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La caverne de Denisova, en Sibérie

L'homme de Denisova, à un doigt d'Homo sapiens ?

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On pensait jusque là que l'homme de Denisova, découvert en 2010, était proche de Néandertal, avec lequel il cohabitait. Mais une publication dans la revue "Science Advance" ce mercredi le rapproche au contraire davantage d'Homo sapiens.

La caverne de Denisova, en Sibérie
La caverne de Denisova, en Sibérie Crédits : Alexandr Kryazhev / Sputnik - AFP

Plus proche de Néandertal ou d'Homo sapiens ? En 2010, l’humanité découvrait l’existence de l’homme de Denisova, une "troisième" humanité qui aurait cohabité avec l’homme de Néandertal. Une découverte faite à partir d’un minuscule fragment de phalange, provenant de la grotte de Denisova en Sibérie et après analyse de son ADN. Du Denisovien, nous savons peu de choses : quelques dents et le fossile d'une moitié de mâchoire ont été découverts dans une autre grotte, sur le plateau tibétain, à 3 300 m d'altitude, mais les archives paléoanthropologiques restent pauvres. 

La phalange à l’origine de l’identification de cette population d’hominidés vient d’être complétée et étudiée dans son intégralité. L’étude publiée ce mercredi soir dans la revue Science Advance est la première étude à combiner une approche génétique et une étude morphologique de l’homme de Denisova

Son ADN étant proche de celui de l’homme de Néandertal, les paléoanthropologues s’attendaient à trouver des similitudes morphologiques au niveau des mains. Contre toute attente, celles-ci sont plus proches de celles d’Homo sapiens et présentent des caractéristiques communes, plus modernes. Les scientifiques sont d’autant plus surpris que la mâchoire présentait elle des caractéristiques plus archaïques.

Isabelle Crèvecœur, paléoanthropologue et chargée de recherche CNRS au laboratoire PACEA de l’Université de Bordeaux, a participé à cette étude. Si l’on se rapproche d’une meilleure identification morphologique de l’homme de Denisova, elle s’interroge quant à la recherche de nouveaux ossements :

Cette phalange pose de nombreuses questions et laisse entrevoir une nouvelle voie : la difficulté, peut-être, de pouvoir identifier sur le terrain des restes de Denisova et de pouvoir les distinguer des restes de Néandertalien, car on peut imaginer que l’Homme de Denisova présente une vaste mosaïque de caractéristiques morphologiques. 

Reconstruction virtuelle de la cinquième phalange distale de Denisova. Photo de la partie distale de la phalange : Eva-Maria Geigl, Institut Jacques Monod, (CNRS/Université de Paris).
Reconstruction virtuelle de la cinquième phalange distale de Denisova. Photo de la partie distale de la phalange : Eva-Maria Geigl, Institut Jacques Monod, (CNRS/Université de Paris). Crédits : Scan µCT et reconstruction virtuelle: Bence Viola, Departement of Anthropology,

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