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Le CNRS et son plan d'action pour lutter contre la méconduite scientifique

10 min
À retrouver dans l'émission

politique et fonctionnement du nouveau plan d'action du CNRS pour lutter contre la méconduite scientifique, la découverte d'une molécule-clé du vivant dans les recoins de la lithosphère océanique et les crottes cubiques du wombat.

Crédits : Getty

Lutter contre la méconduite scientifique

Pour le premier sujet de ce journal, on revient sur l’annonce du CNRS du 13 novembre et son « plan d’action sur l’intégrité et la déontologie scientifiques » pour lutter contre la méconduite scientifique.

Quand on parle de méconduite scientifique, on parle de fraude, de Vol d’idée, de falsification de résultats, de plagiat : il y a toute une gamme de méconduite. Ces dix dernières années, on a vu une explosion de cas, pas seulement en France. Le CNRS a d’ailleurs été secoué par différents scandales et 2017 a battu un record plutôt inquiétant.

Pour dissuader les fraudeurs et pour encourager les lanceurs d’alerte,  le CNRS met donc en place un plan d’action. Le plan prévoit un référant intégrité scientifique et un référent déontologue autours desquels vont s’organiser un bureau. 

En cas de soupçon de fraude, n’importe quel citoyen peut aussi alerter ces référents via une adresse mail : lancement.alerte@cnrs.fr

Antoine Petit, le président du CNRS, nous explique la politique et le fonctionnement de ce plan d’action 

Je pense qu’il faut être absolument impitoyable avec les tricheurs, car ils nuisent à la réputation de la science et à celle de la communauté scientifique. Pour moi c’est analogue aux sportifs qui se dopent et il faut que la crainte de la sanction dissuade les gens qui auraient des intentions de tricher de le faire. Donc tout le monde peut saisir ce Référent d’Intégrité Scientifique mais de manière non anonyme, on ne recevra pas d’accusation anonyme. Par contre, on  garantit une confidentialité totale des personnes qui portent ces soupons si les gens le souhaitent.
 

Le Référent d’Intégrité Scientifique pourra me dire : « là le cas étudié semble effectivement mettre en cause la bonne fois du chercheur ». Il faut mettre en place une commission de spécialistes du sujet et c’est cette commission qui ne sera pas rendue public, nous définirons nous même les critères de conflit d’intérêt.  L’histoire récente nous montre que quand quelqu’un est membre d’une telle commission il est lui-même souvent mis en accusation et on ne veut absolument pas tomber dans un système  ou on aurait une sorte de police de la police des chercheurs spécialisés dans l’examen des soupçons de fraude. 

Cela affirme la volonté forte du CNRS dans la lutte contre les « tricheurs » mais ce plan d’action suscite différentes critiques.  

Certains ont rappelé le cas d’Anne Peyroche, l’ancienne présidente par intérim du CNRS accusé d’avoir falsifié des résultats de plusieurs études. C’est une affaire qui est toujours en cours. 

D’autre pensent que le plan ignore les raisons pour lesquelles le nombre de cas d’inconduites scientifiques explosent : à savoir des chercheurs sous pressions et en compétitions, la précarisation du métier ou le manque de rigueur des revues…

Et puis plus concrètement, certains aspects de ce plan soulèvent des questions, notamment celui de l’anonymat des lanceurs d’alertes et surtout celui du comité d’expert.  Sylvestre Huet est journaliste scientifique indépendant. Pour lui la transparence est indissociable de la notion de confiance.

Le problème principal, c’est celui de l’anonymat des pairs qui vont être réunis pour instruire le dossier, ça ce n’est pas possible. D’une manière générale, il y a un débat sur l’anonymat des référents, ceux qui relisent les articles à paraître dans les publications. Pour que la société ait confiance, et même pour que l’ensemble de la société scientifique ait confiance dans l’instruction qui est faite. Il n’y a pas de raison que ce soit anonyme. 

On a besoin de pouvoir vérifier que les scientifiques sont à la fois compétents, libres, et qu’ils n’ont pas de lien d’intérêt avec les scientifiques dont ils sont chargés d’examiner les travaux, surtout lorsque cela concerne des scientifiques qui étaient assez haut placé dans le système.

Les paquets neutres dissuaderaient les adolescents de fumer

Lutte contre le tabagisme : selon la dernière étude de l'INSERM les paquets neutres instaurés au 1er janvier 2017 sont efficaces. Ils seraient dissuasifs sur les adolescents.

C’est surtout pour lutter contre l’initiation au tabagisme que le paquet neutre fonctionne. Les 12-17 ans sont de moins en moins nombreux  à devenir fumeurs. Ils sont 21 % aujourd’hui  à fumer leur première cigarette - soit un jeune sur cinq. En 2016, ils étaient un sur quatre. C’est une baisse légère mais significative. En effaçant ainsi les traces marketing du paquet, le but était de «  dénormaliser » le tabagisme, de le rendre moins attractif. 

Objectif Mars

50 ans après Neil Armstrong, l'homme va retourner sur la lune. C'est ce qu'annonce la NASA dans une vidéo- digne d’un blockbuster.

Pour le moment, il s’agit surtout d’un gros effet annonce. La Nasa ambitionne de créer une base permanente sur la lune pour servir d'escale ou de base de ravitaillement pour les astronautes en direction de Mars. Des alunissages humains sont déjà prévus dès 2023. Et la préparation à une autre mission habitée pour Mars est prévue elle, pour les années 2030.

