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Le PET, l'un des plastiques les plus présents, notamment dans les bouteilles

Environnement: deux enzymes mangeuses de plastiques aux capacités décuplées

10 min
À retrouver dans l'émission

Une équipe internationale annonce cette semaine avoir réussi à augmenter de 20 % les capacités de dégradation de PETease, une enzyme qui "mange" le plastique, découverte en 2016. La firme française Carbios surenchérit en dévoilant une autre enzyme, capable de dégrader à 97 % une bouteille en 24h.

Le PET, l'un des plastiques les plus présents, notamment dans les bouteilles
Le PET, l'un des plastiques les plus présents, notamment dans les bouteilles Crédits : Matthewdikmans

Dans un article publié dans la revue PNAS, une équipe de scientifiques américains et britanniques explique avoir accidentellement réussi à développer les capacités déjà prometteuses de  PETease.   Leur objectif était uniquement d’étudier et de comprendre mieux le fonctionnement de cette enzyme, issue de la bactérie Ideonella sakaiensis.  Une équipe japonaise avait crée beaucoup d'espoir en mettant en évidence en 2016 ,  les capacités de cette enzyme  à manger ou plutôt à défaire la structure de  l’un des plastiques les plus utilisés dans le monde :  le polyéthylène téréphtalate, ou  PET,   présent par exemple en quantité dans les bouteilles d'eau. 

Un enzyme mutante capable de dégrader le plastique plus vite

Pour mieux comprendre son fonctionnement, cette équipe internationale a modifié en laboratoire l'un des acides aminés de cette enzyme,  qu'elle avait  identifié comme celui qui interagit avec le pastique, et donc comme un acteur déterminant de ce processus de dégradation. Mais en l'absence de cet acide aminé, remplacé par un autre, l'enzyme, au lieu de devenir inopérante sur le PET, s'est mise à la dégrader plus vite encore, comme l'explique le Français Kamel El Omari ,biologiste co-auteur de cet article. Cette enzyme "mutante" laisse entrevoir pour les scientifiques  des possibilités infinies d'améliorer les capacités de "mangeuse de plastique" de PETease. 

Cette publication a suscité  l’enthousiasme dans la communauté scientifique, car les enjeux en matière d’application, et d'environnement sont bien sûr importants. . Alors que la production de plastique dépasse 320 millions de tonnes par an, une partie des sacs, bouteilles, emballages, filets de pêche abandonnés et microparticules dégradées s'agglutinent dans plusieurs zones des océans, sous l'effet de tourbillons géants formés par les courants marins, menaçant  animaux et écosystèmes, et représentant un "continent de plastique" grand comme trois fois comme la France continentale, selon des estimations les plus récentes .

Cardios se dit capable de dégrader à 97 % une bouteille en 24h, grâce à une autre enzyme plus puissante

Mais ce  jeudi   19  avril, face à la publicité immense de cette découverte, la firme française Carbios annonce qu’elle fait bien mieux . Cette société de chimie verte  a assuré que sa technologie de dégradation des plastiques par des enzymes était bien plus avancée que celle évoquée dans l’article, et qu’elle sera même prête pour une industrialisation et en capacité de recycler des tonnes de plastiques dès 2021.  Mais pourquoi n’en a-t-on pas entendu parler avant ? Car les découvertes  de la firme  font l’objet d’un brevet, et qu'en vertu du principe de propriété intellectuelle ne peuvent pas faire l’objet de publications scientifiques, en tous cas pas pour le moment . 

La structure moléculaire du PET, que l'enzyme de Carbios peut défaire
La structure moléculaire du PET, que l'enzyme de Carbios peut défaire Crédits : Jynto (talk)

Alain Marty, directeur scientifiques de Carbios, invité récemment dans notre émission consacrée au plastique explique que la société a identifié une autre enzyme capable de dégrader le PET,  différente de PETease, mais bien plus efficace. Carbios affirme en ce mois d'avril être parvenu à décupler ses capacités de dégradation mais aussi de résistance à la chaleur. Elle serait désormais capable de dégrader à 97% une bouteille en PET en 24h. 

Il salue néanmoins la découverte d'autres enzymes que celle sur laquelle il travaille, car les micro organismes capables d'interagir avec les plastiques sont très rares et que tous offrent des perspectives déterminantes en matière de recyclage. 

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