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Le séisme du 19 septembre n'est pas un séisme classique, mais s'est produit au sein même de la plaque Cocos

Quels enseignements tirer des deux séismes qui ont frappé le Mexique ?

9 min
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Les deux séismes du 8 et du 19 septembre qui ont frappé le Mexique sont assez inhabituels: il s'agit de séismes intra-plaques, qui confirment la spécificité du sous-sol dans la région, mais qui soulèvent aussi de nombreuses questions..

Le séisme du 19 septembre n'est pas un séisme classique, mais s'est produit au sein même de la plaque Cocos
Le séisme du 19 septembre n'est pas un séisme classique, mais s'est produit au sein même de la plaque Cocos Crédits : Institut de Physique du Globe de Paris

On connait depuis longtemps la situation géologique de la région, très propice aux séismes, puisque Mexico est à l'aplomb d'une zone de subduction, l' une de ces régions du globe où une plaque océanique plonge sous le continent, dans le manteau de la Terre. Et la terre a tremblé deux fois ce mois-ci au Mexique, une première fois dans le sud du pays, dans la région d’Oaxaca, avec des secousses de magnitude 8, 2. Puis à nouveau le 19, cette fois à 120 kilomètres de la capitale Mexico, avec une amplitude moindre 7,1 sur l’échelle de Richter, mais qui a fait bien plus de victimes, (225 morts selon le dernier bilan), puisque son épicentre était beaucoup moins profond, à seulement un soixantaine de kilomètres de la surface. Deux tremblements de terre qui renvoient la population à celui de 1985 qui avait fait 10 000 morts à Mexico, et qui s’était produit jour pour jour 32 ans auparavant. Pourtant ces deux séismes n’ont pas grand-chose à voir, géologiquement parlant, avec celui de 1985, comme l’explique Paul Eearle, sismologue a l’USGS, le très puissant institut géologique américain, qui surveille toute la région et a équipé tout le Mexique en sondes sismiques.

Ces deux séismes ne sont pas des séismes tectoniques classiques. Dans la plupart des cas, quand on est dans une zone de subduction, les séismes se produisent aux limites de deux plaques. En l’occurrence dans cette région, on a la plaque océanique Cocos, qui en train de passer en dessous de la plaque nord-américaine. Et les plus gros séismes que l’on a connu, comme celui, très meurtrier qui a touché mexico il y a 32 ans, se produisent en général à la limite de ces deux plaques, et donc au large des côtes. Mais là, ce n’est pas du tout ce qu’il s’est passé. Les deux seimes qui ont eu lieu au Mexique ces derniers jours se sont produit au sein même de la plaque Cocos, celle qui en train de plonger sous la plaque nord-américain. Comme elle est en train de plonger, elle en grande tension et c’est ce qui a provoqué ces séismes. Pour mieux comprendre, imaginez que la plaque Cocos est un petit bâton de bois, et que vous êtes en train de le plier. Plus vous le pliez, plus il y a de tensions dans la partie haute du bâton, cela crée de multiples petites brèches et il finit par se briser. C’est ce qui s’est passé. Au lieu de glisser sous la plaque continentale lentement, Cocos très tendue se brise par endroits.

Le Mexico est à l'aplomb d'une zone de subduction majeure: la plaque océanique Cocos s'enfonce sous la plaque continentale.
Le Mexico est à l'aplomb d'une zone de subduction majeure: la plaque océanique Cocos s'enfonce sous la plaque continentale. Crédits : Institut de Physique du Globe de Paris

Ces deux tremblements de terre confirment donc que la zone de subduction entre la plaque cocos et la plaque nord-américaine se fait de manière inédite : Cocos plonge en effet à un angle très faible, presque à l’horizontal, d’où les grandes tensions "intra-plaque" et ces deux séismes. Mais ils soulèvent aussi de nombreuses questions : il est très rare d’avoir deux séismes qui surviennent à plusieurs centaines de kilomètres et plus de deux semaines de distance. Ils pourraient être liés, mais il peut aussi s'agir tout simplement d'une coïncidence, comme le note Robin Lacassin, de l’Institut de Physique du Globe de Paris.

