LE DIRECT
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.
Mars, ici le cratère Endeavour photographié par le rover Opportunity, est le but de la feuille de route de la NASA

La NASA veut passer par la Lune pour envoyer des homme sur Mars dans les années 2030

11 min
À retrouver dans l'émission

La Nasa annonce qu'elle entame dès 2019 la construction d’une passerelle vers l'espace profond (Deep Space Gateway), qui sera placée en orbite autour de la Lune, et doit permettre à terme d'envoyer des homme sur Mars. Mais le projet reste flou et cette station lunaire ne fait pas l'unanimité.

Mars, ici le cratère Endeavour photographié par le rover Opportunity, est le but de la feuille de route de la NASA
Mars, ici le cratère Endeavour photographié par le rover Opportunity, est le but de la feuille de route de la NASA Crédits : NASA

Ces  dernières semaines, la Nasa a dévoilé sa feuille de route en 5 étapes  pour l'exploration humaine de la Lune et du système martien, et rendu public le calendrier des missions d'assemblage et de logistique ainsi que celui des missions habitées.  Il faut rappeler qu'après Obama, qui avait abandonné tout projet d'exploration martienne,  le président des Etats-Unis Donald Trump a très clairement indiqué en début de mandat faire de Mars son objectif. Avec un scénario qui continue de diviser:  se servir la Lune,  comme tremplin pour atteindre, à terme  la Planète rouge.  L'instrument clef de cette stratégie, qui est au coeur des deux premières étapes de la feuille de route américaine est  la Deep Space Gateway, ou  passerelle vers l'espace profond. Son assemblage nécessitera  quatre missions, et c'est à partir de cette passerelle que doit être mis en place un  système de transport pour l'espace profond.

La Deep Space Gateway en construction dès 2019 

La Deep Space Gateway en orbite autour de la Lune, telle que proposée sur la feuille de route de la NASA
La Deep Space Gateway en orbite autour de la Lune, telle que proposée sur la feuille de route de la NASA Crédits : NASA

William H. Gerstenmaier, administrateur associé de la Direction de l’Exploration et des Opérations humaines au siège de la NASA à Washington a annoncé lundi que le premier investissement de la NASA pour cette plate-forme sera pour les éléments de propulsion et d’énergie et qu’elle interviendra dès 2019.  Les Européens, et notamment l'ESA, ne sont pas , à ce stade partenaire de la NASA sur ce projet, mais des discussions politique sont en cours. J'ai donc demandé sur regard cette feuille de route de la NASA à Christophe Lasseur, coordinateur des activités Support-Vie de l’ESA, directeur du projet MELISSA qui a pour objectif l’étude des supports de vie autonome. Pour lui, l'étape de l'orbite lunaire est une étape incontournable dans toute entreprise de voyage sur Mars. Il est donc favorable à  et cette Deep Space Gateway, mais s'inquiète de ne pas lire dans la feuille de route américaine une volonté d'en faire une vraie plateforme de recherche. 

Il faut déjà valider des technologies dans une orbite, qui ne sera plus une orbite terrestre, où l'on sera entre autres exposé fortement aux radiations. C'est un d"es vraies challenges. Aujourd'hui l'ISS et la station chinoise orbitent sous la ceinture de Van Allen et sont donc protégées des radiations. Or,  avec un vol sur Mars, on expose un véhicule et un équipage à bien plus que cela. Avoir cette Deep Space Gateway en orbite lunaire  pour aller faire de la recherche pour valider des technologies me semble pertinent. Mais il y a un vrai travail de recherche à faire  et il n’apparaît pas dans les deux premières phases de cette feuille de route. 

Faut-il vraiment passer par la Lune pour aller sur Mars ? 

Plusieurs inconnues de taille subsistent néanmoins sur ce projet, baptisé A Journey to Mars: les pays européens y participeront-ils ?  Et surtout, à quel point la NASA entend-elle collaborer avec la firme privée  SpaceX ? Car de son côté, son très flamboyant patron Elon Musk affiche clairement son ambition: envoyer lui aussi des hommes sur Mars à l'horizon 2030, mais sans passer par la case Lune. Si le patron de l'ESA et plusieurs commentateurs qualifient son projet d'irréaliste,  l'étape lunaire ne convainc pas non plus  tout le monde. Richard Heidmann,  ingénieur en propulsion spatiale et vice-président fondateur de l’association Planète Mars,  ne comprend pas ce choix, qu’il juge aussi absurde qu’inutile scientifiquement et économiquement. 

On sent qu'il y a des pression de l'industrie et de l'Europe de commencer par la Lune, avant d'aller sur Mars parce que c'est plus difficile et plus coûteux. Mais de mon point de vue on n'en a pas vraiment besoin! Si vraiment on s’intéresse à la Lune, il faut descendre sur la Lune. Par contre l'idée de cette station en orbite lunaire, c'est du gâchis. L'idée c'est quand même de tester des technologies faites pour supporter un voyage lointain, mais qu'on les teste en orbite lunaire ou autour de la Terre, ça ne change rien. Et si on veut vraiment tester la résistance aux radiations, il ne faut pas se contenter d'une orbite qui, elle aussi, se situe de toute façon sous la ceinture de Van Allen. Le risque,  c'est que cette étape intermédiaire soit si coûteuse qu'à terme, on préfère abandonner le voyage vers Mars, comme cela s'est produit avec la Space Exploration Initiative de George Bush père, en 1989 ! 

L'équipe
Production
Réalisation
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......