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Cœur de cochon : les avancées en xénogreffe

9 min
À retrouver dans l'émission

Après une xénogreffe de cœur de cochon, des babouins ont survécu pendant plus de six mois, la COP24 se conclue à Katowice en Pologne et James Bond vue par les addictologues.

Crédits : Getty

Les progrès de la Xénogreffe

La revue Nature nous rapporte les succès d’une xénogreffe. Après l’implantation d’un cœur de cochon, des babouins ont survécu pendant plus de six mois. Une demi-année, ce sont des résultats jamais atteints.

La xénogreffe est un domaine de recherche qui n’est pas nouveau mais, depuis vingt ans, les progrès sont assez minces. 

Pour parvenir à ces résultats, c’est tout le processus de la xénogreffe qui a été revisité. Les scientifiques ont optimisé chacune des étapes essentielles à la greffe. Il y en quatre. 

Première étape fondamentale : la modification génétique des cochons-donneurs.

Les chercheurs ont rendu le cœur du donneur - le cochon - le plus identique possible à celui du receveur pour qu’il ne le reconnaisse plus comme un organe étranger, pour que la réaction immunitaire soit la plus faible possible, ce qui est la difficulté majeure d’une xénogreffe. Comment rendre le cœur des cochons plus compatible avec l’organisme des babouins ? Bruno Reichart est chirurgien cardiaque, et co-auteur de cette étude. 

Après cela, troisième étape: le prélèvement de l’organe. Les scientifiques ont élaboré un nouveau type de conservation du cœur pour le prélever puis l’implanter : la perfusion en continu du cœur. 

Ensuite, les babouins receveurs ont suivi un lourd traitement immunosuppresseur mais aussi un traitement antihypertenseur pour adapter les pressions sanguines : les singes ont une pression artérielle plus élevée que les cochons. 

Ce sont des résultats prometteurs. Dans leurs conclusions, les auteurs de l’étude écrivent que l’on pourrait imaginer faire une première étude clinique. On s’approche donc de la xénogreffe humaine. Cela soulève évidement la problématique de de la pénurie de donneur.  Toutes questions éthiques laissées de côté : quelles sont les dernière barrières médicales pour une xénogreffe humaine? 

Christoph Huber est chef de la division de chirurgie cardiaque et vasculaire de l'Hôpital universitaire de Genève.

Enquête des bébés nés sans bras: huit nouveau cas 

En bref, nous en parlions dans ce journal en octobre dernier: l’affaire des bébés sans bras se poursuit. Huit nouveaux cas dans le Morbihan s’ajoutent à l’enquête.

Depuis que Le centre épidémiologique la REMERA a lancé l’alerte, une enquête nationale a été lancée par l'agence Santé Publique France en octobre. Dans trois départements ruraux, en Loire-Atlantique, en Bretagne, et dans l’Ain, on note une fréquence anormalement élevée de ces malformations de naissance. 

On ne sait pas quelles en sont les causes. Elles ne sont pas génétiques, elles ne sont pas dues non plus à une prise de médicaments ou à des drogues. La piste environnementale n’est pas exclue. Des recherches plus larges doivent être menées.

Clôturer la COP24

La COP24 à Katowice en Pologne devait se clôturer ce soir mais elle risque de déborder sur le week-end. Depuis mercredi les négociateurs ne dorment plus et la situation est confuse. L’enjeu de cette Cop 24 est de préciser les règles d’application de l’Accord de Paris de 2015, à savoir comment contenir le réchauffement planétaire en dessous de 2 degrés.  À l'heure actuelle, le monde va plutôt à une hausse des températures à 3 degrés centigrade, voire à 4.  Il y a eu un débat autour du GIEC, le rapport sur les conséquences désastreuses d'un réchauffement supérieur à 1,5 degré. La Russie, les Etats-Unis, l’Arabie Saoudite et le Koweït refusent d’accueillir favorablement ce rapport, le consensus sur un texte final est ralenti. 

Mais les négociations plus techniques autours du « rule book » aboutissent. Loic Chauveau est journaliste pour Sciences et Avenir et envoyé spécial à la COP24.

Des minéraux hydratés sur l’astéroïde Bennu

En bref,  la sonde de la NASA Osiris Rex a atteint l'orbite de l'astéroïde Bennu la semaine dernière. La sonde vient d'y découvrir des traces d'eau. Les deux spectromètres de la sonde ont capté la présence de minéraux hydratés dans les profondeurs de l’astéroïde. Pour la NASA, c'est une immense surprise, elle ne s'attendait pas à une telle quantité. Les astrophysiciens pensent que l'astéroïde parent - dont Bennu est issu - devait contenir de l'eau liquide. L'un des objectifs de la mission OSIRIS-REx est de mieux comprendre le rôle des astéroïdes dans l’apparition de la vie sur Terre. Un échantillonnage de son sol est prévu pour ces prochaines semaines. Il s'annonce déjà comme « une mine précieuse d’informations ».

Le son du vent Martien

Des photos de paysage mais surtout, pour la première fois, ses premiers sons. Grâce au sismomètre et grâce aux enregistrements d'infrasons par micro barométrie, nous avons des enregistrements de l’atmosphère martienne. Le son du vent martien 

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Les sons qu’on entend ont été adaptés pour l’oreille humaine. Mais on se rend bien compte que l’ambiance sonore est très différente que sur Terre : Les conditions atmosphériques rendent difficile la diffusion acoustique. Ses données sont importantes parce qu’on peut dorénavant enlever le bruit du vent pour optimiser les mesures sismiques. C’est la mission du sismographe SEIS embarqué à bord. Très prochainement,  avec le Rover Mars 2020 et son «  Mars Microphone », on pourra écouter les tremblements de terre de la planète rouge. 

James Bond et les addictologues

Et pour finir, la rubrique d’improbablologie: cette semaine, dans le Médical journal of Australia, des chercheurs s’interrogent sur la consommation d’alcool de l’agent 007.

Le corps médical est catégorique: James bond est sévèrement alcoolique. En 2013 déjà, une étude britannique s‘inquiétait de son addiction toujours plus croissante dans la saga. Là pour ce diagnostic, les docteurs néo-zélandais ont visionné l’intégralité des 24 films. Et ils ont compté. 

James Bond boit en moyenne, 4,5 verres dans chaque film. Les médecins ont ensuite appliqué les critères du Manuel Diagnostique et statistique des troubles mentaux, Le DSM-5.  Sur les onze critères d’addiction à l’alcool, l’espion en remplit six. L’un des critères par exemple : sa grande tolérance à l’alcool. On peut penser à sa conduite en état d’ivresse. 

Leur bilan médical est clair : à ce stade, l’agent 007 frôle la cirrhose. 

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