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Alimentation bio et risques de cancer : que dit l'étude épidémiologique?

10 min
À retrouver dans l'émission

Retour sur l'étude alimentaire sur le bio, la découverte de le structure colossale Hypérion, le plus jeune pulsar de la Voie lactée, les animaux ont conscience du temps, les bus autonomes de la RATP et les différents visages de l'orgasme.

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* Crédits : Getty

Alimentation bio et risques de cancer : que dit l'étude épidémiologique ?

L’étude alimentaire parue lundi dernier sur le bio a fait grand bruit. Selon cette étude, une alimentation bio réduirait de 25% les risques de cancers.

Cette étude épidémiologique cherchait à faire un lien entre une alimentation bio et les risques de cancer. Entre 2009 et 2016, les chercheurs ont suivi 70 000 volontaires. Ils ont divisé ce groupe en quatre quartiles selon leurs habitudes alimentaires - s’ils mangeaient régulièrement bio, tout le temps ou très peu. Pendant ces sept ans, 1 340 cancers sont apparus chez les participants. Quand on regarde comment ces maladies se sont réparties dans ces groupes : il se trouve que le quartile le plus touché est celui où l'on consomme très peu d’aliments labellisés AB. Dans leur hypothèse, les chercheurs avancent la présence de pesticides dans les produits issus de l’agriculture conventionnelle. C'est une étude d’observation sur la base d’un questionnaire, ce n’est pas une étude expérimentale, on ne peut donc pas faire de relation de cause à effet. Emmanuelle Kesse-Guyot est épidémiologiste et la coauteure de ces travaux. Elle nous explique sa méthode :

À partir de ces informations, on met en œuvre des modèles épidémiologiques qui consistent à comparer des cas et des non-cas tous étant égaux par ailleurs : ça veut dire prendre en compte des facteurs de confusion, c’est-à-dire l’âge, le sexe, le niveau d’éducation, les antécédents familiaux de cancer, le régime alimentaire, leur niveau de revenus, de façon à essayer d’effacer les caractéristiques autres que les autres personnes qui mangent bio ou qui ne mangent pas bio. 

Cela nous permet de calculer un risque relatif c’est-à-dire une probabilité supplémentaire d ‘avoir un cancer en fonction du niveau d’exposition de départ. 

Le cancer est une maladie multifactorielle, ces risques relatifs sont calculés au niveau de la population. Le risque individuel, lui, intègre beaucoup d’autres facteurs.

Mais cela été présenté par les médias comme si on avait apporté une preuve. On n’apporte pas une preuve, on apporte des premiers éléments de relation d’association, avec un travail rigoureux en prenant en compte les fameuses caractéristiques des consommateurs et des non-consommateurs. Mais on reste dans une étude d’observation donc pas de lien de cause à effet. 

Il y a quand même de nombreux biais et de facteurs de confusion qui empêchent d’affirmer qu’il y a une causalité entre une alimentation bio et le risque de développer un cancer. D'autres études montrent aussi que ceux qui mangent bio font généralement plus attention à leur santé, qu’ils fument moins ou que les femmes prennent moins la pilule. 

Il a aussi été reproché à cette étude d’être militante. C’est mentionné en fin d’article mais le coauteur, le docteur Lairon, déclare travailler pour deux fondations qui font la promotion du Bio. 

Et puis, il y a eu une étude similaire en Angleterre en 2014  qui n’a pas eu beaucoup d’échos en France. 600 000 femmes ont été suivies pendant neuf ans - donc c’est une cohorte donc dix fois plus grande - ils n’ont trouvé aucune différence entre les risques de cancer chez les femmes qui avaient déclaré ne jamais consommer des produits bio et celles qui en consommaient parfois ou toujours. Catherine Hill est elle aussi épidémiologiste. Établir une preuve définitive de la responsabilité des résidus de pesticides est selon elle complexe. 

Ce n’est pas du tout la méthode qui est contestable c’est l’interprétation des résultats.

Le problème c’est que les consommateurs de produits bio présente beaucoup de caractéristiques différentes par rapport aux non-consommateurs et qu’il est même impossible d’éliminer les effets de toutes ces différences. On a une étude qui montre un résultat dans un sens on a une étude 20 fois plus grande qui montre un résultat dans un autre sens donc voilà... 

En conséquence, on ne peut pas dire qu’une alimentation bio réduit les risques globaux de cancer. C’est possible mais c’est peu probable car les différents types de cancer ont aussi des causes différentes. Que cela réduise les risques globaux de cancer, c’est possible mais c’est peu probable car les différents types de cancers ont aussi des causes différentes. 

Il n’y a aucune donnée sur les pesticides. Si on voulait faire étude sérieuse sur les pesticides, il faudrait faire des prélèvements urinaires ou sanguins et suivre les gens, pour estimer la quantité de pesticides dans leur corps, ça ce serait utile. 

Le CNRS va recruter 300 doctorants d'ici 2020

Le président de CNRS et la Ministre de la Recherche Frédérique Vidal ont annoncé ce mardi recruter 300 doctorants d'ici 2020. Pour le CNRS, 300 postes supplémentaires en deux ans c'est beaucoup. C'est aussi une bonne façon de revaloriser le diplôme du doctorat.

