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Luminothérapie vs antidépresseur : ex aequo

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De nouvelles évidences sur l’efficacité de la luminothérapie pour le traitement des dépressions sévères et autres actualités scientifiques.

Crédits : Photononstop - Getty

Selon une nouvelle étude parue dans Sleep Medicine Reviews, la luminothérapie est aussi efficace que les antidépresseurs pour traiter la dépression. Depuis la première étude en 1984, on sait que la luminothérapie est très efficace pour soigner les dépressions saisonnières, car elle vient lutter contre la baisse de luminosité. Mais ce traitement reste sous-estimé. 

Une équipe du CHU de Strasbourg vient de publier une méta-étude qui a regroupé l’ensemble des essais disponibles dans la littérature scientifique, concernant environ 400 participants, et qui compare les effets de la luminothérapie avec ceux des antidépresseurs pour traiter les dépressions sévères. L'équipe a aussi regardé quels étaient les effets de la combinaison des deux traitements. En psychiatrie, en France, les habitudes sont très médicamenteuses, mais ce travail montre de nouvelles preuves scientifiques sur l’efficacité de la luminothérapie.

Interview avec le psychiatre et neuroscientifique Pierre-Alexis Geoffroy qui a mené cette étude. 

"Si on compare luminothérapie versus antidépresseurs, notre étude ne montre pas de supériorité d'un traitement par rapport à l'autre. C'est une première information qui est très importante. Aucun des deux traitements n'est supérieur l'un par rapport à l'autre. La deuxième information qui est importante et qu'on a pu observer, c'est que la combinaison luminothérapie-antidépresseurs était significativement supérieure à la monothérapie seule antidépresseur. Ça, c'est une information qui est très utile sur plan clinique parce que ça invite les médecins, face à une dépression qui serait sévère, à prescrire d'emblée les deux thérapies pour avoir un meilleur effet et être plus efficace. Et l'autre information aussi : on fait une analyse, ce qu'on appelle en sous-groupes, c'est à dire chez des patients qui n'avaient que des dépressions non saisonnières. On montre que la bithérapie est aussi plus efficace chez les patients qui ont une dépression qu'on dit non-saisonnière."

Ce que suggère vos travaux, c'est que l'option thérapeutique de la luminothérapie pourrait être une option de première ligne ?

"Absolument, c'est tout à fait ça. Ce qu'on espère pour la suite, c'est de penser à une luminothérapie en première ligne et pas seulement en seconde ligne, sur un traitement qui est efficace, qui a démontré son efficacité. C'est au moins un outil supplémentaire dans la boîte à outils des médecins. Il n'y a pas que la réponse médicamenteuse antidépresseurs classique. Penser à cette bithérapie d'emblée, parce que ça marche mieux que l'antidépresseur seul. Mais en dehors de ce trouble affectif saisonnier, donc la dépression non-saisonnière, la luminothérapie n'était pas vraiment une stratégie utilisée. Il faut que ça change. Il faut que ça soit un des outils disponibles auxquels les médecins pensent parce qu'il y a un niveau de preuve scientifique."

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LA_METHODE_SCIENTIFIQUE - Pierre Alexis Geoffroy

Alzheimer : une nouvelle piste thérapeutique 

Une étude parue dans Nature Medicine décrit le cas d’une patiente « naturellement » immunisée contre la maladie d’Alzheimer. Il s’agit d’une Colombienne âgée de 73 ans, issue d’une famille touchée par la maladie. Les chercheurs d'Harvard ont mené plusieurs examens pour comprendre comment elle y avait échappé pendant des décennies. Elle présente un niveau élevé de dépôts de bêta-amyloïde dans le cerveau – l’une des signatures clés de la maladie – mais elle ne présente aucun signe de démence. Ils ont aussi découvert que la patiente est porteuse d’une mutation du gène APOE3, connu pour être un facteur de risque de la maladie. Rien ne dit que ce soit cette seule mutation qui l’a protégée, mais l'étude pointe une nouvelle piste thérapeutique. Néanmoins, les auteurs reconnaissent qu’il faut poursuivre les recherches pour confirmer l’impact de cette mutation. 

L’insoupçonnée précision de notre mémoire gustative 

Selon une prépublication sur PsyArXiv, nous nous souvenons plus facilement de ce que nous mangeons plus que de toute autre chose. Les chercheurs de l'Université de Californie à Los Angeles ont mené une expérience sur près de 160 personnes. Ils devaient chacun manger 30 friandises tout en observant des symboles sur un écran. Puis, ils devaient mémoriser ces symboles en utilisant des perles. Conclusion de l'étude : les participants se souviennent plus précisément du nombre de bonbons consommés que de tout le reste. Notre mémoire gustative serait supérieure à celle qui n’est pas liée aux comportements alimentaires. Ce papier nous invite à repenser la façon dont notre mémoire fonctionne et à reconsidérer la façon dont elle donne la priorité à certaines expériences. 

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