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Provoquer le suicide des cellules cancéreuses

9 min
À retrouver dans l'émission

Les études américaines sur l’insertion d'un code tueur dans les cellules cancéreuses, la découverte de différents sous-types de dépression et l’équation mathématique d'une pizza parfaite.

Crédits : Getty

Provoquer le suicide des cellules cancéreuses

Deux études américaines sur l’insertion d'un code tueur dans les cellules cancéreuses pour provoquer leur autodestruction viennent de paraître.

On connaît depuis longtemps l’existence des petits ARN interférents, qui font du silence dans la cellule et qui bloquent l'activité d'un gène en agissant sur l'ARN messager. C’est très largement étudié depuis une vingtaine d’années. 

L’étude montre que ces ARN possèdent dans leurs codes une signature que l’on appelle le code tueur, un mécanisme cellulaire d’autodestruction. La particularité de cette étude est qu’ils ont prouvé que ces micro-ARN peuvent être injectés dans les cellules cancéreuses pour déclencher ce fameux kill switch : le code tueur. 

L’idée ce n’était pas de proposer une nouvelle substance artificielle dans le traitement du cancer mais bien d’utiliser ce qu’il y a dans la cellule cancéreuse, qui serait un verrou et que l’on pourrait activer. 

Marcus Peeter a mené cette étude, il nous explique quelle a été sa méthode : 

C’est assez simple car il n’y a que 4 bases : A, T, C et G qui constituent l’intégralité du génome, et les petits ARN qu’on introduit à l’intérieur des cellules, ils sont regroupés sur une vingtaine de nucléotides. 

Et nous avons trouvé, au sein de cette séquence de 20 nucléotides, une plus petite séquence de 6 nucléotides qui est responsable de l'activation du code tueur. 

Une fois qu’on réalise cela, cela correspond exactement à 4.096 combinaisons possibles de séquences différentes. Et donc, la manière dont on a trouvé ça, c’est une fois qu’on a réalisé qu’il s’agissait d’une position critique dans la molécule, à l’intérieur, on a testé 4.096 versions différentes de la molécule possédant ces 6 nucléotides intégrés.

Il faut quand même mettre en perspective qu’il s’agit là d’une étude expérimentale, qui reste préliminaire. L’équipe américaine a utilisé des lignée cellulaires complètement artificielle, en boite de pétri. Pour un développement jusqu’à un médicament fiable, cela peut prendre une quinzaine d’année. 

Néanmoins, cette étude est une preuve de concept et peut inspirer de nouveaux traitements contre le cancer. Antonin Morillon est directeur de recherche au CNRS et travail sur les ARN non-codants et la fluidité des génomes à l’Institut Curie à Paris. Il a trouvé cette étude passionnante.

J’ai été extrêmement intéressé par un des chapitres : ils ont utilisé dans leurs boîtes de Pétri des drogues utilisées en chimiothérapie, et ils se sont aperçus que ces drogues-là, l’un des effets, c’était justement d’activer ces molécules tueuses dans la cellule. Donc en fait, on est en train de se rendre compte que dans ces chimiothérapies, ce n’est pas la drogue en tant que telle qui tuait la cellule cancéreuse, mais c’est la drogue qui active un mécanisme de défense ancestrale de la cellule. Et ça, si c’est confirmé par d’autres études, c’est extrêmement intéressant parce qu’il y a peut-être d’autres façons encore de surproduire dans nos cellules cancéreuses ces fameuses molécules tueuses et pas simplement en les rajoutant dans un médicament. Donc l’idée, ce serait d’activer la cellule d’une manière moins dangereuse que les chimiothérapies.

L’Australie a officiellement éliminé la rubéole grâce à la vaccination

Cette semaine, l’annonce de l’OMS : l’Australie a officiellement éliminé la rubéole grâce à la vaccination.

Pour rappel, la rubéole c’est cette maladie virale très contagieuse. Pendant la grossesse, elle peut provoquer fausses couches, morts-nés ou malformations irréversibles. L’Australie a mené un solide programme de vaccination en milieu scolaire depuis 1998. À tel point que le taux de vaccination des enfants de cinq ans a atteint les 94 %.  La rubéole et la rougeole restent néanmoins endémiques dans de nombreux pays.  On est encore loin de l’éradication mondiale de cette maladie, mais c’est la preuve que les campagnes de vaccination ne sont pas inutiles. 

La couche d’ozone se reforme peu à peu

Selon le rapport de l’organisation météorologique mondiale - qui dépend de l’ONU - la couche d’ozone se reforme peu à peu.

Dans certaines parties de la stratosphère, depuis 2000,  le trou se rebouche de 1 à 3 % par décennie. C’est lentement mais sûrement et les scientifiques sont très optimistes. À ce rythme, d’ici 2060, la couche d’ozone devrait revenir dans l’état dans lequel elle était dans les années 1980. Selon le rapport, ce sont les effets directs du protocole de Montréal de 1987 qui a fait interdire certains gaz réfrigérants. En 2019, il devrait être renforcé avec l’entrée en vigueur de l’accord de Kigali, pour mettre fin à l’usage des hydrofluorocarbures.

