LE DIRECT
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.

Maladie d'Alzheimer, espoirs et faux espoirs de la recherche

10 min
À retrouver dans l'émission

La recherche de stratégies de prévention efficaces pour la maladie d'Alzheimer, de nouvelles datations sur la présence d'Homo Sapiens en Europe et l'impact d'un bercement sur le sommeil.

Crédits : Getty

Maladie d'Alzheimer, espoirs et faux espoirs de la recherche

On commence avec le premier sujet de ce journal avec différentes publications sur la prévention d’Alzheimer.

Au cours des trente prochaines années, le nombre de personnes touchées par la maladie d'Alzheimer devrait tripler dans le monde : environ 115 millions de personnes d’ici 2050. Les scientifiques ne trouvent pas le moyen de la guérir. Mercredi, les laboratoires Roche ont annoncé l’échec clinique pour un traitement. C’est le huitième essai clinique qui s’interrompt en un an. Ça peine à avancer mais néanmoins il y a quelques sources récentes qui ont suscité de l’espoir. 

Notamment l’étude publiée lundi, dans la revue américaine Jama, très relayée en France. C’est une grande étude épidémiologique réalisée avec 9000 patients pendant cinq ans. Elle porte, non pas sur la démence, mais sur l’hypertension artérielle. Il a été montré qu’un traitement intensif de l’hypertension diminue le risque de troubles cognitifs. Or, les troubles cognitifs, c’est souvent le premier stade de la maladie d’Alzheimer. Les auteurs, ainsi que l’Alzheimer's Association, suggèrent que le traitement de l’hypertension artérielle pourrait donc être une façon de prévenir ou de retarder l’entrée dans la maladie. 

Bruno Dubois est directeur de l’Institut de la Maladie d’Alzheimer à l’hôpital de la Salpêtrière à Paris. Selon lui, il ne s’agit que d’une extrapolation des résultats de cette recherche. 

L’hypertension artérielle peut jouer de façon indirecte. Elle peut diminuer l’oxygénation cérébrale et donc favoriser la venue plus précoce des premiers symptômes. Il faut faire attention à la façon dont on présente de tels résultats, car si on le présente comme un rapport de causalité, on peut faire de la maladie d’Alzheimer une affection qui est due à l’hypertension artérielle, ce qui n’est pas le cas. 

Cette étude ne permet pas de tirer des conclusions sur la maladie d’Alzheimer. Elle confirme surtout qu’il est essentiel de traiter l’hypertension artérielle, ce n’est jamais inutile de le répéter. 

Pour la maladie d’Alzheimer, on sait qu’il y a environ quinze ans entre les premières lésions dans le cerveau et l’apparition des premiers symptômes. Ce qu’il y a d’intéressant en ce moment, c’est qu’on voit que les laboratoires sont à la recherche de stratégies de prévention efficaces. 

La semaine dernière, dans Nature Medecine, une étude préliminaire portait sur la possibilité d’un diagnostic par prise de sang, bien en amont des premiers symptômes de déclin. Un examen sanguin qui permettrait de déceler une protéine neurofilament, la protéine NF-H, qui est un marqueur de la mort des cellules neuronales. 

Marie Sarrazin est neurologue et responsable du service neurologie de la mémoire et du langage de l’Hôpital Sainte-Anne à Paris. Elle revient sur les atouts et les limites de ces deux études.

Cette étude renforce l’idée que traiter l’hypertension artérielle, c’est aussi favorable pour le cerveau, quels que soient les mécanismes. Mais on aimerait avoir en prévention des informations plus ciblées, plus spécifiques agissant sur des mécanismes biologiques directement liés à des processus pathologiques directement liés à la maladie. Ce n’est pas le cas ici.

Il y a aussi beaucoup de recherche sur les marqueurs sanguins pour les maladies neurodégénératives. Pour l’instant, on a un outil de diagnostic mais qui nécessite une ponction lombaire. Un dosage dans le sang, ce serait plus simple. Il y a des publications en cours, ce n’est pas du tout applicable mais ce sont des débuts assez encourageants pour la suite. 

Épidémie de rougeole aux États-Unis : Washington déclare l’état d’urgence.

Une épidémie de rougeole se propage aux États-Unis, l’État de Washington a déclaré l’état d’urgence. Depuis le 1er janvier, trente-six nouveaux cas ont été signalés, onze autres sont jugés suspects. Le virus de la rougeole est extrêmement contagieux et peut être mortel pour les enfants. Ce qui explique cette nouvelle épidémie, c’est l’absence de vaccination dans cette région des Etats-Unis. C’est une zone où les taux de vaccinations sont inférieurs à la normale. On craint même une propagation dans d’autres comtés. 

Par ailleurs, l’OMS a publié cette semaine la liste des dix dangers sanitaires de 2019 : aux cotés de la pollution de l’air figure la peur du vaccin. Selon l’OMS : « cette défiance menacent d’inverser les progrès accomplis dans la lutte contre les maladies évitables grâce à la vaccination ».  

