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Génome Z : la découverte d'un ADN viral qui ne ressemble à aucun autre

4 min
À retrouver dans l'émission

L'étonnante diversité des bases nucléotidiques du génome des bactériophages et autres actualités scientifiques.

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. Crédits : cdascher - Getty

Trois études parues dans la revue Science décrivent la découverte d’un génome qui ne ressemble à aucun autre. On vous le répète souvent dans nos émissions : l’ADN génomique est composé de 4 bases nucléotidiques : A, T, C et G, pour adénine, thymine, cytosine et guanine. Ces nucléobases forment l’alphabet génétique de la plupart des êtres vivants, de votre ficus à votre grand-mère. Toutefois, en 1977, des scientifiques russes ont découvert qu’une espèce de bactériophage (un virus qui infecte des bactéries) utilisait un alphabet génétique tout à fait unique : l’adénine avait été remplacée par de la diaminopurine, appelée aussi Z. L’alphabet génétique de ce virus n’était donc pas ATCG mais ZTCG. Les chercheurs l’ont alors baptisé « génome Z » et on pensait qu’il ne s’agissait que d’une curiosité. Ces trois études distinctes montrent que ce génome Z est beaucoup plus répandu qu'on ne le pensait. Une équipe chinoise, française, et une collaboration internationale ont utilisé différentes techniques génomiques pour identifier les voies qui mènent au développement de ce curieux génome. Ce nucléotide Z donnerait des avantages au virus : l’ADN-Z serait plus stable à des températures élevées et résisterait mieux à certaines protéines présentes dans les bactéries que le virus infecte. De plus, ce génome Z est présent dans plus de 200 espèces de bactériophages. L’origine exacte de ce génome est pour le moment inconnue.  

Les études sont accessibles ici, ici et là.

De nouveaux implants pour suivre en continu l'activité cérébrale

Une étude parue dans la revue Nature Biotechnology décrit la création d’un nouvel implant qui permet de suivre l’activité cérébrale des patients, même à domicile. Jusqu'à présent, surveiller l’activité cérébrale n’était possible qu’en clinique et sur un laps de temps assez court. Une équipe américaine a conçu des implants sans fil pour un enregistrement en continu des signaux cérébraux. Cinq personnes atteintes de la maladie de Parkinson ont été équipées puis suivies pendant 15 moins lors de leur vie quotidienne. Pour soigner leurs troubles moteurs, les chercheurs ont pu ajuster, à distance, le niveau de stimulation cérébrale profonde qui permet de stimuler certaines zones du cerveau. Cette innovation offre de nouvelles possibilités pour soigner cette maladie ou d’autres troubles neurologiques. 

Le mystère des champs magnétiques des naines banches enfin résolu ? 

Une étude parue dans la revue Nature Astronomy a peut-être résolu une énigme de l’astrophysique stellaire : celui du champ magnétique des naines blanches. Celles-ci sont ces étoiles mourantes, étonnement denses, et certaines d’entre elles, surtout les naines blanches binaires, possèdent un puissant champ magnétique jusqu'à environ un million de fois plus puissant que celui de notre planète. Aucun modèle ne parvenait à expliquer l’origine de ce champ magnétique. Une équipe internationale vient peut être de résoudre ce problème. Selon ce papier, ces astres génèrent une magnétosphère seulement dans certains contextes, et celle-ci se développerait au fil du temps : lorsque l’étoile a perdu son enveloppe extérieure, son noyau se refroidit et se cristallise, et la chaleur qui s'échappe vers l'extérieur crée des courants de convection, un peu comme le fer liquide qui se déplace à l’intérieur de la Terre. En d’autres mots, les mécanismes qui génèrent un champ magnétique peuvent fonctionner dans des objets astronomiques très différents.   

Le pouvoir de la colistine sur les superbactéries

Enfin, selon une étude parue dans la revue eLife, une équipe internationale a créé un nouveau traitement contre les superbactéries. Ce n’est pas tout à fait nouveau puisqu’il s’agit de la colistine, sauf qu’elle est utilisée en dernier recours pour traiter les infections bactériennes résistantes. Les chercheurs ont découvert que la colistine était capable de perforer la membrane externe d’une bactérie mais aussi sa membrane cytoplasmique. Les chercheurs ont ensuite amélioré ses capacités et l’ont testée sur Pseudomonas aeruginosa : une superbactérie. La colistine l’aura éclatée comme un ballon de baudruche. 

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