LE DIRECT
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.
Les chercheurs ont simulé le dépassement du seuil de 20 jours annuels de vague de chaleur selon plusieurs scénarios climatiques, du plus efficace à celui où rien n'y fait : ici le pire, "Business as usual"

Vagues de chaleur : 50 % de la population mondiale en danger en 2100 ?

11 min
À retrouver dans l'émission

Cette semaine : Le réchauffement climatique menace la vie des habitants des grandes villes tropicales - Ondes gravitationnelles et exoplanètes : l'ESA valide deux importantes missions spatiales - En bref : PMA : l'Académie des sciences favorable à la conservation d'ovocytes ouverte à toutes...

Les chercheurs ont simulé le dépassement du seuil de 20 jours annuels de vague de chaleur selon plusieurs scénarios climatiques, du plus efficace à celui où rien n'y fait : ici le pire, "Business as usual"
Les chercheurs ont simulé le dépassement du seuil de 20 jours annuels de vague de chaleur selon plusieurs scénarios climatiques, du plus efficace à celui où rien n'y fait : ici le pire, "Business as usual" Crédits : Camilo Mora / University of Hawaii

Vagues de chaleur : 50 % de la population mondiale en danger en 2100 ?

Quand un nouveau seuil fait apparaître un nouveau risque : selon une étude de l'Université de Hawaï, la multiplication des vagues de chaleur mettrait en danger de mort 50 % de la population mondiale en 2100. Ce serait 70 % si les objectifs climatiques de réduction des GES ne sont pas atteints.

Cette première estimation globale a été obtenue en compilant les données des 30 dernières années sur la mortalité et le climat a permis d'identifier 783 événements où les vagues de chaleur ont été directement responsables de surmortalité importante : 70 000 personnes en Europe lors de la canicule de 2003, ou 4000 personnes dans les grandes villes d'Inde et du Pakistan en 2015...

783 épisodes associant chaleur et surmortalité documentés entre 1980 et 2014 : en rouge, les cas où une surmortalité importante a été spécifiquement étudiée
783 épisodes associant chaleur et surmortalité documentés entre 1980 et 2014 : en rouge, les cas où une surmortalité importante a été spécifiquement étudiée Crédits : Camilo Mora / Univeristy of Hawaii

Toute la prévision se fonde sur un nouveau seuil de danger mortel, au-delà duquel le corps ne peut plus réguler sa température. Contrairement aux études précédents qui ne prenaient en compte que la température, l'étude révèle que l'humidité joue un rôle déterminant : en saturant l'air, elle empêche la transpiration de s'évaporer et la température du corps ne peut plus baisser. Lorsque les vagues de chaleur durent plus de 20 jours par, la zone est classée comme risquée.

Par exemple : dans certaines zones tropicales, une température de 23°C et une humidité de l'air 80 % peuvent suffire à dépasser le seuil et mettre l'organisme en danger. Les grandes villes, "îlots de chaleur", sont particulièrement exposées : pessimistes sur l'issue globale du problème, les chercheurs préconisent au moins de compenser en urgence la situation par la plantation de forêts urbaines.

Avenir de l'Europe spatiale : l'ESA valide deux grandes missions

La constellation du LISA (Laser Interferometer Space Antenna) : 3 satellites ultra-stables équipés de lasers, en triangle, à 2,5 millions de km l'un de l'autre : les variations de leur distance permet de mesurer les distorsions de l'espace-temps
La constellation du LISA (Laser Interferometer Space Antenna) : 3 satellites ultra-stables équipés de lasers, en triangle, à 2,5 millions de km l'un de l'autre : les variations de leur distance permet de mesurer les distorsions de l'espace-temps Crédits : EADS Astrium / © EUROPEAN SPACE AGENCY

Réuni à Madrid cette semaine, le comité du programme scientifique de l'ESA a décidé la préparation de deux grandes missions spatiales :

La première, LISA d'un coût d'un milliard d'euros fait partie des Grandes Missions, consiste à construire un observatoire géant dans l'espace pour détecter les ondes gravitationnelles. Ce système de 3 satellites positionnés en triangle réplique le principe des grands interféromètres lasers terrestres qui ont prouvé l'existence de ces ondes en 2015, LIGO et VIRGO ; mais il aura des dimensions et donc une sensibilité extrêmement supérieure : si les bras du LIGO mesurent 4 km, ceux du LISA feront 2,5 millions de km.

Ce nouvel instrument en orbite autour du Soleil permettra de trouver de nouvelles sources d'ondes gravitationnelles indétectables jusqu'ici : trous noirs ulta-massifs ou étoiles à neutrons. Ce sont ceux qui émettent aux plus basses fréquences, qui correspondent aussi au "seuil" technique d' "observabilité" de l'univers et de son histoire : 380 000 années après le "Big Bang", desquelles aucune lumière ne peut s'échapper, mais peut-être certaines ondes gravitationnelles.

La constellation du LISA en orbite autour du Soleil, dans le projet initial prévu avec la NASA qui s'est retirée du programme en 2011
La constellation du LISA en orbite autour du Soleil, dans le projet initial prévu avec la NASA qui s'est retirée du programme en 2011 Crédits : NASA / ESA

Les satellites du LISA seront aussi les plus stables de l'univers, avec des appareils de mesure dans une "boîte" à l'abri de presque tout mouvement, validée par la mission LISA Pathfinder l'année dernière. Il faudra encore 2 ans pour tester certains instruments, le lancement est prévu en 2034.

La deuxième est le programme PLATO (PLAnetary Transits and Oscillations of stars), qui devra découvrir de nouvelles exoplanètes et les analyser. Lui aussi, constitué de 26 petits télescopes placés sur un satellite, réplique dans l'espace une technique d'observation utilisée sur Terre : l'observation de la transition des astres, lorsque un objet passe devant une étoile, il masque partiellement sa lumière et l'infime baisse de luminosité permet d'en inférer sa vitesse, sa masse, et de plus en plus sa composition.

PLATO est concçu spécifiquement pour rechercher des exoplanètes de taille similaires à la Terre. 3600 d'entre elles ont été répertoriées depuis la première découverte en 1995 : de plus en plus les techniques s'affinent et les astres recherchés sont plus petits, car c'est avec eux que les chances de découvrir une planète rocheuse avec atmosphère sont les plus grandes.

En bref

DART : l'ESA se retire d'un projet de chasse à l'astéroïde avec la NASA - Hébé, astéroïde à 175 millions de km : observation record depuis la Terre - Le CNES participera à 2 rovers de la NASA pour des missions sur Mars - PMA : l'Académie des Sciences favorables à l'ouverture de la conservation d'ovocytes - Les grands dinosaures avaient-ils besoin de moins d'oxygène? - La Chine prouve la faisabilité du cryptage quantique par satellite - Improbable : des mots qui agissent sur les pupilles

L'équipe
Production
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......