Il existe différents sous-types de dépression

Dans une étude publiée dans Medical News Today , une équipe de Japonais vient d’identifier trois nouveaux sous-types de dépression, qui ne sont pas dus aux mêmes causes et qui ne se traitent pas de la même manière.

Il faut tout de même rappeler que 300 millions de personnes dans le monde souffrent de dépression, selon le dernier rapport de l’OMS. C’est une étude qui s’inscrit dans le cadre très général de la médecine de précision : qui correspond à l’idée que les maladies telles qu’on les a définis jusqu’à présent ne constitue pas d’entité homogène mais sont composées de différents facteurs. Les chercheurs ont examiné les données cliniques de 134 participants. Ils ont combiné plusieurs méthodes, des données IRM, de l'Inventaire de dépression de Beck, de l’échelle de traumatologie chez l'enfant et l'adolescent et des biomarqueurs sanguins. Ils ont cartographiés 78 régions cérébrales et ont examiné les connexions entre ces régions. Des types de dépression pharmaco-résistantes ont été trouvés ; ce qui expliquerait pourquoi les inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine sont inefficaces chez certains patients. Catherine Belzung est professeur de neurosciences à l’université de Tours. Elle nous explique l’une des particularités de cette étude.

C’est une étude dite de « connectonique » qui s’intéresse aux connexions entre les régions cérébrales. Ils ont vu que là on pouvait avoir différents signaux notamment avec une partie du cerveau appelé le gyrus angulaire. C’est une cible un petit peu nouvelle  parce que jusqu’à présent, ce n’était pas une région qui avait beaucoup attiré l’attention dans le domaine de la dépression.  Le gyrus angulaire fait partie du réseau cérébral, qu’on appelle le réseau cérébral par défaut, et il pourrait-être impliqué dans la dépression  justement parce que certains ont une altération cérébrale tandis que d’autres ne l’ont pas. Et en fonction de ça, la prise en charge avec les antidépresseurs couramment utilisés comme le prozac fonctionne ou ne fonctionne pas 

Cette étude japonaise est, elle aussi, une étude préliminaire, mais elle ouvre en neurobiologie de nouvelles pistes de recherche. 

La greffe réussie de cellulle souches iPS

Aujourd'hui, le Japon a annoncé la réussite d’une transplantation de cellule souches iPS dans le cerveau d'un patient atteint de la maladie de Parkinson.

Cet essai clinique, c'est une première mondiale. Les cellules iPS, ce sont des cellules spécialisées - comme celles de la peau - que l’on a fait régresser à l’état de cellules souches et qui peuvent ensuite se redévelopper et se respécialiser, en l’occurrence ici, en neurones.  En octobre, le patient avait reçu dans la partie gauche de son cerveau plus de 2 millions de cellules souches iPS. Si la greffe continue de bien se passer, il recevra ce mois-ci la même quantité de cellules mais dans la partie droite de son cerveau. Cette opération représente de grands espoirs pour le traitement de la maladie de Parkinson.

L'analyse du génome du tigre dénombre six sous-espèces

Deux chercheurs chinois ont analysé les génomes de 32 tigres : leur étude confirme qu'il existe 6 sous-espèces de tigres survivants.

Cela faisait des années que le nombre des sous-espèces de tigres faisait débat. En 2015, ils avaient été classés en 2 sous-espèces. Il existe donc 6 sous-espèces de tigres en vie auxquelles il faut ajouter trois sous-espèces éteintes. L’analyse génomique a montré que chacune de ces sous-espèces a une histoire évolutive unique. Le tigre de Sumatra par exemple est plus petit en raison du gène ADH7. Pour la préservation des tigres, comprendre les différentes sous-espèces est d’une importance capitale. Il n’existe plus que 4.000 tigres à l’état sauvage et selon WWF, près de 97% d’entre eux ont disparu en un siècle.

L’équation mathématique pour une pizza parfaite

On termine ce journal avec la rubrique des sciences improbables. Des physiciens italiens ont tenté de résoudre un mystère : quelle est l’équation mathématique pour une pizza parfaite ?

Dans le Journal IOP science, on trouve cette étude - qui est aussi très appétissante - et qui s’intitule « la physique de la bonne cuisson de pizza ». Selon les chercheurs : tout est dans le four !  Le secret réside dans la physique du four à brique. Ils ont proposé une formule mathématique « basée sur les principes thermodynamiques de base » tout en prenant compte de la teneur en eau de la garniture. Donc par exemple : « Dans des conditions idéales, une seule pizza Margherita peut être cuite à la perfection en exactement 2 minutes dans un four à briques chauffé à 330 ° ». Et pour les fours électriques, pas de problème ! Ils ont aussi écrit une longue équation thermodynamique pour réussir une pizza.  On savait que la pizza était un art, c’est aussi une science.

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