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Le budget 2019 pour la recherche en France

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Le budget 2019 pour la recherche en France, Barabara Cassin médaille d'or du CNRS, Le 100 eme lancement d'Ariane 5, l'impact de la pollution de l'air sur la maladie d’Alzheimer et poulpes sous ecstasy: l'actualité des sciences de la semaine.

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©Andriy Onufriyenko Crédits : Getty

Le budget 2019 pour la recherche en France

On commence ce journal avec l’annonce mardi du budget 2019 du ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique. C’était l’une des promesses de campagne d’Emmanuel Macron : sanctuariser le budget de la recherche. Pour 2019 c’est un budget à la hausse par rapport à l’an dernier. C’est environ 550 millions d’euros supplémentaires. C’est d’ailleurs l’un des rares ministères à voir son budget revu à la hausse. On ne connaît pas encore les répartitions dans le détail mais dans les grandes lignes : le gouvernement a expliqué que 376 millions iront à la recherche, l’autre part ira à l’enseignement supérieur. Environ 50 millions d’euros iront aux laboratoires. Et 30 millions iront à l’ANR, l’Agence Nationale de la Recherche. Pour se donner un ordre de grandeur, 30 million c’est à peu près le budget actuel du fonctionnement de l’ANR.  David Larousserie est journaliste scientifique au journal Le monde, pour lui toute augmentation est bonne à prendre, oui ! Mais… 

Ces augmentations  sont par définition positives, mais beaucoup de rapport ont rappelé que l’effort que devrait faire une nation comme la France pour maintenir ses efforts voir pour se comparer et se maintenir par rapport aux voisins, ses efforts devraient être considérable. Si on voit par rapport à l’Allemagne, les dépenses de recherches public et privé confondue sont vraiment différentes. Plus de 90 milliards d’euros par an, 50 milliards pour la France. La France continue de dire dans les discours que c’est prioritaire mais ça ne se matérialise pas réellement. À gauche comme à droite, on a constaté qu’on est bien en dessous pour réaliser les objectifs ou même pour assurer un rythme normal à la recherche. 

Pour rappel, la France, comme tous pays de l’union européenne ce sont engagés à avoir un budget porté à 1% du PIB pour la partie publique du budget. Sur l’ensemble du budget en France, la recherche représente 0.79 %. Malgré l’effort on n’atteint pas le 1% des objectifs annoncés. Des moyens insuffisants donc. Patrick Montfort est directeur de recherche au CNRS et secrétaire générale du SNCS. Le Syndicat national des chercheurs scientifiques. Selon lui il s’agit d’une augmentation en trompe l’œil.       

Cette augmentation représente 1.8%, qui est la croissance prévue en 2019, ce n’est pas une vraie augmentation, on ne fait que suivre l’augmentation des prix, on stagne. Le budget va compenser à peine l’augmentation de ce qui est prévue en croissance.  Finalement on compense à peine l’augmentation générale des couts de la vie. Si on investissait 1 milliard d’euros de plus tous les ans, on obtiendrait, au bout de 10 ans, on obtiendrait le fameux 1%.

Avec un tel budget on continue de réduire les effectifs, CNRS continue de perdre des techniciens de haut niveau. Ses dernières années il y a eu 1500 postes en moins. Le CNRS annonce déjà qu’il va recruter moins que les années précédentes. Selon les premiers calculs, 

on va passer à 8000 chercheurs en 2050 alors aujourd’hui on est à 11 100 chercheurs. Les effectifs vont continuer de baisser.

Barbara Cassin médaille d'or du CNRS

la médaille d’or du CNRS a d’ailleurs été décernée hier  à la philosophe et philologue Barbara Cassin. C’est la plus haute distinction scientifique en France. Depuis 1954, c’est la 4e femme à la recevoir. Barbara Cassin est membre de l'Académie française et directrice de recherche au CNRS. « Penser en langue et dans le pluriel des langues », c’est l’axe majeur de ses recherches depuis 30 ans. Elle est l’auteur du « Vocabulaire européen des philosophies sous-titrée par « Dictionnaire des intraduisibles". 

