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La crise de la reproductibilité serait plus grave que nous ne le pensions

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Une métaétude révèle que les articles aux expériences non répétées sont trop souvent cités et autres actualités scientifiques

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. Crédits : Thanapol Mongta / EyeEm - Getty

Selon une étude parue dans la revue Science Advances, la crise de la reproductibilité est plus grave que nous ne le pensions. Voilà bientôt deux décennies que le monde de la recherche a pris conscience de cette crise méthodologique qui touche aussi bien les sciences dures que les sciences humaines et sociales. On se rend compte qu’il est de plus en plus difficile de reproduire les manipulations en laboratoire et les résultats de nombreuses études, alors que c’est l’un des fondements de la méthode scientifique. Des chercheurs californiens ont passé au crible plus 20.252 articles de diverses revues et se sont appuyés sur le « Journal Citation Reports » :  la base de données la plus complète sur les citations d’articles. Ils ont découvert que les études aux résultats répliqués sont moins souvent citées que celles aux expériences non répétées mais aux résultats « intéressants » ou différents. Selon les auteurs, ces études, qui attirent plus facilement l'attention, sont 153 fois plus susceptibles d'être citées alors qu’elles peuvent appliquer des normes plus faibles quant à leur reproductibilité. Ce n’est pas forcément de la fraude scientifique, mais plutôt des malfaçons où le « matériel et méthodes » peut être inexact. Les auteurs pointent du doigt la pression forte des médias et des réseaux sociaux. Ils encouragent les chercheurs à vérifier les données de réplication avant de citer une étude, et en particulier celles beaucoup citées.

Un faible taux de testostérone serait associé à un CoVid-19 sévère 

Selon une étude parue hier dans la revue JAMA, un faible taux de testostérone serait associé à un CoVid-19 sévère. Une équipe américaine a mesuré les taux de testostérone de 152 patients atteints de CoVid-19 dont 143 hospitalisés. Résultats : de faibles concentrations de ces hormones sexuelles sont associées à une maladie plus grave. Au fur et à mesure que les hommes devenaient plus gravement malades, leur taux de testostérone continuait de baisser. Toutefois, corrélation ne veut pas dire causalité. De plus, l’une des limites de cette étude est que ces mesures n’ont été prises qu’au moment de l’admission à l’hôpital des patients, et pas avant. Impossible donc de savoir si ces niveaux d’hormone étaient déjà bas avant l’infection virale, ou s’ils chutent à mesure que la maladie progresse.  

Zeus : le vaisseau russe à propulsion nucléaire

La Russie va construire un vaisseau à propulsion nucléaire pour une mission interplanétaire. Depuis 2010, Roscosmos développe un prototype d’un remorqueur spatial : un vaisseau baptisé Zeus, censé transporter des astronautes d’une planète à l’autre grâce à un réacteur nucléaire de 500. Un prototype a déjà été testé en 2018 et grâce à cette nouvelle technologie (la propulsion nucléaire), les temps de trajets devraient être considérablement réduits. L’agence spatiale russe a annoncé une mission interplanétaire vers la Lune, puis vers Vénus, puis vers Jupiter, pour un voyage d’un peu plus de 4 ans. Le lancement est espéré pour 2030. 

L’eau de la fonte des glaciers contient des niveaux élevés de mercure.

Enfin, selon une étude parue dans la revue Nature Geoscience, l’eau de la fonte des glaciers contient des niveaux élevés de mercure. Cette équipe internationale ne s’attendait pas à de pareils résultats. Les chercheurs analysaient la composition de l’eau de la fonte de la calotte glaciaire du Groenland, dans 3 rivières et 3 fjords du pays. Ils ont identifié du mercure à des niveaux très élevés, des niveaux qu’ils qualifient même d’historique. Selon les chercheurs, sous l’effet du réchauffement climatique, ses concentrations élevées proviendraient de l'érosion de la roche sous la calotte glaciaire du Groenland, riche en mercure. Cette pollution pourrait avoir de graves conséquences sur l’environnement et la pêche locale. À mesure qu’il fond, le Groenland pourrait devenir une source d'émission naturelle d’un des polluants les plus toxiques.  

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