personne saine d’esprit et un peu plus compétente que la douzaine de clowns et d’ignares actuellement en lice - affirme l’écrivain américain - ils peuvent espérer battre Hillary », qu’il n’est pas facile d’aimer ni même de trouver sympathique, malgré la valeur symbolique, après la normalisation de l’idée d’un président noir, de celle d’une femme à la tête des Etats-Unis. Cette personne pourrait être le jeune et télégénique Paul Ryan, actuel speaker de la Chambre des représentants qui a su faire preuve d’une grande habileté pour rassembler les deux ailes du Parti républicain tout en travaillant avec les démocrates. « Si jamais l’été prochain la convention républicaine se retrouve dans l’impasse et que le seul moyen de la débloquer est d’investir Paul Ryan, souvenez-vous que c’est dans ces pages que vous l’aurez lu pour la première fois » conclut Russell Banks…

Jacques Munier

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