Alexander Fleming découvre la pénicilline en 1928
Alexander Fleming découvre la pénicilline en 1928

L'Organisation Mondiale de la santé met en garde contre un "très grave manque de nouveaux antibiotiques" et appelle à prendre la mesure de cette urgence sanitaire.

L’OMS avait déjà tiré la sonnette d’alarme sur l’augmentation de la résistance aux antibiotiques, en publiant en février la liste de douze familles de « super bactéries » contre lesquelles il est urgent de développer des nouveaux traitements, au premier rang lesquelles, celles de la tuberculose. Les bactéries résistantes aux antibiotiques pourraient tuer jusqu’à 10 millions de personnes par an d’ici à 2050, soit autant que le cancer, Or le rapport paru ce mercredi montre que la recherche en matière d’antibiotiques délaissée par les laboratoires pharmaceutiques parce qu’ils ne rapportent pas assez d’argent, (notamment par rapport aux traitements des maladies chroniques, plus lucratifs) est beaucoup trop en retard. Sur 51 nouveaux produits antibactériens en développement clinique, seul 8 sont jugés innovants selon els critères de l’OMS. Tous les autres ne font que développer des agents dont on sait qu’ils généreront très vite des résistances. Il faut tour revoir dans notre manière d’appréhender les bactéries, explique Jean Pierre Paccaud, directeur de Global Antibiotic R&D Partnership (GARDP), organisme de recherche sur les antibiotiques qui travaille avec l’OMS sur la question. L' OMS qui estime aujourd'hui qu'il faudrait investir plus de 800 millions de dollars par an pour trouver de nouveaux médicaments.

Et en bref...

Les laboratoires Biogaran filiale du groupe pharmaceutique Servier a annoncé mercredi qu’il va remettre sur le marché son ancien générique du Levothyrox administré en cas d'hypothyroïdie d’ici "2 mois, 2 mois et demi". Plus de 63 plaintes contre X ont été déposées par des patients contre la nouvelle formule qui l’avait remplacée depuis le printemps dernier, qui serait à l’origine de nombreux effets secondaires lourds.
Enfin une enquête de la Société française de dermatologie parue hier indique qu’un tiers des français souffrent de maladie de la peau, avec en tête l’acné, l’eczéma et la dermite atopique. Maladies qui générerait chez 54 % d’entre eux une grande souffrance psychique, du à l’isolement social qu’elles génèrent.
Découverte surprenante en Australie. Des biologistes marins dans la baie de Jarvis ont observé une ville de poulpes Tetricus dont on pensait qu’ils vivaient solitaires et en ermite, ici plusieurs dizaines d’individus communiquent et résident ensemble. Cette ville baptisée « Octlantis » tend à prouver que les invertébrés eux aussi vivre en société.
Autre découverte importante pour comprendre les origines de la vie : des traces fossiles d’environ 500 millions d’années au Brésil ont été découvertes au brésil : des mini terriers creusés par des vers pas plus larges qu’un cheveu humain. Selon les chercheurs, ces petits animaux auraient été les tout premiers à pouvoir onduler pour pouvoir se frayer un chemin à travers les sédiments
Et enfin dans notre rubrique « sciences improbables » cette superbe innovation que l'on doit à la filmer nippone Next Technology : le chien renifleur de pied qui pue. Ce chiot robot se nomme "Hana-chan", il mesure 15 cm de long, et après avoir respiré vos pied avec sa truffe artificielle, il se prononce en adoptant des postures différentes en fonction du niveau ressenti: il s'accroupit si vos pieds sentent bon et va jusqu'à s'effondrer si la pestilence est insupportable. La prochaine version sera capable de pulvériser du déodorant.

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