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C'est la rentrée

Sur le chemin de l’école

4 min
À retrouver dans l'émission

C’est la rentrée, demain pour les élèves et dès aujourd’hui pour les profs : l’occasion de parler de l’école

C'est la rentrée
C'est la rentrée Crédits : L'Est républicain - Maxppp

L’hebdomadaire Le un ouvre ses pages à « ces profs qui font bouger l’école ». Car si l’on en croit Nathalie Mons, qui préside le Conseil national de l’évaluation du système scolaire, « nous avons vingt ans de retard sur les autres pays de l’OCDE ». « L’école d’aujourd’hui ressemble beaucoup, dans sa pédagogie, à celle du XIXe siècle. Elle continue de fonctionner avec un enseignant faisant cours devant une classe. Mais d’autres formes existent ailleurs dans le monde, comme celle de la pédagogie inversée : les élèves travaillent en amont les contenus des leçons et les cours sont plus interactifs ». La sociologue porte un regard critique sur l’une des dispositions de la réforme du collège, qu’elle qualifie de « stratégie du détour ». « Au lieu de prévenir et d’accompagner la difficulté scolaire au sein de la classe en ayant recours à des pédagogies différenciées – par exemple, des ateliers ou du tutorat entre élèves, comme c’est le cas au Japon – on continue de traiter le problème à la marge de l’emploi du temps des élèves, avec un nombre d’heures dédiées à un enseignement plus individualisé très faible, alors qu’il faudrait développer des pédagogies efficaces au cœur de chaque heure de classe ». En finir avec les notes pour « souligner les différents degrés d’acquisition plutôt que de pointer soit les acquis, soit les lacunes », apprendre debout pour améliorer la concentration, la mémorisation et la participation, penser le monde en images pour devenir des « regards conscients », selon l’expression de Raymond Depardon, fondateur d’une plate-forme pédagogique – la Fabrique du regard – toutes ces expérimentations menées dans ou autour de l’école contribuent à redonner du sens à sa mission.

L’éducation à l’image et à ses pouvoirs, c’est le sujet du dossier de la revue L’école des parents

Dans un environnement saturé d’images, les enseignants sont en première ligne pour aider les élèves à exercer leur esprit critique. Dans l’enquête menée par Émilie Gilmer, le coordonnateur du Clemi – le Centre de liaison de l’enseignement et des médias d’information – Alain Pinol souligne que « le rôle de l’école est essentiel pour rappeler que toute image est une construction, et pour transmettre des réflexes comme la vérification de la source ou du contexte de production ». Confronter les élèves à l’écriture audiovisuelle les éveille notamment à la notion d’angle : « quel point de vue choisir pour livrer une information ? » L’exercice vaut également pour apprendre à décrypter une œuvre d’art. Et comme l’affirme Frédéric Florin, un prof d’anglais qui a créé une web TV dans son établissement : « Une des meilleures manières d’éduquer le regard des élèves consiste à leur faire produire des images » de manière à les transformer en « consommateurs d’images » éclairés.

« Qu’est-ce qu’une bonne école ? », la question est posée dans le numéro spécial du mensuel Sciences Humaines

Philippe Meirieu rappelle l’étymologie grecque et latine du mot école, skholé ou schola signifiant « loisir ». L’école est un lieu préservé, où l’on prend du temps pour « réfléchir, méditer et apprendre », « un espace de décélération dans une société d’immédiateté ». Pour François Dubet « une bonne école doit apprendre aux élèves des savoirs cognitivement robustes : la façon dont l’intelligence, la mémoire et le raisonnement sont mobilisés doit laisser des traces durables ». Et le géographe Michel Lussault se plait à imaginer « une architecture modulable » des bâtiments, de manière à créer des « îlots », une disposition des salles de classes « en pétales » pour contrer l’image disciplinaire des temples dévolus aux « hussards noirs » résolus à « dresser les petits Français dans le cadre d’une religion républicaine ».

C’est un peu cette image foucaldienne d’un « processus disciplinaire » que distille le livre qui paraît aujourd’hui chez Stock sur la dictée

Laure de Chantal et Xavier Mauduit ont parcouru des dizaines de manuels proposant des dictées à l’usage des maîtres, qui racontent notre histoire depuis le XIXe siècle et la loi Guizot qui organise en 1833 l’instruction primaire. Un voyage en « douce France, cher pays de mon enfance », avec ses zones d’ombre et ses pans de lumière, dont Erik Orsenna dit dans sa préface qu’il est aussi « une plongée dans l’intimité de la langue ». L’exercice, à la fois mortifiant et voluptueux, construit un roman national, où – par exemple – « la figure incandescente de Jeanne d’Arc porte en elle tous les paradoxes de l’école républicaine. En 1841, Jules Michelet la sort des flammes pour en faire une héroïne populaire et laïque. En 1869, monseigneur Dupanloup la récupère avec le désir de transformer ses cendres en saintes reliques ». La Grande Guerre met fin au culte des héros qui ne deviennent pas pour autant des zéros par faute de liaison… Chacun des chapitres propose en exergue une formule mnémotechnique comme « courir ne prend qu’un r car on manque d’air en courant », ou « l’hirondelle prend deux l car elle vole avec ses deux ailes ».

Dans l'intimité de la langue
Dans l'intimité de la langue Crédits : Radio France
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