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HPC-IA : le nouveau supercalculateur du CNRS

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L'acquisition d'un nouveau supercalculateur le plus puissant de France, un univers d’antimatière existerait au-delà du Big-Bang et une expérience de sonochimie sur le fromage.

Crédits : Getty

L’acquisition d'un nouveau supercalculateur 

Mardi, le CNRS a annoncé l’acquisition d’un nouveau supercalculateur très puissant d’ici le printemps. Cela s’inscrit dans le plan de recherche en intelligence artificielle annoncé en mars 2018. 

En France, pour le calcul intensif, il existe déjà 18 superordinateur. Cette nouvelle machine sera hébergée par l’IDRIS dans l’Essonne. Elleest conçue par le géant américain Hewlett Packard Enterprise et s’appelle HPC-IA pour High-Performance Computing

Alors comment se distinguent ces superordinateurs des autres ordinateurs conventionnels ? C’est leur multi-cœur et l’accumulation du nombre de processeurs. 

Ce type d’ordinateur, c’est très utile pour les opérations où il y a besoin de grosse puissance de calcul. Comme par exemple pour des simulations physiques, l’étude du climat, ou la modélisation d'objets chimiques. 

HPC-IA s’apprête à devenir le supercalculateur le plus puissant de France. 

Denis Veynante  est en charge de la mission calcul-donnée du CNRS. Il nous explique la particularité de cet outil.

Pour vous donner une idée cette machine, elle va avoir 1444 processeurs graphiques, sachant que les configurations des laboratoires dépassent rarement la dizaine. Cette machine a une capacité de 14 Pétaflops, c'est à dire de 14 millions de milliards d'opérations par seconde.

Cette puissance de calcul, on peut aussi la mesurer avec le top 500 qui sort deux fois par an, et qui classe les machines mondiales en fonction de leur performance.

La machine utilisée par les applications militaires du CEA est en 16ème place dans ce classement. Avec ce nouveau supercalculateur, la France arrivera en 12ème place, et deviendra, en Europe, numéro 3 derrière la Suisse et l’Allemagne. 

Avec cette opération, on voit bien qu’on tente de rattraper un léger retard en matière de calcul intensif. 

William Jalby est enseignant-chercheur à l’université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines et responsable de la mention Calcul, Performance et Simulation au sein de l’université Paris-Saclay. 

Pour lui, l’acquisition d’une machine si puissante : c’est une bonne nouvelle, mais ce n’est pas tout.  

La vrai question quelle génération suivante ? Avec quelle fréquence ils vont pouvoir renouveler cette machine-là ? Parce que cela ne suffit pas de faire un effet d’annonce, il ne suffit pas d'installer une machine, mais il faut la faire fonctionner. Il faut une communauté autours, une communauté d’utilisateurs, d’ingénieurs systèmes, de développeurs d’outils...

Ces machines ont un très mauvais rendement ( ...) Si on n' y prend pas garde, c'est comme si vous achetiez une porche mais vous ne passez pas la première. Et en prime, vous consommez autant que si vous étiez à 200 à l’heure. (...) Il faut créer un écosystème autour, et ça, ça va être un vrai challenge. 

Les émissions de CO2 à la hausse aux USA

Les émissions de CO2 aux états Unis ont augmenté de plus de 3 % aux États-Unis.

C’est ce qu’on apprend avec cette étude indépendante qui s’appuie sur les statistiques énergétiques du gouvernement et du secteur privé. 3%, c’est l’augmentation la plus forte depuis 2010. 

L’an dernier, pourtant, de nombreuses centrales à charbon ont fermé. Mais c’est la très grosse exploitation du gaz naturel qui alourdit ce bilan.

L’intensité énergétique du pays est à la hausse. Par ailleurs, les États-Unis connaissent aussi un boom des transports aériens et routiers. 

La température des océans augmente rapidement

En hausse également: la température des océans. Et elle augmente plus vite que prévue, nous dit une étude parue hier dans Science. Un réchauffement environ 40 % plus rapide que celui indiqué dans le 5ème rapport d’évaluation du GIEC. 

Pour citer l’un de ses auteurs : "le réchauffement océanique est un indicateur très important du changement climatique ». Les océans absorbent l'excès de chaleur de l'atmosphère créé par les émissions de CO2.  2018 a été l’année la plus chaude jamais enregistrée, c’est aussi le cas pour les fonds marins. 

Un univers d’antimatière au-delà du Big-Bang

Des physiciens canadiens viennent de proposer un nouveau modèle cosmologique : un univers d’antimatière existerait au-delà du Big-Bang.

Le prolongement du Big Bang, c’est une idée qui a été beaucoup étudié par les pré-big-bang, comme le cosmologue Gabriele Veneziano : ou comment ne pas considérer le Big Bang comme une frontière infranchissable. 

Là, Les physiciens proposent un double univers, un univers couplé : le nôtre où il y aurait une prédominance totale de la matière en s’éloignant du Big Bang, et dans l’autre univers, un univers complètement antimatière. 

Ils tentent de restaurer entièrement la symétrie matière-antimatière en s’appuyant sur le théorème CPT qui combine les symétries de renversement de charge, la symétrie miroir et la symétrie de renversement du temps. 

Gabriel Chardin est physicien au CNRS. Il nous parle de l’intérêt et des limites de ce nouveau modèle. 

L'idée qu'il pourrait y avoir une distinction dans la gravitation entre matière et antimatière est une idée intéressante. Cela les a amené à des prédictions sur l’existence de trois familles de neutrinos et des neutrinos massifs, qui représenteraient pour eux la matière noire (...). Mais il faut attendre pour avoir la réponse quant à l’existence des neutrinos stériles. Par ailleurs, eux, ils voit des neutrinos très très massifs qui sont difficiles à voir autrement qu’indirectement. C’est un modèle assez global, mais après, il faut essayer de trouver des prédictions.

Des mécanismes de la maladie d’Alzheimer identifiés

Les chercheurs du Laboratoire des maladies neurodégénératives en France viennent d’identifier un des mécanismes de la maladie d’Alzheimer. Les résultats de leurs expérimentations in vitro sur des neurones de souris ont été publiés hier dans le journal EMBO

On sait que la protéine TAU est responsable de la dégénérescence des cellules. Là, ce qui a été élucidé, c’est comment ces agrégats pénètrent les neurones. Les cibles ont été identifiées : il s’agit de la pompe sodium/potassium et du récepteur au glutamate, des protéines fondamentales pour la survie des neurones.  

Ils ont aussi montré que les agrégats de la protéine TAU  impactent l'intégrité membranaire – et notamment celle des synapses, ce qui provoque leur dégénérescence. 

Dans la compréhension de la progression d’Alzheimer, c’est une avancée importante mais pour le moment, c’est sur un modèle animal. Les chercheurs vont à présent étudier ce processus sur des neurones humains in vitro.     

L'affinage du fromage en musique?

Pour finir, la rubrique d'improbablologie avec une expérience de sonochimie.

En suisse, un vétérinaire-fromager cherche à affiner ses fromages avec de la musique. La sonochimie étudie l’influence des ondes sonores sur des corps solides. Depuis septembre, ce fromager a mis en place tout un protocole : il a placé sous ses meules de petites enceintes. Pour certains emmentals, il diffuse la Flûte enchantée de Mozart, pour d’autre, de la Techno. Il rappelle que ce sont les bactéries qui sont responsables de la formation du gout, et aussi que les ultrasons peuvent avoir des effets physiques. Mais est-ce que les infrasons du hip-hop ou de Led Zeppelin auront un impact sur les saveurs ?

Fin de l’expérience et dégustation prévue le 14 mars.

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