Une molécule-clé du vivant dans les recoins de la lithosphère océanique

La découverte cette semaine d’une molécule clé du vivant dans les recoins de la lithosphère océanique. Et plus exactement dans l’Atlantique Nord, dans la zone géologique appelé  « Lost City », qui est à plus de 800 mètres de profondeur. Une équipe française de l’Institut de physique du globe de Paris a étudié un échantillon de croûte terrestre, venant de 170 m de profondeur sous le plancher océanique. Pour la première fois, les chercheurs ont mis la main sur du tryptophane abiotique. Le tryptophane fait partie des acides aminés, briques élémentaires pour élaborer des protéines : biomolécule clé pour le développement du vivant. Ce tryptophane abiotique est le fruit d’une réaction chimique, qui a eue lieu à des temps très ancien, c’est-à-dire autour de 3.8 ou 3.9 milliard d’année. 

Cette découverte, c’est la preuve que des acides aminés se sont formés en profondeur. Jusqu’à présent, on invoquait le plus souvent la source des astéroïdes ou des météorites. Mais l’un n’empêche pas l’autre ! C’est ce que nous explique Bénédicte Menez, responsable de l’équipe de géobiologie à l’I.P.G.P.

C’est un des acides aminé qui fait partie des protéines actuelles. On a vue qu’il se formait de manière non biologique, on ne peut pas affirmer que c’est une des briques du vivant qui a constitué un élément clé dans la formation des premières cellules,  par contre, on sait que cet acide aminé est aussi très réactif. Il a un rôle de catalyseur, c’est à dire qu’il peut favoriser la création d’autres molécules plus complexes comme des sucres ou des acides nucléiques donc c’est le début d’une chimie pré-biotique, c’est à dire qui a précédé l’apparition du vivant qu’on met en évidence en profondeur dans les roches terrestre.

C’est intéressant car à cette époque, la surface de la terre était très inhospitalière on avait énormément de radiations et de bombardements météoriques, d’où l’idée que la vie ai pu apparaître dans en environnement protégé de ces conditions inhospitalières, plus en profondeur, dans les roches dans lesquelles ces molécule ont la possibilité de se complexifier et d’évoluer, avant même d’être détruite. 

Les chercheurs ont découvert par radar l’existence d’un hot spot, un point chaud, près du pôle Sud. Cette source de chaleur sous les glaces est assez inattendue. Dans cette zone, l’Antarctique Oriental, il ne devrait pas y avoir autant d’eau fondue sous la glace.

S’il cela n’a pas de rapport avec une fonte des glaces liée aux changements climatiques, les scientifiques ne comprennent pas exactement de quoi il s’agit. L’une des hypothèses est celle de l’énergie hydrothermale. Une faille géologique pourrait pulser l’eau des profondeurs chaudes jusqu’à la glace. Jusqu’à présent on pensait que l'Antarctique était faite de roches anciennes et froides, qui avaient peu d'impact sur la calotte glaciaire du dessus. Les chercheurs poursuivent leur étude et prélèvent des échantillons de cette glace. 

Les femmes sont aussi résistantes que les hommes à l'effort physique intense

Une étude d'Endocrinologie montre que les femmes sont aussi résistantes que les hommes à l'effort physique intense.

C'est la première étude de ce genre. En 2012 a eue lieu la  « Ice Maiden expédition »: la première expédition trans-antarticque féminine. 6 femmes ont traversés l'Antarctique à ski, pendant 2 mois. 

Des chercheurs de Glasgow ont ensuite examinés les effets de cet effort physique extrêmes sur leur santé. Indicateurs de stress, niveaux d'hormones, poids corporel et force des os : il n'y a pas plus d'effets négatifs sur leur santé que sur celle des hommes. 

Contrairement aux idées reçues : avec un entrainement approprié, les femmes sont aussi résilientes que les hommes pour des activités physiques intense.

Championnat du monde des échecs : un 10e match nul

En ce moment se poursuit le championnat du monde d’échec. Une compétition historique qui bat des records avec les finaliste Magnus Carlsen et Fabiano Caruana.

Les stars des échecs s’affrontaient aujourd’hui. « Match nul »  pour ce 10e match consécutif. Il ne reste pourtant plus que deux rencontres ce week-end. Pour reprendre les mots du journaliste scientifique Pierre Barthélémy allias « passeur de sciences » :  « Est-il temps de réfléchir à un changement de format pour ces duels ou les joueurs ont-ils atteint un tel niveau qu'il leur est presque impossible de se départager ? »

Le secret des crottes cubiques du wombat

Pour finir la rubrique de science improbable. Cette semaine une étude a particulièrement intéressé l’équipe de la Méthode Scientifique : celle de chercheurs en biomécanique et qui s'intitule  «Comment les wombats font-ils caca en cube?» 

Le wombat fait des crottes cubiques qui ressemblent à de petits brownies de 2 centimètres de côtés. Dans le règne animal, c'est unique. Le wombat  les empile devant son terrier et fait avec, une petite construction. Ce marsupial est très territorial et ces petits tas sont un mode de communication sociale nous dit l’étude, afin de mieux marquer son territoire. De plus, plus le tas est haut, plus le wombat affiche qu’il est en grande forme. Mais pour ces spécialistes de l’ « Hydrodynamique de la défection », il restait un mystère : « comment ? ». La dissection de l’intestin de l’animal a montré que l’effort du boyau n’étaient pas le même partout. C’est ce qui explique la formation des faces des cubes et de ses arêtes.  

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