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Les associations écologistes dénoncent un immense "gâchis", avec ces 1.900 tonnes de déchets supplémentaires produits par le festival, comme on l'a mesuré en 2015.

Derrière le glamour, le gâchis

3 min
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A Cannes, on ne fait pas que pleurer en smoking et robe de soirée sur le sort des prolétaires. On y prend aussi conscience des périls environnementaux, avant d’aller en voiture rejoindre son yacht à quelques mètres pour contempler un feu d’artifice sur la baie.

Les associations écologistes dénoncent un immense "gâchis", avec ces 1.900 tonnes de déchets supplémentaires produits par le festival, comme on l'a mesuré en 2015.
Les associations écologistes dénoncent un immense "gâchis", avec ces 1.900 tonnes de déchets supplémentaires produits par le festival, comme on l'a mesuré en 2015. Crédits : Francois Durand - Getty

Un mystère plane sur la Croisette. Mais qui a dérobé, dans la nuit de samedi à dimanche, le bâtonnet de glace doré de deux mètres de long et de 20 kg disposé sur la plage Magnum ? Et surtout, pourquoi ? L'affaire, révélée par le quotidien "Nice Matin", n'est toujours pas résolue, malgré la récompense et les glaces offertes à qui rapportera l'objet publicitaire. Mystère mystère, mais on a peut-être notre petite idée...

« Le capital finance les films qui le dénoncent »

Dans le même "Nice Matin", une interview du cinéaste Robert Guédiguian pointe les "très fortes contradictions" du Festival de Cannes. "Ken Loach, rappelle-t-il, a présenté ici quatorze de ses films, face aux smokings et aux yachts. Et il a eu deux fois la Palme. [...] Le capital finance les films qui le dénoncent, c'est l'un de ses paradoxes, constate-t-il. Ils peuvent le dénoncer à condition... qu'ils lui rapportent de l'argent", conclut Robert Guédiguian, qui sait de quoi il parle, lui qui depuis "Dernier été" en 1981, a fait plus qu'à son tour le bonheur du festivalier cannois. 

Leonardo Di Caprio, infatigable pèlerin d’écologie

Mais Cannes n'est pas seulement ce lieu où on pleure en smoking et robe de soirée sur les malheurs des prolétaires, avant de noyer son chagrin dans la première coupe de champagne venue. Elle est aussi l'endroit où on conscientise les populations consuméristes sur les risques qu'elles font courir à la planète. Cette année, c'était hier soir, on a ainsi pu voir en séance spéciale un documentaire, "Ice on Fire", qui pose la question suivante, pour reprendre son synopsis : "allons-nous laisser le changement climatique détruire la civilisation ou allons-nous utiliser des technologies capables de l'inverser ?" Pour poser cette question cruciale, un narrateur, et pas des moindres : Leonardo Di Caprio, présent également, ça tombe bien, ces jours-ci, pour promouvoir le nouveau film de Quentin Tarantino. Infatigable pèlerin de la cause écologiste que Leonardo Di Caprio, lui qui il y a 11 ans avait déjà présenté ici-même "La 11e Heure", le film qu'il avait produit et co-écrit, et qui avait fait beaucoup pour entamer la prise de conscience mondiale des périls écologiques qui nous menacent. 

1.900 tonnes de déchets supplémentaires

Mais comme on est à Cannes, terre de contrastes et d'infinis paradoxes, tout cela se fait au prix d'un bilan carbone et d'un impact environnemental des plus désastreux. "Il y a sans doute énormément de progrès à faire sur l'organisation du festival pour la rendre plus écologique", euphémisait le cinéaste Cyril Dion, l'auteur avec Mélanie Laurent du documentaire à succès "Demain", venu vendredi  à Cannes appeler le monde du cinéma à agir face à la crise environnementale. Et de fait, détaille une dépêche de l'AFP, avec ses kilos de nourriture jetés (à force d'anticiper les désirs des stars), ses yachts énergivores (qui font fonctionner leurs moteurs toute la journée pour avoir de l'électricité), ses atterrissages incessants de jets (sur le petit aéroport de Cannes, 54 atterrissages et décollages par jour, qui inondent de kérosène les jardins alentours), ses berlines transportant des stars sur quelques mètres, et laissant tourner le moteur quand elles sont immobilisées sur la Croisette, le bilan est lourd. Sans parler des innombrables prospectus en papier glacé distribués aux festivaliers, qui s'envolent parfois dans la mer, où ils retrouveront les particules fines laissés par les feux d'artifice. Les associations écologistes dénoncent un immense "gâchis", avec ces 1.900 tonnes de déchets supplémentaires produits par le festival, comme on l'a mesuré en 2015. 

« Si Leonardo vidangeait son bateau dans la baie de Cannes, il prendrait un PV comme les autres »

Le maire de Cannes, David Lisnard, se veut rassurant, rappelant que le tapis rouge, changé trois à quatre fois par jour, est en matière recyclée, et que la mer est ratissée après chaque feu d'artifice. Quant à Leonardo Di Caprio, grand adepte des yachts, et dont on suspecte qu'il n'a pas pris le train pour venir à Cannes, l'édile local assure que s'il "vidangeait son bateau dans la baie de Cannes, il prendrait un PV comme les autres." On ira même plus loin : il n'est pas impossible que le fameux bâtonnet de glace géant mystérieusement dérobé se trouve en fait sur le yacht de la star, dont on ne doute pas qu'il passe ses nuits à nettoyer les plages de la Croisette des déchets qui les jonchent.

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