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Deforestation en Amazonie pour l'agriculture, au Bresil.

Le rapport de l’IPBES sur l’effondrement du vivant

10 min
À retrouver dans l'émission

Le dernier rapport de l'IPBES parle d'un "taux d’extinction des espèces sans précédent". Des chercheurs américains parviennent à bio-imprimer en 3D un système vasculaire et autres actualités scientifiques de la semaine.

Deforestation en Amazonie pour l'agriculture, au Bresil.
Deforestation en Amazonie pour l'agriculture, au Bresil. Crédits : Getty

Mesurer la perte de la biodiversité

Pour le premier sujet de ce journal, on revient sur le rapport de l’ IPBES sur la biodiversité parue lundi. L’IPBES c’est la plateforme Intergouvernementale sur la Biodiversité et les Services éco-systémiques. On la considère comme le GIEC de la biodiversité. Ce rapport a pour objectif de mesurer l’impact de l’activité humaine sur la nature. 140 scientifiques du monde entier ont été mobilisés. Ils ont synthétisé les données et les analyses recensées par l’UICN, l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature. C’est l’étude la plus exhaustive jamais réalisée. Le texte est ferme : l’ampleur de la destruction du vivant est plus grave qu’on ne le pensait : sur les 8 millions d’espèces animales et végétales recensées, environ 1 million d'espèces sont menacées d'extinction au cours des prochaines décennies. Ce taux d’extinction est « sans précédent » et il s’accélère. 

Deux choses sortent de ce rapport très clairement : 40 % d’espèces d’amphibiens sont menacées, ainsi que 33 % des récifs coralliens, ils sont les premiers écosystèmes qui risquent d’être fortement endommagés. Dans cette étude, les causes de cet effondrement ont été hiérarchisées et modélisées.

Entretien avec Paul Leadley, directeur du laboratoire d’écologie de l’Université Paris Sud et principal auteur de ce rapport.

Nous avons regardé quels sont les facteurs qui pilotent les pertes de biodiversité et on a fait pour la première fois une comparaison de plusieurs modèles de l’impact de différents développements socio-économiques sur la biodiversité et sur les services écosystémiques.

Ces résultats s’expliquent surtout par l’augmentation des pressions sur la biodiversité, l’augmentation des vitesses des modifications de la terre et de son exploitation, l’augmentation de la déforestation, de la surpêche, augmentation de la pollution, l’augmentation de la pollution plastique, et d’autres facteurs comme le réchauffement climatique qui augmente.

Ces résultats s’expliquent surtout par l’augmentation des pressions sur la biodiversité, l’augmentation des vitesses des modifications de la terre et de son exploitation, l’augmentation de la déforestation, de la surpêche, augmentation de la pollution, l’augmentation de la pollution plastique, et d’autre facteur comme le réchauffement climatique qui augmente.

Dans ce rapport, on peut aussi lire que pour préserver la nature, les actions gouvernementales bougent. Le nombre de surfaces protégées a augmenté par exemple. Mais, problème : ces réponses pour minimiser les dégâts ne sont pas suffisantes pour contrecarrer l’augmentation totale des pressions qui pèsent sur l’ensemble de la biodiversité. Le texte fait un autre constat d’échec : en 2010, lors de la convention sur la diversité biologique d’Aichi au Japon, un plan stratégique a été adopté, avec 20 objectifs pour 2020. Sur les 20, seulement 4 ont été respectés. Contrairement au GIEC qui proposait des objectifs clairs pour ralentir le réchauffement climatique - comme celui de ne pas dépasser les 2 °C - le rapport de l’IPBES reste assez vague sur les solutions concrètes.  Il évoque « une réforme majeure de l'économie, avec des contrôles très forts"

Entretien avec Gilles Boeuf, biologiste et professeur invité au Collège de France sur la chaire "Développement durable, environnement et sociétés ». Pour lui, l'effondrement du vivant n’est pas inéluctable, mais pas sans un changement radical. 

La bio-impression 3D d’un réseau vasculaire

Une équipe américaine est parvenue a imprimer en 3D des réseaux vasculaires complexes. L’innovation est à la une de la revue Science ce mercredi. Ces derniers mois, les technologies 3D dans le secteur médical font des progrès impressionnants. Il y a quelques semaines, on en a parlé ici, une équipe israélienne a réussi a bio-imprimer un prototype de cœur humain à partir de cellules souches. Les chercheurs de l’Université de Washington ont recréé la complexité d’un réseau vasculaire. L’architecture vasculaire est un défi technique puisque les systèmes vasculaires varient de quelques centimètres de diamètre à quelques dizaines de microns, donc le premier défi, c’est celui de la miniaturisation.  Ils sont allés jusqu’à réaliser une alvéole pulmonaire, avec des micro-canaux indépendants qui s’enchevêtrent sans se pénétrer et qui peuvent communiquer entre eux. Ils ont rendu ce système perfusable et optimisé pour la transplantation : c’est une première. La méthode en question est celle de la photo-polymérisation. Un vidéoprojecteur projette des images de 2D en haute résolution sur une solution pré-hydrogel qui se solidifie au contact de la lumière bleue. 

Jean-Christophe Fricain, est directeur de recherche en bio-ingénierie tissulaire à l’Inserm. Pour lui, il ne s’agit pas de vaisseaux vasculaires à proprement parlé, mais on s’en approche. 

En bref

-  Selon The Global Footprint Network et WWF, l’Europe a épuisé les ressources naturelles d’une année et a atteint ce vendredi 10 mai son " jour du dépassement ".

- Le parlement britannique a voté un texte qui proclame l'urgence écologique et climatique comme « urgence nationale »

- Mercredi le gouvernement néo-zélandais a présenté une série de mesures pour lutter contre le réchauffement climatique. Objectif : atteindre la neutralité carbone d’ici 2050.

- Dans le cadre de son programme de défense spatiale, la NASA va s’entraîner à dévier un astéroïde en septembre 2022

- Selon un rapport sur les menaces informatiques, la France est le quatrième pays d’où proviennent le plus de cyberattaques sur le trafic mondial.

- Sciences improbables : dans la revue Nature Human Behavior, les neuroscientifiques de l’université de Stanford ont montré l’existence d’une « zone Pokémon du cerveau » 

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