Des Bus autonomes pour la RATP d'ici 2019

La SNCF avait annoncé en septembre vouloir passer aux trains autonomes, c’est au tour de la RATP de se lancer dans le Bus semi-autonome, avec un premier prototype dans le Val de Marne d’ici 2019. Les tests auront lieu sur la ligne 393, une ligne qui a sa propre voie de circulation- afin d’éviter les risques d’accidents. Si l’expérimentation se révèle positive, la RATP pense à développer un plus large réseau de navettes autonomes.

La découverte d'Hypérion, proto-superamas de galaxies

Grâce au Très Grand Télescope de l’Observatoire austral européen, une équipe internationale d’astronomes a découvert une structure colossale baptisée Hypérion. C’est un nom emprunté au Titan de la mythologie Grec. Hypérion est un proto-superamas de galaxies, c’est-à-dire un regroupement de galaxies très dense. Il a la particularité d’être une structure extrêmement massive et extrêmement grande. Pour vous donner un ordre de grandeur. On est à un million de milliards de fois la masse du soleil, et en diamètre, c’est 300 millions d’années-lumière. En comparaison, notre galaxie  la Voie Lactée, mesure environ 100 000 années-lumière. 

Ce qui interpelle les chercheurs, c’est que l’on l’observe cette structure colossale très tôt dans la vie de l’Univers : à 2 milliards d’années après le Big Bang. 

Olivier Lefèvre est astronome au Laboratoire d’Astrophysique de Marseille. Il a conduit ce programme de recherche et nous explique pourquoi Hypérion est une découverte majeure et une clé de compréhension de l’histoire de l’univers.

On connait peu de structures de ce genre, d’autant moins dans l’univers très jeune, on est à 2 milliards d’années après le Big Bang. Dans notre modèle d’univers actuel, les structures s’assemblent de façon hiérarchique, c’est à dire l'univers est sans cesse formé de petites structures au début de sa vie pour former des structures de plus en plus grandes et de plus en plus massives au court du temps. Là, on a une structure très grande et très massive très tôt dans la vie de l’Univers. 

Ce qui est surprenant, c’est qu’avec Hypérion, la gravitation a déjà eu le temps d’agir suffisamment pour assembler toute cette masse. C’est ça qui interpelle. On va s’attacher à voir s’il y en a d’autre. Voir si c’est un événement extrêmement rare ou un événement commun, auquel cas on peut être amené dans le futur à ajuster la loi de la gravitation si on se rend compte que des structures massives peuvent se former très tôt. Ça voudrait dire qu’on aurait une gravitation qui est plus efficace qu’on ne le pensait et cela nous forcera peut être à changer certaines de nos lois et d’ajuster nos modèles d’univers et de cosmologie.

Une vie microbienne dans les profondeurs de Mars ?

Selon une étude qui vient de paraître dans Nature Geoscience, s'il y a de la vie sur Mars, elle serait sous sa surface.

En juillet dernier, on a découvert l‘existence de lacs d'eau salée dans les profondeurs de mars. Ces saumures pourraient contenir de l’oxygène selon les simulations des planétologues.  À un taux très faible mais suffisamment pour que de la vie puisse s’y développer, une vie microbienne, ou une vie plus complexe telle que les éponges !  Tout cela n'est que théorie mais ce sont de nouvelles pistes d'exploration pour la planète rouge et notamment de ses sous-sols.

Découverte du plus jeune pulsar de la Voie Lactée

Grâce à son télescope spatial à rayon X- Chandra, la Nasa a découvert le plus jeune pulsar de la Voie Lactée. Il se trouve à 19 000 années-lumière de la Terre, à l’intérieur du rémanent de supernova Kesteven 75, qui est à l’étude depuis quinze ans. Un pulsar est une étoile à neutrons c’est-à-dire ce qu’il reste quand une étoile massive s’est effondrée sur elle-même. Depuis leur découverte en 1967 on en a détecté plus de 2 000 cependant de nombreux mystères demeurent. Cette découverte pourrait fournir de nouvelles informations sur la mort des étoiles.

Les animaux ont conscience du temps qui passe

En bref, une étude de neurobiologie de l'université américaine de Northwestern révèle que les animaux ont conscience du temps qui passe. Même lorsqu'ils sont au repos. L'expérience a été réalisée sur des souris et pendant les différents exercices, on a observé qu’un groupe de neurones s’activait dans le cortex entorhinal, la zone liée à la mémoire et au temps. Leur comportement pendant l’expérience a montré qu'elles avaient non seulement une représentation du temps mais qu'elles étaient aussi capables de mesurer un intervalle de temps.

Improbablologie: les visages de l'orgasme

Pour finir, la rubrique d’improbablologie : dans leur récente étude publiée dans la National Academy of Sciences, les psychologues de l’université de Glasgow en Ecosse, se sont penchés sur une question fondamentale : avons-nous le même visage  lorsque l’on jouit et lorsque l’on souffre ? 

Et surtout : avons-nous le même visage  lorsque l’on jouit et lorsque l’on souffre à travers le monde ? 

Pour y répondre, 80 participants occidentaux et asiatiques ont été réunis. Ils ont dû regarder 3 600 visages modélisés en 3D puis ensuite juger s'il s'agissait de l’expression d’une douleur ou d’un orgasme. 

Contrairement aux idées reçues : l’orgasme et la douleur n’ont pas les mêmes visages. Mais surtout : la jouissance se manifeste sur le visage de façon différente selon les cultures. En un visage grand ouvert pour l’Europe, et pour l’Asie de l’Est, en un sourire. Les expressions faciales ne sont pas universelles, l’étude montre justement qu’elles sont des faits culturels. 

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