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Vue d'artiste de Oumuamua, dont on ne connait que la longueur et la largeur, mais pas l'épaisseur

Que nous apprend Oumuamua, l'astéroïde venu d'ailleurs ?

10 min
À retrouver dans l'émission

C’est donc confirmé: l’astéroïde baptisé Oumuamua, détecté en octobre dernier par un observatoire hawaïen provient bien d'un autre système solaire.

Vue d'artiste de Oumuamua, dont on ne connait que la longueur et la largeur, mais pas l'épaisseur
Vue d'artiste de Oumuamua, dont on ne connait que la longueur et la largeur, mais pas l'épaisseur Crédits : M. KORNMESSER / EUROPEAN SOUTHERN OBSERVATORY / AFP - AFP

On vous avait signalé dans le journal des sciences,  cet objet extrasolaire détecté le 19 octobre dernier par le petit télescope Pan-STARRS 1 basé à Hawaï. Il avait surpris les astronomes par l’excentricité de sa trajectoire supérieure à 1. Cette trajectoire, non pas elliptique, mais bien hyperbolique, nous indiquait qu’il ne venait pas  de notre système solaire. 51 observatoires dans le monde entier se sont mobilisés pour l’observer pendant qu’il était encore temps, et ont rendu  compte  de leurs observations dans un article publié cette semaine la revue britannique _Natur_e. Parmi les co-auteurs, Olivier Hainaut, astronome à observatoire européen ESO , qui a mobilisé exceptionnellement son VLT (Very Large Telescope) basé au Chili. 

La trajectoire de Oumuamua, à travers notre système solaire
La trajectoire de Oumuamua, à travers notre système solaire Crédits : ESO

Une couleur familière mais une forme totalement inattendue 

Olivier Hainaut et son équipe ont utilisé la photométrie pour  obtenir le plus d'informations possibles sur cet objet. Et en ont déduit qu'il s'agissait bien d'un astéroïde, très "propre" (il perd très peu de poussière). Même si elle ne peut donner d'information sur sa composition, la photométrie  renseigne sur la forme et la couleur de cet astéroïde. 

D'abord l'objet est rouge, il a un spectre de réflexivité qui est rougeâtre. C'est assez familier pour nous, puisque c'est le même rouge que l'on retrouve chez nos très vieux astéroïdes du système solaire. Nous n'avons donc pas de composition mais on peut en déduire qu'il a la même composition de surface que nos vieux astéroïdes. (...) Ce qui est complètement inattendu, c'est sa forme ! Il est allongé et dix fois plus long que large, et cela c'est unique, on n'a jamais vu ça dans notre système solaire. D'après sa forme, il est peu probable qu'il se soit formé lentement, par accumulation. Il est plus probablement le fruit d'un cataclysme. Sa vitesse est plutôt normale, ce qui veut sans doute dire que depuis qu'il a été expulsé de son système, il n'a pas été en contact avec d'autres étoiles, avant la nôtre. 

Surprise : le premier objet interstellaire n'est pas une comète! 

C’est donc la  première détection d’un objet extrasolaire, et le simple fait qu'il s'agisse d'un astéroïde et non d'une comète est une surprise en soi pour les scientifiques. 

Un astéroïde, c'est un caillou, pas très brillant, alors qu'une comète l'est bien plus. Quand elle s’approche du Soleil, le Soleil sublime la glace qu'elle contient, et cela forme  la queue de la comète, gigantesque, brillante et facile à repérer. Donc, d 'un point de vue purement pratique, c'est plus facile de découvrir une comète qu'un astéroïde. D'autre part, on pense que  notre système solaire a expulsé bien plus de comètes au cours de son histoire que d’astéroïdes . On était donc certains que les objets interstellaires étaient des comètes. Or, le premier que l'on trouve est un astéroïde. Il va falloir comprendre pourquoi.    

D'autres découvertes d'objets extrasolaires attendues dans les années qui viennent 

La mise en fonction prochaine de télescopes beaucoup plus performants laisse espérer qu’il y en aura d’autres. On sait en effet qu’ils sont nombreux :  notre propre système a éjecté plus de 90 % des objets qu’il a produits au cours de son histoire. Il est probable que les systèmes voisins ont fait de même. On estimait  jusque-là leur densité dans l’espace interstellaire à 1 cube de dix unités astronomiques de côté, chiffre qui est en train d’être réévalué à la hausse. Car Pan-STARRS 1, le télescope hawaïen qui a découvert ce premier astéroïde, est un petit télescope , qui ne scrute qu’une infime partie du ciel; le fait qu’il ait pu détecter un objet extrasolaire est déjà une information en soi, explique Olivier Hainaut,  qui,   comme tous ses collègues, compte beaucoup  sur la mise en fonction prévue en 2020 du très attendu télescope LLST Large Synoptic Survey Télescope,  en construction actuellement au Chili. 

Et en bref ... 

Une équipe de l’Inserm annonce dans une étude publiée cette semaine avoir identifié un nouveau mécanisme, qui permet de rétablir les fonctions respiratoires dans la mucoviscidose. 

Cette pathologie génétique qui touche 1 nouveau-né sur 4500, est liée à la déficience  d’un gène extrêmement instable,  qui affecte le fonctionnement de la protéine CFTR. Or, cette protéine fonctionne comme un canal, qui permet l’échange d’ions chlorure entre l’intérieur et l’extérieur des cellules. Cette protéine, déficiente chez les patients atteints de mucoviscidose,  ne remplit pas son rôle :  le canal se bloque et conduit à la destruction de l'épithélium pulmonaire. Alors que la plupart des traitement cliniques existants ont concentré leurs efforts, avec peu de succès jusqu’ici,  sur cette protéine,  Oliver Tabary et son équipe du CHU de Saint Antoine ont travaillé sur l’activation d‘un autre canal, baptisé  ANO1,  qui pourrait permettre aux patients de récupérer leurs fonctions respiratoires. Explications avec Florence Sonneville,  chef de projet sur cette étude. 

Découverte d’une trentaine d’étoiles,  parmi les plus anciennes de notre galaxie 

Dans une étude parue cette semaine dans _The Astonomical Journal,  _des chercheurs ont identifié 29 étoiles parmi les plus vieilles de notre galaxie. Toutes sont situées dans un rayon de 200 années-lumière. Parmi ces 29 étoiles "seniors", qui ont entre 6 et 9 milliard d’années,   seules deux sont binaires. L’étude de ces étoiles va  permettre de mieux comprendre l’histoire de notre galaxie. 

Polémique autour d'une étude chinoise,  qui affirme que la pollution de l’air détériore la qualité du sperme 

Publiée mardi dans la revue Occupational & Environmental Medecine cette étude, menée à Taïwan entre 2001 et 2014 sur une population de 6 457 hommes âgés de 15 à 49 ans, conclut à un « lien fort » entre l’exposition aux particules fines PM 2,5 (de diamètre inférieur à 2,5 µm) et une dégradation de la qualité du sperme chez les hommes. Largement relayée,  l’étude a été aussitôt critiquée en France et au Royaume- -Uni car elle présenterait plusieurs  biais méthodologiques. 

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