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Macron poursuit le pickpocket qui lui a volé son programme

Sur "le peu de réalité"

5 min
À retrouver dans l'émission

La réalité dépasse la fiction et l’actualité peut prendre des allures de farce…

Macron poursuit le pickpocket qui lui a volé son programme
Macron poursuit le pickpocket qui lui a volé son programme Crédits : Gorafi

C’est ce que relève Daniel Schneidermann dans les pages idées de _Libération_, à propos du dernier canular du site parodique Gorafi. « Marine Le Pen propose d’entourer la France d’un mur payé par l’Algérie », titrait-il la semaine dernière, ce qui fut relayé le plus sérieusement du monde par un quotidien algérien – El-Hayat – non sans provoquer un certain émoi. Parmi les autres perles du site, certaines sont gentiment surréalistes, comme celle-ci : « Une file d’attente ne menant nulle part découverte dans un bureau de poste », ou ironique et mordante : « Emmanuel Macron poursuit sur le toit du métro le pickpocket qui vient de lui voler son programme »… Mais Daniel Schneidermann tire une leçon de la bévue du journal algérien. « Après tout, le mur gorafique de Marine Le Pen est-il moins gorafique que le mur non gorafique promis par Trump avec le Mexique ? » De fait, le président américain « a déplacé les frontières du gorafisme ». Au point que se répand un nouvel hashtag : #pasgorafi, pour éviter les confusions. Par exemple : « Un invité du golf de Trump fait un selfie avec l’officier chargé de la valise nucléaire. » Gorafi ? Pas du tout. « Il s’est bien trouvé, le week-end dernier, un invité du golf où Trump avait entraîné le Premier ministre japonais Shinzo Abe pour le week-end, pour sympathiser avec l’officier en question, et faire un selfie, révélant par là même son identité. » Mais bien gorafique en revanche, l’attentat en Suède inventé par l’éternel candidat lors d’un meeting samedi dernier en Floride, pour en remettre une couche sur les dangers de l’immigration et accréditer la thèse répandue dans les médias d’extrême-droite selon laquelle la Suède serait au bord du chaos parce qu’elle a accueilli de nombreux réfugiés du Moyen-Orient.

Les incohérences et volte-face de Trump ont inspiré à Sylvie Kauffmann dans _Le Monde_ une chronique « géogastronomique »

« Oubliez la géopolitique et la géoéconomie, le concept qui monte, c'est la géogastronomie. Invité à déjeuner cette semaine à la cafétéria du ministère russe des affaires étrangères à Moscou, un journaliste a découvert que le légendaire poulet à la Kiev y avait été rebaptisé " poulet à la criméenne ". » On se souvient que dans une autre cafétéria, celle du Congrès américain les frites, dénommées French fries avait également été rebaptisées Freedom fries lorsque notre pays avait refusé de s’associer à l’invasion de l’Irak en 2003. Le poulet à la Kiev semble peser sur les relations russo-américaines, et sur l’estomac de Georges Bush père, depuis le discours prononcé dans la capitale ukrainienne en 1991, où il exhortait les Ukrainiens à ne pas céder à un " nationalisme suicidaire " et à rester au sein de l'Union soviétique. Un chroniqueur du New York Times avait alors qualifié ce discours de "Chicken Kiev speech ". Quatre mois plus tard, les Ukrainiens votaient par référendum pour quitter l'URSS, qui disparaissait quelques semaines après. Plus récemment, c’est Vladimir Poutine, qui fit une double indigestion de Chicken Kiev, lorsque les Ukrainiens firent annuler l’élection truquée d'un candidat soutenu par Moscou, Viktor Ianoukovitch. Lequel, revenu au pouvoir dix ans plus tard en fut chassé à nouveau par une insurrection populaire pour avoir refusé de signer un traité d'association avec l'Union européenne. Une révolution qui a coûté aux Ukrainiens la Crimée et un conflit armé dans le Donbass, où Moscou soutient les séparatistes. « L'annexion du poulet à la Kiev, est très symbolique – observe Sylvie Kauffmann –l'indépendance de l'Ukraine, touchant au cœur même de l'identité russe, n'est toujours pas digérée. La réaction de Moscou, elle, touche au cœur même du système international de l'après-guerre froide et reste un énorme point de blocage dans les relations russo-occidentales. » Après avoir laissé entendre qu’il sacrifierait bien l’Ukraine pour un grand « deal » avec Poutine, Donald Trump semble faire machine arrière, « parce qu'elle compte à Washington, au Congrès et dans l'establishment politico-militaire, de nombreux soutiens, et aussi parce que sacrifier l'Ukraine reviendrait, tout simplement, à sacrifier le droit international. »

Retour en France, où un flotte également un sentiment d’irréalité persistant sur la campagne présidentielle

L’hebdomadaire Le un consacre son dernier N° à « La grande lessive présidentielle ». L’hommage subliminal au film de Jean-Pierre Mocky, avec Bourvil, Roland Dubillard et Francis Blanche, où il s’agissait de débrancher les Français du cordon ombilical de la télévision, ajoute une touche surréaliste aux différents constats plus ou moins consternés d’une campagne opérant comme une centrifugeuse. « Jamais une élection présidentielle n’a offert une telle configuration – résume-t-on à la une – Favoris écartés. Vieux briscards sur la touche. Bref, rien ne se passe comme prévu. » Ce que Vincent Martigny résume ainsi : « Retour à la normale ou implosion du système politique, cette élection s’apparente de plus en plus à une transition vers un ailleurs. »

Par Jacques Munier

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