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4 représentants d'Homo Sapiens, dont deux de 315 000 ans. A gauche, Abdelouahed Ben Ncer de l'INSAP de Rabat, à droit Jean-Jacques Hublin de l'Institut Max Planck

Des Homo Sapiens de 315 000 ans : coup de tonnerre dans l'histoire pré-humaine

12 min
À retrouver dans l'émission

Cette semaine au Journal des Sciences : Homo Sapiens : 100 000 ans de plus pour notre espèce en Afrique du Nord - Larsen C, 5000 km² : le plus gros iceberg du monde bientôt détaché de l'Antarctique - En bref : Des "briques de la vie" détectées dans l'espace à 400 années-lumière...

4 représentants d'Homo Sapiens, dont deux de 315 000 ans. A gauche, Abdelouahed Ben Ncer de l'INSAP de Rabat, à droit Jean-Jacques Hublin de l'Institut Max Planck
4 représentants d'Homo Sapiens, dont deux de 315 000 ans. A gauche, Abdelouahed Ben Ncer de l'INSAP de Rabat, à droit Jean-Jacques Hublin de l'Institut Max Planck Crédits : Patrick Kovarik - AFP

100 000 ans de plus pour Homo Sapiens : perspectives sur les origines africaines de l'humanité moderne

Une face plate, un gros crâne, deux bosses à l'arrière, des arcades peu proéminentes, et la capacité de tailler des pierres en les chauffant au feu : la découverte de fossiles de 5 individus pré-humains dans l'Ouest du Maroc et leur datation à - 315 000 ans bouleverse les connaissances paléo-anthropologiques actuelles.

Troublante ressemblance avec l'homme moderne : le crâne d'Homo Sapiens du Djebel Irhoud, au Musée d'Histoire Naturelle du Smithsonian Institute, avec son ancienne datation
Troublante ressemblance avec l'homme moderne : le crâne d'Homo Sapiens du Djebel Irhoud, au Musée d'Histoire Naturelle du Smithsonian Institute, avec son ancienne datation Crédits : Wikimedia Commons

Non seulement l'humanité moderne est désormais plus jeune de 100 000 ans que ce que l'on pensait - d'après les fossiles les plus anciens trouvés en Ethiopie, mais sa localisation primitive change aussi : ce nouveau site de Djebel Irhoud au Nord-Ouest vient s'ajouter à l'Est de l'Afrique et l'Afrique du Sud.

Seuls quelques sites ont été fouillés, sur les 30 millions de km² boisés que représentaient l'Afrique à l'époque de cette époque du paléolithique moyen vers - 300 000. Il faudra donc étendre et multiplier les recherches, et continuer celles qui sont en cours, notamment sur le site de Florisbad en Afrique du Sud, où d'autres fossiles datés de - 260 000 ans intriguent aussi les chercheurs. L'enjeu final est de reconstituer d'éventuelles migrations, échanges, accouplements, pour arriver à dessiner cet "arbre de l'humanité" forcément disparate et pour l'instant sans tronc principal.

Le crâne de l'homme de Florisbad découvert en 1932 près de Bloemfontein en Afrique du Sud : 260 000 ans d'ancienneté, des caractéristiques et pratiques assez similaires à l'homme de Djebel Irhoud
Le crâne de l'homme de Florisbad découvert en 1932 près de Bloemfontein en Afrique du Sud : 260 000 ans d'ancienneté, des caractéristiques et pratiques assez similaires à l'homme de Djebel Irhoud Crédits : Smithsonian Institute

Le plus gros iceberg du monde sera bientôt séparé de l'Antarctique

Tracé de la fissure sur la banquise "Larsen C" au 1er mai 2017. Le Pays de Galle représenté à l'échelle donne une idée de l'iceberg à venir.
Tracé de la fissure sur la banquise "Larsen C" au 1er mai 2017. Le Pays de Galle représenté à l'échelle donne une idée de l'iceberg à venir. Crédits : Swansea University

13 km de glace : c'est ce qui rattache encore au continent Antarctique les 5000 km² de banquise avec des falaises à 300 m de hauteur. Lorsque l'iceberg sera séparé, il fera la taille de la Dordogne ou 50 fois Paris. Depuis trois ans, cette faille dans la glace au Nord-Ouest du continent Antarctique attire l'attention des chercheurs britanniques et américains mais la progression de la fissure s'est accélérée depuis le début de l'année et la rupture est imminente.

Les conséquences directes sont imprévisibles, mais l'iceberg ne devrait pas poser de problème pour la navigation, ni augmenter le niveau des océans. Par contre sa perte entraînera une accélération du glissement des glaciers de l'Antarctique vers la mer, glissement également en accélération à cause du réchauffement climatique. Selon les estimations les plus extrêmes à terme, si la banquise Antarctique fondait, l'élévation du niveau des mers pourrait atteindre 6 m.

Intervenants
  • Paléoanthropologue, professeur au Max Planck Institute for Evolutionary Anthropology de Leipzig, titulaire de la chaire Paléoanthropologie au Collège de France.
  • Paléoanthropologue à l'Université du Wisconsin-Madison
  • Chef du Département de Paléoanthropologie au Musée de Bloemfontein, chargé du site de Florisba
  • Géophysicien au US Geological Survey et glaciologue à l'Université d'Etat du Colorado, collaborateur du projet MIDAS (Impact of Melt on Ice Shelf Dynamics And Stability)
L'équipe
Production
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