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Modélisation virtuelle de l’ancêtre commun de l'Homo Sapiens.

Le crâne virtuel de notre ancêtre commun

4 min
À retrouver dans l'émission

La première modélisation du crâne de l'ancêtre commun d'Homo Sapiens et autres actualités scientifiques.

Modélisation virtuelle de l’ancêtre commun de l'Homo Sapiens.
Modélisation virtuelle de l’ancêtre commun de l'Homo Sapiens. Crédits : Aurélien Mounier, CNRS/MNHN

Grâce à une étude parue hier dans Nature Communications, on sait à quoi ressemble l’ancêtre commun d’Homo Sapiens. L’Homme moderne, Homo Sapiens, est apparu en Afrique entre 300 000 et 200 000 ans avant notre ère, mais il reste peu de fossiles de ces premières époques. Pour combler ce manque de matériel d’étude, les paléoanthropologues du CNRS et de l’Université de Cambridge ont créé un fossile virtuel, une modélisation 3D, pour mieux comprendre l’origine d’Homo Sapiens. La méthode est assez novatrice :  ils se sont appuyés sur l’analyse morphologique de 263 crânes de toutes les époques et du monde entier - associées à des données génomiques. Selon ce modèle, cet ancêtre commun a déjà les caractéristiques de notre espèce : une voûte crânienne arrondie et très haute, et quelques caractéristiques plus archaïques, il est plus prognathe. Dans un second temps, ce crâne virtuel a été comparé à de vrais fossiles africains : les résultats suggèrent de nouvelles hybridations entre les populations humaines.

Interview avec Aurélien Mounier, chercheur CNRS au laboratoire "Histoire naturelle de l’Homme préhistorique" et co-auteur de cette étude avec Marta Mirazón Lahr.

En Bref

  • Les Européens accumulent des mutations génétiques 

Selon une étude parue dans la revue Molecular Biology and Evolution : les Européens accumulent des mutations génétiques depuis des milliers d'années. Cette équipe canadienne a examiné les génomes de plus de 2000 Européens, dont 1000 génomes anciens remontant à 45.000 ans, date à laquelle notre espèce a quitté l’Afrique et s’est implantée en Europe. Les chercheurs constatent qu’un grand nombre de variantes génétiques sont associées à des maladies comme l’asthme et le diabète - des variantes peu nocives mais qui augmentent progressivement au fil du temps. Rien de grave, précise l’un des auteurs, les mutations hautement délétères, elles, ne s'accroissent pas avec les expansions humaines.    

  • La vaccination généralisée contre le Papillomavirus créé une immunité grégaire chez les hommes

Aux États-Unis, selon une étude publiée dans la revue médicale JAMA : la vaccination contre le papillomavirus crée chez les hommes une immunité grégaire. Celle-ci se produit lorsqu’un pourcentage suffisant d’individus est immunisé, notamment grâce aux vaccins ; la contagion d’une maladie est alors stoppée. Le papillomavirus est une infection sexuellement transmissible très impliquée dans de nombreux cancers dont celui du col de l’utérus. Depuis cet été, grâce à une étude publiée par le CDC, on sait que ce vaccin peut prévenir 92 % des cancers liés à ce virus.  

Ce nouveau travail est une étude épidémiologique réalisée aux Etats-Unis entre 2009 et 2016 sur plus de 13.000 personnes. On observe que, chez les hommes américains non vaccinés, le taux d’infection au HPV par voie orale a chuté de 37%. Cela montre bien que la vaccination généralisée crée, au moins chez les hommes, une immunité de groupe. En France : le projet de faire vacciner les jeunes garçons est toujours à l’étude.

  • L'origine des lacs de méthane de Titan

Selon une étude parue dans Nature Geoscience, les lacs de méthane à la surface de Titan, la lune de Saturne, se seraient formés lors d’explosions souterraines. Grâce aux observations de la sonde Cassini de la NASA, on s’aperçoit que les bords de ces lacs sont escarpés et qu’ils se sont formés par des matériaux éjectés depuis l’intérieur. Cette nouvelle hypothèse suggère qu’il y a des centaines de millions d’années, la croûte de Titan s’est réchauffée, ce qui a transformé les poches d’azote liquide contenues dans cette croûte en gaz explosif. Les cratères créés par cette explosion se sont ensuite emplis de méthane liquide. Cette réaction est similaire aux éruptions terrestres dues à l’interaction de l’eau et du magma. Si Titan était déjà géologiquement assez proche de notre planète, cette étude l’a rapprochée encore un peu plus. 

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