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Dans une école d'Adjumani, dans le Nord de l'Ouganda. Les enfants réfugiés du Sud Soudan sont scolarisés avec les petits ougandais.

Accueil des réfugiés : l’exception ougandaise

56 min
À retrouver dans l'émission

Entouré par des pays en guerre, l'Ouganda est devenu un modèle d’intégration pour les 1,4 millions de réfugiés qui y vivent. Avec le soutien des organisations humanitaires, notamment du HCR, les autorités ougandaises leur donnent des terres, le temps de leur exil et leur permettent de travailler.

Dans une école d'Adjumani, dans le Nord de l'Ouganda. Les enfants réfugiés du Sud Soudan sont scolarisés avec les petits ougandais.
Dans une école d'Adjumani, dans le Nord de l'Ouganda. Les enfants réfugiés du Sud Soudan sont scolarisés avec les petits ougandais. Crédits : Valérie Crova - Radio France
Un réfugié du Sud Soudan met la dernière main au toit de sa case.
Un réfugié du Sud Soudan met la dernière main au toit de sa case. Crédits : Valérie Crova - Radio France

Quand ils arrivent en Ouganda, les réfugiés en majorité Sud Soudanais reçoivent un lopin de terre où ils peuvent construire une case et s'installer. Dans ce pays, on ne parle pas de camp de réfugiés. Le mot est banni. On lui préfère celui de site. Les autorités ougandaises ont inscrit dans la loi le fait que les réfugiés puissent recevoir des terres ou accéder aux services comme l'éducation. Les enfants des réfugiés vont à l'école où ils sont scolarisés avec des petits Ougandais. Le maître mot est la coexistence entre les communautés locales et les réfugiés. C'est un modèle unique dans le monde.  

"Accueil des réfugiés : l’exception ougandaise", un Magazine de la rédaction signé Valérie Crova. 

Pauline, une réfugiée du Sud Soudan arrivée l'an dernier avec ses 5 enfants en Ouganda. Elle fait partie d'un groupe de fermiers qui cultive  du manioc sur des terres prêtées par des Ougandais
Pauline, une réfugiée du Sud Soudan arrivée l'an dernier avec ses 5 enfants en Ouganda. Elle fait partie d'un groupe de fermiers qui cultive du manioc sur des terres prêtées par des Ougandais Crédits : Valérie Crova - Radio France

A Pagirinya, l'un des 19 sites de la région d'Adjumani, qui concentre à elle seule 240 000 réfugiés, les Ougandais prêtent des terres que les réfugiés peuvent cultiver pour se faire un peu d'argent. L'objectif étant qu'ils deviennent auto suffisants. Mais dans les faits, beaucoup dépendent encore de l’aide alimentaire. Face à des financements insuffisants, le Programme Alimentaire Mondial est parfois obligé de réduire ses distributions de façon drastique...   

Quand on nous a installés ici, nous n'avions rien à faire. On jouait aux cartes. Un jour il m'est venu à l'esprit que peut être, je pourrais refaire des affaires. 

Jacob, un ancien homme d'affaires du Sud Soudan devenu épicier.
Jacob, un ancien homme d'affaires du Sud Soudan devenu épicier. Crédits : Valérie Crova - Radio France

L'autre volet de cette politique d'intégration est le droit au travail

Les réfugiés peuvent installer leur échoppes comme Jacob. Cet homme d'affaires a tout perdu au Sud Soudan à cause de la guerre qui ravage son pays. Grâce à ses économies, Jacob a monté une petite épicerie sur un marché dans la région d'Adjumani. Il va s'approvisionner à Kampala, la capitale, distante de plusieurs centaines de kilomètres.

Ces droits octroyés aux réfugiés ne sont pas toujours bien vus par les Ougandais, même si la majorité d'entre eux accueillent les Sud Soudanais comme leurs frères. Des conflits peuvent naître de l'exploitation des ressources naturelles. Pour les apaiser, les autorités ougandaises ont créé une radio. Son nom : Usalama, qui signifie 'paix'. Elle émet sur un rayon de 100 kilomètres dans la région d'Adjumani.  Des fictions sont diffusées sur la façon dont on bâtit la paix. 

Animatrice de la radio Usalama, créée pour apaiser les tensions entre les communautés locales et les réfugiés
Animatrice de la radio Usalama, créée pour apaiser les tensions entre les communautés locales et les réfugiés Crédits : Valérie Crova - Radio France

Les ONG embauchent les professeurs et les paient, elles fournissent du matériel et nous donnent la capacité de former les professeurs. La situation est mieux qu'avant. Grâce à qui? Aux réfugiés. 

Pour les autorités ougandaises, l'afflux de réfugiés est aussi une "aubaine" car il permet de développer des régions pauvres et délaissées. Une quarantaine d'ONG sont enregistrées auprès du bureau du Premier Ministre qui supervise la politique mise en place en faveur des réfugiés. Des hôtels et des restaurants voient le jour pour loger les humanitaires, là où il n'y avait pratiquement rien avant qu'ils n'arrivent.  Les infrastructures aussi se développent, notamment les écoles où sont scolarisés les enfants sud soudanais et ougandais. Seul problème : il manque souvent de places pour enseigner dans des classes surchargées.      

Le directeur d'une petite école où les enfants ougandais sont 558, les enfants réfugiés 489.
Le directeur d'une petite école où les enfants ougandais sont 558, les enfants réfugiés 489. Crédits : Valérie Crova - Radio France

A Kampala, la capitale de l'Ouganda, les réfugiés sont moins nombreux que dans le nord du pays. Ceux qui y vivent sont souvent arrivés il y a longtemps, à l'image d'Alice, qui a fui la République Démocratique du Congo en 2006. Elle a créé son atelier de couture qu'elle a appelé "Don de Dieu". Elle emploie aujourd'hui 30 personnes et fait travailler des Ougandais. 

Alice est arrivée en Ouganda en 2006 après avoir fui la RDC. Elle a créé un atelier de couture qui emploie 40% d'Ougandais
Alice est arrivée en Ouganda en 2006 après avoir fui la RDC. Elle a créé un atelier de couture qui emploie 40% d'Ougandais Crédits : Valérie Crova - Radio France

Le modèle ougandais basé sur l’autonomisation des réfugiés a valeur de test pour les Nations Unies et les bailleurs de fonds. Car s’il fonctionne, il pourrait être répliqué dans d’autres pays pour endiguer les migrations notamment vers les pays occidentaux. Mais le défi majeur reste le financement. En 2017, le HCR avait lancé un appel de fonds de 550 millions de dollars pour l’Ouganda. "Seulement 37% de cette somme ont été attribués déplore", Teresa Ungaro, porte-parole régionale du HCR basée à Nairobi au Kenya. 

Teresa Ungaro, porte-parole régionale du Haut Commissariat aux Réfugiés
Teresa Ungaro, porte-parole régionale du Haut Commissariat aux Réfugiés Crédits : Valérie Crova - Radio France
Intervenants
  • porte-parole en France du Haut-Commissariat pour les réfugiés aux Nations unies.
  • géographe et expert des migrations humaines
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