Le 100e lancement d'Ariane 5

Mardi depuis la Guyane, c’était le 100e lancement d’une fusée Ariane 5. C’est le 100e en 22 ans avec seulement 4 échecs à son actif. Elle a mis en orbite plus de 200 satellites. Le lanceur de L’agence spatiale européenne a annoncé préparer une nouvelle fusée moins coûteuse, Ariane 6, d’ici 2020, afin de redevenir plus concurrentiel face aux lanceurs privés, comme celui d’Elon Musk, Space X.

La Nasa a retrouvée « Opportunity »

Des nouvelles de « Opportunity », le robot explorateur de la planète Mars n’avait plus donné signe de vie depuis juin dernier. « opy » - comme on l’appelle à la Nasa explore mars depuis mars 2004- presque 14 ans d’exploration!- jusqu’à ce qu’en juin, une tempête de sable l’empêche de recharger ses batteries solaires. La NASA vient de l’identifié par image satellite. Mais impossible de renouer le contact. Si « Opportunity » ne sort pas de son silence à la mi-octobre, sa mission sera considérée comme achevée. Elle devait à l’origine ne durer que 90 jours. 

Un nombre anormale de naissance de bébé sans bras ou sans mains

Le REMERA, le Registre qui recense les Malformations en Rhône-Alpes a lancé une alerte, Après avoir recensé un nombre anormal de naissance. Entre 2009 et 2014, Dans l’Ain, dans un rayon de 17 kilomètres, 7 enfants sont nés sans bras ou sans main. On s’est rendu compte que ce n’était pas un fait isolé, deux autres foyers se sont déclarés : La CIRE des pays de la Loire- la Cellule interrégionale d’épidémiologie  a recensés 3 autres cas sur une période de 18 mois. Des médecins de Bretagne ont également alerté les autorités sanitaires. Selon les statistiques, il y a un peu moins de 2 enfants pour 10 000 naissances qui naissent avec cette anomalie, là c’est donc 58 fois plus élevé que la normale. Selon les premières investigations des épidémiologistes sur toutes ses mères, il n’y a pas d’anomalie génétique, pas de prise de médicaments, ni de drogue, le seul facteur commun entre elle, est de vivre en zone rurale.  Aucune étude approfondie n’est mené pour le moment, donc pas de conclusion hâtive selon Emmanuelle Amar, épidémiologiste et directrice du REMERA

Un nombre anormal de bébés nés sans bras ou sans main

Entre 2009 et 2014, Dans l’Ain, dans un rayon de 17 kilomètres, 7 enfants sont nés sans bras ou sans main. On s’est rendu compte que ce n’était pas un fait isolé, deux autres foyers se sont déclarés : La CIRE des pays de la Loire- la Cellule interrégionale d’épidémiologie  a recensés 3 autres cas sur une période de 18 mois.Des médecins de Bretagne ont également alerté les autorités sanitaires. Selon les statistiques, il y a un peu moins de 2 enfants pour 10 000 naissances qui naissent avec cette anomalie, là c’est donc 58 fois plus élevé que la normale. Selon les premières investigations des épidémiologistes sur toutes ses mères, il n’y a pas d’anomalie génétique, pas de prise de médicaments, ni de drogue, le seul facteur commun entre elle, est de vivre en zone rurale.  Aucune étude approfondie n’est mené pour le moment, donc pas de conclusion hâtive selon Emmanuelle Amar, épidémiologiste et directrice du REMERA.

Le plus inquiétant c’est que la probabilité qu’on est deux cluster – ses agrégats comme ça, localisé dans le temps et dans l’espace de cette malformation très spécifique c’est rarissime. 

Dans l’histoire des malformations et des catastrophes sanitaires, les anomalies réductionnelles de membre ont été considérées comme un marqueur de tératogenèse environnementale. On a réuni un conseil scientifique aux registres, dans ce conseil scientifique, on avait des embryologistes, des généticiens, des échographistes, des vétérinaires car dans notre cluster, on avait aussi des naissances de veaux nés sans côte et sans queue, ce qui est assez surprenant. On pouvait penser que ces mécanismes sous-jacent à ses anomalies pouvait être le même que celui qui avait généré ces ingéniés de membre. Ensuite pose la question de la plausibilité biologique, qu’est-ce qu’il y a dans l’environnement qui pourrait le faire, une fois l’hypothèse, il faut après mettre en place une étude. C’est la limite de l’épidémiologie, c’est à dire que association ne veut pas dire causalité. 

