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Emmanuel Macron sur le site de Saclay

Emmanuel Macron entérine le divorce entre grandes écoles et université: l'échec du plateau de Saclay ?

10 min
À retrouver dans l'émission

Au lieu d'une plateau unique réunissant le crème des université et des grandes écoles françaises, le plateau de Saclay sera divisé en deux pôles: l'un regroupant les grandes écoles d'ingénieurs autour de Polytechnique, l'autre les Universités autour de Paris Sud.

Emmanuel Macron sur le site de Saclay
Emmanuel Macron sur le site de Saclay Crédits : Etienne LAURENT / POOL / AFP - AFP

C’était le grand projet de Nicolas Sarkozy: rassembler les meilleurs universités scientifiques françaises et les grandes écoles d’ingénieur sur un site unique, au contact de grandes entreprises comme EDF, Total ou Air Liquide, pour créer un "Cambridge à la française", et rattraper le retard de la France dans les grands classements internationaux. Mais cinq ans après son lancement, le projet s’enlise : dans un rapport rendu en février, la Cour des Comptes dénonçait le manque de volonté des grandes écoles et notamment d’X pour s’associer aux universités. Emmanuel Macron a tranché mercredi en annonçant que le site de Saclay serait divisé en deux pôles à 5 km d’écart : l’un baptisé "New uni" regroupant les grandes écoles d’ingénieurs autour de Polytechnique , et un second qui regroupe les universités Paris Sud , Versailles-Saint-Quentin et Evry, l’Ecole normale supérieure Paris-Saclay, Centrale Supélec et l’Institut d’optique Graduate School. Chez Sylvie Retailleau, présidente de l’Université Paris-Sud on sent l’amertume, mais une volonté farouche d’y croire et défendre son pôle.

Ce n'est pas une surprise. Ce que j'en pense ? J'essaie d'avoir une vision pragmatique des choses. On voit bien qu'il n'y a pas les mêmes visions entre Polytechnique et Paris-Sud. Pour autant, on a un potentiel humain, de formation et de recherche qui est énorme, donc on veut faire un projet universitaire ambitieux (...) Il y a eu des milliards d'argent public investis, les gens déménagent sur le site, c’est notre devoir d’arriver à un projet public ambitieux. (...) En même temps je veux donner mon opinions sur l’autre projet, on va s'occuper de notre projet, et on va faire en sorte que ce soit la formation, la recherche et notre communauté scientifique qui s'en sorte le mieux, et donc de gérer cette séparation au mieux.

"C'est un jeu de rôle qu'a joué Polytechnique"

Beaucoup dénoncent aujourd’hui un immense gâchis sur ce dossier. Et c'est Polytechnique qui concentre les critiques: l'X est accusée d'avoir fait cavalier seul depuis le début, et donc d'avoir généré une situation qui, pour beaucoup d'observateurs, entérine un système français à deux vitesse. Force est de constater qu'il existe aussi un risque de concurrence entre les deux pôles, alors que le plateau devait au contraire concentrer et fédérer toutes les forces de la recherche française. L’X n’était pas disponible pour répondre à nos question Marie Le-prêtre, représentante CFDT au conseil d ‘administration de l’établissement Paris-Saclay ne mâche pas ses mots.

On n'a jamais été écouté sur ce projets, ni les personnels, ni les enseignants, ni les étudiants. la crainte c'est en effet d'avoir un système à deux vitesses. Mais ça on le savait dès le départ, c'est un jeu de rôle qu'a joué Polytechnique depuis le début ! Maintenant il faut prendre le parti de l'intelligence et faire au mieux avec des conditions. Çà passe par des moyens financiers qui doivent être équitables entre les deux pôles, ce qui n'est pas le cas aujourd'hui.

La première étude à grande échelle sur la pigmentation de la peau des Africains met à mal la notion de race et identifie 6 gènes impliqués dans la couleur de peau

Les chasseurs cueilleurs San qui vivent en Afrique Australe ont la pigmentation plus claire du continent, et on retrouve chez eux les même variantes associées aux teintes claires que chez les peuples non Africains
Les chasseurs cueilleurs San qui vivent en Afrique Australe ont la pigmentation plus claire du continent, et on retrouve chez eux les même variantes associées aux teintes claires que chez les peuples non Africains Crédits : Ian beatty

Cette étude de l’Université de Pennsylvanie publiée dans la revue Nature vient combler une lacune coupable dans notre connaissance des facteurs géniques à l’origine de la pigmentation de la peau ; en effet toutes les études jusqu’ici se concentraient sur les populations européennes. L’équipe menée par la généticienne Sarah Tishkoff a, elle, mené le premier vrai travail de terrain sur la question en mesurant la réflectance de la peau de plus de 2000 Africains, et en étudiant le génome de 1600 individus dans plus de douze régions du continent. L’étude a identifié 6 gènes, dont les variantes sont responsables à 30 % de la pigmentation de la peau chez un individu, ce qui est beaucoup pour un trait complexe comme la couleur de la peau. Plus important, explique Sarah Tishkoff, les variantes associées aux peaux claires sont bien nées en Afrique.

Des 6 gènes que nous avons identifiés comme impliqués dans la pigmentation, celui qui est le plus souvent associé est le gène SLC24A5. Nous avions déjà observé une mutation de ce gène chez les populations européennes à la peau claire. Mais dans cette étude nous avons démontré que si cette mutation du gène est bien née en Europe, elle a ensuite été réintroduite sur le continent africain par des populations qui ont migré à nouveau, plus précisément en Afrique de l’est, probablement il y a plus de 5000 ans. Aujourd’hui on la retrouve à un taux très haut dans la région. Nous avons identifié plus de 18 variantes relatives à 5 autres gènes, et ce qui est passionnant, c’est que dans la moitié des cas, les variantes les plus anciennes de ces gènes en Afrique sont associées à des peaux claires ! C’est cohérent puisqu’on sait que l’espèce la plus proche de nous génétiquement est le chimpanzé, dont la peau est blanche. Mais il était communément admis jusqu’ici que la peau de l’Homme, blanche au départ, était devenue de plus en plus sombre au cours de l’évolution, pour se protéger des rayons UV auxquels il a été de plus en plus exposé en quittant les forêts et en perdant ses poils. Or, ce que nous montrons avec cette étude aujourd’hui c’est que les peaux claires et les peaux sombres ont continué d’évoluer au cours du temps aussi bien en Europe qu’en Afrique, et que la plupart des variantes qui sont responsables des peaux claires en Europe et hors d’Afrique viennent en fait d’Afrique ! Cela change donc totalement la perspective très linéaire que nous avions jusqu’ici de l’évolution de la couleur de peau chez les humains.

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