Le phénomène est tel, que sur internet, des adolescents, se tournent vers le site Reddit pour trouver des solutions : comment se faire vacciner quand les parents s’y opposent ? Dans la plupart des États, une autorisation parentale est nécessaire pour les moins de 18 ans.  

Homo Sapiens en Europe : de nouvelles datations 

On poursuit avec le deuxième sujet de ce journal : la revue Nature Ecology and Evolution apporte de nouvelles datations sur la présence d'Homo Sapiens en Europe. C’est une étude intéressante car on a peu de données pour connaitre la répartition des espèces d’hommes - d’Homo Sapiens et de Néandertaliens - dans l’espace et dans le temps. Elle a été réalisée par une équipe internationale dans la grotte de Bajondillo près de Malaga en Espagne. Les outils de pierre de type protorignacien ont été analysés par radiocarbone. 

Là, les spécimens fossiles ont donné des dates plus anciennes dans cette région dans laquelle il n’y avait pas d’habitat Homo Sapiens très ancien. Le sud-ouest de la péninsule ibérique est par ailleurs considéré comme l’un des derniers bastions Néanderthalien. 

Cette arrivée précoce de l’homme moderne dans cette zone soulève de nombreuses questions. Cela précise ce que l’on sait d’Homo Sapiens, en revanche pour ses interactions avec l’homme de Néandertal, le mystère demeure.

Antoine Balzeau est paléoanthropologue au CNRS et au Muséum national d’histoire naturelle à Paris. Il a trouvé cette étude passionnante.

Le site date de 44 000 ans dans le passé, c’est la date la plus ancienne qu’on ait globalement en Europe pour l’occupation d’Homo Sapiens. On avait le schéma que Homo Sapiens était arrivé depuis l’Est et avait conquis petit à petit l’Europe tandis que le Néandertalien faisait le chemin inverse et disparaissait au fur et à mesure qu’ Homo Sapiens avançait. Jusqu’à présent, nous avions une date qui venait d’un site du plein sud de l’Espagne et qui était peut-être la dernière occupation en Europe de l’homme de Neandertal, autour de 32 000 ans. Ces nouveaux résultats s’inscrivent dans ce contexte. Cela nous montre qu’Homo Sapiens est allé plus loin et plus vite que l’on ne pensait. Mais cela ne permet pas de dire ce qui s’est passé entre les différentes espèces d’hommes.

Canicule record en Australie et froid polaire aux États-Unis

L’Australie connaît depuis plus d’un moins une canicule historique. Dans le centre du pays, les températures viennent de frôler les 50 degrés. Ces cinq dernières années ce sont les années les plus chaudes jamais enregistrées en Australie. Record aussi des températures minimales les plus chaudes de l’hémisphère sud. Le 18 janvier par exemple, les températures les plus « fraîches » étaient de 35.9 C° le matin. 

Pour la faune et la flore, les conséquences sont catastrophiques. Avec lundi une nouvelle hécatombe de poissons - la troisième en deux mois- et des centaines de chevaux sauvages ont été retrouvés morts déshydratés. 

À l’inverse, les États-Unis connaissent une vague de froid polaire historique. Depuis mardi, dans la région des grands lacs, les températures ont baissés jusqu’a - 48 C°, -14 C° à New York. Ce week-end à Chicago il fera aussi froid qu’en Antarctique. 

Il s’agit là du « vortex polaire » : une masse d'air froid qui vient du pôle nord mais qui habituellement ne descend pas vers les basses latitudes.  C’est l’une des plus grosses vagues de froid jamais connues. 

En France, 15% de la flore sauvage risque de disparaître 

On parle souvent de l’extinction des espèces animales, mais peu des espèces végétales. En France métropolitaine, un rapport révèle que 15% de la flore sauvage risque de disparaître. Cela concerne l’ensemble des fougères, des conifères, et des plantes à graine. 

Sur les 5 000 plantes recensées, 750 espèces végétales sont menacées dont 51 en « danger critique d’extinction». 22 espèces ont déjà disparu de métropole. Le rapport parle d’une « situation préoccupante ».  En cause : l’urbanisation grandissante, l’artificialisation des terres et l’agriculture intensive.

Le bercement améliore la qualité du sommeil

Pour finir la rubrique de sciences improbables : dans Current Biology, des neuroscientifiques suisses se sont intéressés aux effets du bercement sur le sommeil. Pour endormir les enfants plus vite, on le sait, le bercement fonctionne. Pour les adultes, c’est pareil. 

Pour cette étude, des souris et des jeunes adultes ont passé leurs nuits à l’université de Genève dans des lits oscillants. L’analyse de leur activité cérébrale a révélé que les nuits passées dans ces lits à bascule garantissaient un sommeil plus profond que dans des lits classiques. L’endormissement est aussi plus rapide. La prochaine étape de cette recherche sera de définir pourquoi au niveau neuronal, le bercement favorise le sommeil. 

En attendant, pour dormir comme un loir, on peut investir dans un hamac.

L'équipe
Production
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......