Cette semaine, des paraplégiques ont réussie à remarcher.

C’est un énorme progrès que l’on doit à deux équipes de chercheurs américains : l’équipe de la mayo Clinic dans le Minnesota et celle de l'Université de Louisville dans le Kentucky. Le miracle tient grâce à un implant et grâce à la stimulation électrique de 16 électrodes. La moelle épinière des patients était endommagée au milieu du dos. Endommagée mais pas sectionnée. Le système nerveux a pu reprendre le contrôle des jambes. Sur un an, Ils ont parcourus une centaine de mètres. Avec pour seul appui leur bras et un déambulateur. Ça C’est une première mondiale. Les scientifiques reconnaissent que "le mécanisme précis qui a rendu cela possible reste inconnu". Si Les résultats sont limités, ils sont très encourageants. " Des fonctions qu'on pensait définitivement perdues" pourraient être remises en marche grâce aux technologies nouvelles. 

L'impact de la pollution de l'air sur la maladie d’Alzheimer

On connait les effets de la pollution de l'air sur les poumons, La pollution de l’air augmente aussi le risque de développer la maladie d’Alzheimer. C’est ce que montre une étude anglaise réalisé sur 130 000 londoniens. Leurs expositions annuelles aux particules fines et au dioxyde de carbone ont été mesurées, pendant 8 ans. Sur ses participants, un tiers de ceux qui vivait sous un seuil élevé de pollution atmosphérique a développé la maladie d’Alzheimer. Les nanoparticules entre dans le cerveau par le bulbe olfactif et détruisent les cellules nerveuses. Ce qui pourrait expliquer pourquoi la perte d’odorat est l’un des premiers symptômes de la maladie. Cette étude de l’université de saint George prouve donc que les nanoparticules peuvent aussi déclencher des dégénérescences mentales.

Le Népal double sa population de tigres sauvages

Généralement quand on parle de biodiversité, c’est peu réjouissant. Mais là c’est une bonne nouvelle. Le Népal a doublé sa population de tigres sauvages. Le pays en a recensé 235! En 2009, Ils n'étaient que 121. Depuis quelques années le Népal mène une politique de défense des espèces en voie d'extinction. Le pays a notamment  augmenté ses zones d’espaces protégés et durcit les sanctions contre le braconnage.  On compte sur la planète 3890 tigres du Bengale à l’état sauvage, donc 235 ce n’est pas rien. Les efforts pour la conservation animale : ça marche.

Des poulpes sous ecstasy

C’est une expérience menée par deux neuroscientifiques américains, pour une étude sur l'évolution du comportement social. L’animal est réputé pour être fruste, solitaire et agressif. L’ecstasy ou MDMA, provoque elle « une euphorie et une exacerbation de la sensualité », selon l'Institut national de prévention et d'éducation pour la santé. Elle stimule la production de dopamine et de sérotonine, les neurotransmetteurs du plaisir et du bonheur. Après en avoir absorbé par les branchies, les céphalopodes se sont montrés très affectueux : ils cherchaient à faire des câlins à leurs congénères, et je cite « ils exposait des parties de leurs corps qu'ils ne présentent généralement jamais à un autre poulpe ». 500 millions d'années d’évolution nous séparent, et les effets de l’extasie sont les même. 

Alors pourquoi droguer des poulpes?

C’est justement pour prouver que la sérotonine existe depuis très longtemps et qu’elle s’est maintenue au cours de l’évolution. L’étude a aussi confirmé les similitudes moléculaires entre le cerveau de la pieuvre et celui de l’Homme. Et autre point : l'émotion et l'empathie ne sont pas que des qualités humaines. Ce sont des caractéristiques propres au cerveau. Les scientifiques précisent tout de même, qu’après l’expérience, les poulpes cobayes n’ont pas manifesté de signe de stress en particulier. 

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